"Exfiltrés", la critique : il était une fois une mère française dans l’enfer de Daech

"Exfiltrés", la critique : il était une fois une mère française dans l’enfer de Daech

ON AIME - En salles mercredi, "Exfiltrés" est le premier film de fiction d’Emmanuel Hamon. Un thriller inspiré de l’histoire vraie d’une Française, partie en Syrie avec son fils.

D’après un sondage paru il y a quelques jours, sept Français sur dix souhaitent que les enfants de djihadistes français restent en Irak et en Syrie. Un chiffre qui interroge. Et auquel il est difficile de ne pas penser en découvrant "Exfiltrés". Au cœur de ce thriller inspiré d’une histoire vraie, qui s’est déroulée au printemps 2015, il y a Faustine (Jisca Kalvanda, découverte dans Divines). Une assistante sociale française qui, après s’être convertie à l’Islam, fait croire à Sylvain, (Swann Arlaud), son mari infirmier, qu’elle part en vacances avec leur petit garçon. Elle a en réalité décidé de rejoindre la Syrie pour travailler dans un orphelinat, à l’invitation d’une cellule de Daech.

Ancien assistant de Patrice Chéreau et Maurice Pialat, passé par le documentaire politique, le réalisateur Emmanuel Hamon a conçu son premier film de fiction à la manière d’un thriller choral, à cheval entre la France et le Moyen-Orient. Tandis que Faustine découvre le guet-apens dans lequel a elle foncé tête baissée, Sylvain se rapproche de Gabriel (Finnegan Oldfield), le fils de son patron chirurgien (Charles Berling), un humanitaire qui va tenter de leur porter secours. Et d'organiser une périlleuse mission d'exfiltration dont tous les acteurs ne ressortiront pas indemnes.

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S’il n’a pas la maestria visuelle de ses modèles anglo-saxons, "Exfiltrés" se singularise d’abord par sa volonté de réalisme absolu. Un parti pris qui a conduit Emmanuel Hamon et son équipe à poser leurs caméras en Jordanie et à faire appel à de nombreux réfugiés syriens, installés là-bas. Le personnage d’Adnan est lui interprété par Kassem Al Khoja, un jeune opposant au régime de Bachar el-Assad qui vit en France depuis 2015. Ce désir de vérité se retrouve également dans le choix du sensible Swann Arlaud pour incarner Sylvain, impeccable en père de famille désemparé.

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S’il n’élude pas les questions politiques, "Exfiltrés" fait surtout le choix de l’humain pour casser les idées reçues sur son sujet. Après avoir éprouvé un sentiment de révolte face au geste de Faustine, le spectateur se prend peu à peu d’affection pour cette femme qui doit passer par l’enfer pour enfin assumer son rôle de mère. Emmanuel Hamon refuse de la juger, laissant chacun libre de se faire un avis, en fonction de ses convictions intimes. Mais son film contribue à une meilleure compréhension d’une actualité hélas plus brûlante que jamais.

>> "Exfiltrés", de Emmanuel Hamon. Avec Jisca Kalvanda, Swann Arlaud, Finnegan Oldfield. En salles mercredi.

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