"The Wife" : époustouflante dans son rôle d'épouse modèle, Glenn Close pourrait bien rafler l'Oscar

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BLUFFANTE – Dans "The Wife", disponible à partir de ce jeudi en e-cinéma et dans les services de vidéo à la demande, elle incarne l'épouse dévouée d'un grand écrivain qui n'en peux plus d'être la "femme de". Un rôle sur mesure pour Glenn Close, dont la performance magistrale pourrait bien lui valoir un Oscar.

On dit souvent que derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. Cette célèbre phrase n’a jamais été aussi vraie que dans "The Wife". Épouse fidèle et dévouée du célèbre écrivain Joe Castelman (Jonathan Pryce), Joan (Glenn Close) a toujours soutenu son mari. Alors quand ce dernier est invité à Stockholm pour recevoir le prix Nobel de littérature, elle l’accompagne sans broncher. Mais au fur et à mesure du voyage, l’armure de Joan commence à se fissurer : elle ne supporte plus cet homme qu’elle a follement aimé. Fatiguée de jouer la comédie, elle se laisse gagner par la rancœur. Car derrière ses beaux discours, Joe n’est qu’un égoïste… 


Derrière sa mise en scène à la fois classique et élégante, "The Wife" est un film d'une grande modernité qui se penche sur le sujet, oh combien traité au cinéma, de la fin du couple. La particularité de ce long métrage, réalisé par Björn Runge et inspiré du roman de Meg Wolitzer, est qu'il se place du point de vue de l'épouse, une femme qui a accepté de sacrifier sa vie pour la carrière de son mari. Sans révéler le twist final que l’on devine assez rapidement, "The Wife" est un film féministe intelligent qui s'inscrit dans l’air du temps. Un temps où les femmes en ont assez d'être encore trop souvent réduites au statut de sotte,  à l'heure où le mouvement #MeToo a libéré une parole trop longtemps réprimée. 

Glenn Close remportera-t-elle enfin l'Oscar de la meilleure actrice ?

Auréolée du Golden Globe de la meilleure comédienne, Glenn Close livre une prestation tout en subtilité. Sans jamais avoir besoin d’en faire trop, elle parvient à distiller un malaise qui grandit au fur et à mesure que le film avance. Lisse et impassible en toutes circonstances, on devine son bouillonnement intérieur et le cri qu’elle étouffe depuis trop longtemps. On finit par suffoquer avec elle, et on a qu'une envie : qu'elle envoie tout balader. Pour la petite histoire, dans les scènes de flash-back qui reviennent sur la vie du couple, c’est Annie Starke, la fille de Glenn Close, qui joue le rôle de Joann jeune. Et elle est aussi fascinante que sa mère.  


Sorti en catimini aux Etats-Unis, le film disponible chez nous le 24 janvier en e-cinéma et dans les services de vidéo à la demande, a valu à la comédienne sa septième nomination à l’Oscar,  et sa quatrième en tant que meilleure actrice. Face à Lady Gaga ("A star is born"), Yalitza Aparicio ("Roma"), Olivia Colman ("La Favorite") et Melissa McCarthy ("Can you ever forgive me ?"), elle pourrait bien gagner la statuette qui lui a jusqu'ici échappé. 

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