"J’ai quelque chose à vous dire" : entre tristesse et colère, comment David Hallyday sèche ses larmes en musique

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NOTRE AVIS – Un an et des poussières après la mort de son père, David Hallyday publie ce vendredi "J'ai quelque chose à vous dire" (Play Two). Une collection de chansons pop rock aux sonorités modernes dont les paroles ressemblent à une longue séance de psy avec le public pour témoin. Troublant.

"J’ai quelque chose à vous dire". Rien que par son titre, le nouvel album de David Hallyday place l’auditeur dans une position inconfortable. A qui s’adresse-t-il au juste ? A ses fans qui guettent depuis plusieurs mois sa réaction à la mort de Johnny ? A son père qu’il n’a pu saluer sur son lit de mort ? A sa belle-mère qu’il accuse implicitement de l’en avoir empêché ? Ou bien aux médias qui se nourrissent de la guerre familiale dont il est, paradoxalement, l’un des principaux instigateurs ? 


Dès le premier titre, celui qui donne son nom au disque, le fils de Sylvie Vartan souffle le chaud et le froid. "J’ai quelque chose à vous dire… mais qui n’a plus d’importance", corrige-t-il aussitôt. "A toujours se retenir, on laisse la place au silence. J’ai dû manquer de courage. Ou laisser passer ma chance. On peut rendre tous les hommages, ça ne comble pas l’absence." Des mots forts. Des mots durs. Des mots qui donnent le sentiment d’une blessure qui ne se refermera jamais.

J’ai vu dans tes larmes, couler la blancheur, mais noir sous le voile, je cherche encore ton cœurDavid Hallyday, sur "Eternel"

Sur le second titre, "A toi je pardonne", la douleur est encore plus évidente. "Malgré le silence, j’entends ta voix, malgré ton absence, je ne vois que toi. Comme une évidence, t’es toujours là, il n’y a que toi à qui je pardonne", lance-t-il à ce père auquel il n’a pas dit au revoir. D’où le premier single lancinant, "Ma Dernière lettre", qui imagine ce courrier que le Taulier aurait pu lui écrire avant de partir. 


Il y a la tristesse. Et puis la colère aussi, qu’il exprime sur "Eternel", véritable déclaration de haine à l’encontre de Laeticia. "J’ai vu dans tes larmes, couler la blancheur, mais noir sous le voile, je cherche encore ton cœur", lance-t-il clairement à la veuve du rockeur. "Tu peux m’empêcher de tenir sa main, rien ne peut souffler la flamme d’où je viens". La charge est virulente, sans appel. Pour la tentative d'apaisement, il faudra repasser.

La cinquantaine passée, David Hallyday a lui aussi ses propres démons. Un vécu qu’il exprime sur une collection de chansons pop rock teintées d’electro comme "Le Nerf de la guerre", "En vie" ou "Rappelle-moi de t’oublier". Musicalement, il n’a jamais eu l’obsession de Johnny pour le retour aux sources du rock n’roll. Sur la forme, son album emprunte avec intelligence aux groupes de la nouvelle génération comme Coldplay, Imagine Dragons et autre One Republic. Sur le fond, c’est autre chose… 


Si "Mon pays c’est l’amour" était le disque d’un père qui repousse la mort, "J’ai quelque chose à vous dire" est celui d’un fils qui l’a prise en plein dans la figure. "Je sais qu’on s’aimait, il suffisait de se le dire", se lamente David sur "Jamais dire jamais". Tout n’est pas noir, malgré tout. "Je suis entouré de ceux que j’aime. Des portes se ferment, et d’autres s’ouvrent grand", chante-t-il sur "Seul au monde".  Enfin apaisé ? Pas sûr.

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