Les Drôles de dames reviennent au cinéma : fallait-il relancer la franchise "Charlie's Angels" ?

Les Drôles de dames reviennent au cinéma : fallait-il relancer la franchise "Charlie's Angels" ?
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GIRL POWER - Seize ans après Drew Barrymore, Cameron Diaz et Lucy Liu, les détectives font leur retour le 25 décembre avec de nouveaux Anges et la même rage de vaincre. Une ode à la solidarité féminine clairement marquée par le mouvement #MeToo qui n'a pas trouvé son public outre-Atlantique. Et on se demande bien pourquoi...

Un trio audacieux, de l'action à revendre et une BO portée par les plus grands noms de la scène pop actuelle. Tous les ingrédients étaient réunis pour s'assurer a minima un joli succès auprès d'un public américain toujours plus friand de blockbusters. Las, ils sont peu nombreux à s'être déplacés pour aller à la rencontre des nouvelles "Drôles de dames". 

"Charlie's Angels" n'a rapporté que 8,3 millions de dollars lors de son premier week-end d'exploitation contre 31 millions pour "Le Mans 66", sorti le même jour  dans le même nombre de salles. Un désamour qu'on a un peu de mal à expliquer, si ce n'est que les spectateurs peut-être commenceraient à se lasser des reboots ?

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"Charlie's Angels" n'en est pourtant pas un mais plutôt une suite de la série et des films du même nom. Les clins d'oeil sont d'ailleurs nombreux à celles qui ont précédé Jane, Sabina et Elena. Sous la houlette d'Elizabeth Banks, à la fois réalisatrice, scénariste et productrice, les Anges se sont quelque peu émancipées de leur patron Charlie et surtout des hommes qui n'apparaissent à l'écran que pour mieux être mis de côté. Même Monsieur Bosley est désormais Madame, incarnée par la réalisatrice. Car voici un film fait par les femmes et pour les femmes. Comme marqué par le mouvement #MeToo qui a éclos en pleine pré-production du projet. 

Si le récit n'a rien de surprenant, le trio de tête dépote

"Il y a si peu de franchises de films d'action qui mettent en avant des femmes. Ce film ne met pas en scène une, pas deux mais trois femmes incroyables. Ce n'est pas quelque chose qu'on voit tous les jours", nous assure la cinéaste. Pendant deux heures, nos héroïnes enchaînent les scènes musclées et les pièges retords pour empêcher un objet technologique d'être utilisé comme une arme. Si le récit n'a rien de surprenant, le trio de tête dépote. Sur le papier, réunir deux actrices quasi inconnues (Ella Balinska et Naomi Scott, vue dans "Aladdin") et une superstar du cinéma indé pouvait faire grincer des dents. Mais la dynamique fonctionne, portée par une Kristen Stewart plus drôle qu'à l'accoutumée et très surprenante dans le rôle de l'intrépide - et un peu je m'en-foutiste - Sabina. 

"J'ai grandi avec les films originaux et je me suis éclatée en les regardant. J'ai toujours voulu être l'une d'elles", nous explique la comédienne. Alors pourquoi fallait-il la relancer en 2019 ? " C'est important de montrer aux plus jeunes qu'on est meilleurs ensemble. Il y a toujours des esprits, des gens avec qui tu pourras former un clan. Il y aura toujours quelqu'un qui sera comme toi. La seule raison de refaire ce film, c'est qu'il y ait plus de femmes comme nous. Il n'y a pas que trois Anges. Il y en a des tonnes", nous répond-elle. Elizabeth Banks a en effet fait le pari d'étendre la Townsend Agency et de multiplier ces détectives pas comme les autres à l'international. Une manière de décupler la sororité et de marteler que les femmes sont maîtresses de leur destin.

Je voulais envoyer un message à propos de celles qui ont fait tomber des barrières. C'est ça être un Ange de Charlie- Elizabeth Banks

Beaucoup de pionnières dans leur domaine font d'ailleurs une apparition en fin de film. On voit notamment la championne de MMA Ronda Rousey, l'actrice transgenre de "Orange is the new black" Laverne Cox et Danica Patrick, la première femme à avoir couru en Nascar parmi les hommes. "Je voulais envoyer un message à propos de celles qui ont fait tomber des barrières. C'est ça, être un Ange de Charlie. Il ne s'agit pas nécessairement d'une force physique ou de compétences particulières, c'est ce que vous avez en vous. Le cran, la ténacité et la détermination", insiste Elizabeth Banks. 

Autant de modèles pour des adolescentes et des jeunes femmes qui méritent aussi d'avoir leur version des iconiques Drôles de dames. "L'époque est différente, nos personnages sont différents. C'est moderne et frais. C'est toujours sympa de reprendre un concept qui a naturellement évolué avec le temps et de le proposer à nouveau pour notre génération", conclut Naomi Scott. Même s'il n'a pas rempli ses attentes budgétaires, "Charlie's Angels" reste un divertissement fun et engagé, qui sort en France le jour de Noël. Un cadeau des Anges, sans aucun doute.

En vidéo

"Charlie's Angels" : la bande-annonce du reboot de "Drôles de dames" avec Kristen Stewart

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"Charlie's Angels" de et avec Elizabeth Banks

avec Kristen Stewart, Ella Balinska, Naomi Scott, Patrick Stewart et Sam Claflin

en salles le 25 décembre

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