L’étonnante idée de Banksy pour empêcher que l'on fasse de l'argent sur son nom

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DÉFENSE D'ENTRER - Le street-artiste Banksy, dont une toile a atteint jeudi une enchère record, a ouvert cette semaine à Londres une boutique éphémère. Sa spécificité : ses portes resteront fermées au public. On vous explique.

L'ingéniosité de Banksy a encore frappé, cette fois-ci dans le sud de Londres. L'artiste de rue britannique y a ouvert cette semaine un magasin temporaire, baptisé "Gross Domestic Product" ou Produit Intérieur Brut. La spécificité de cette boutique dans laquelle il expose quelques unes de ses plus célèbres réalisations, comme son gilet pare-balles créé pour un rappeur anglais lors du festival de Glastonbury (voir ci-dessous) ? Elle n'accueillera pas de clients physiques pendant ses deux semaines d'existence. Mais les plus chanceux pourront acheter sur le Web les œuvres exposées lorsqu'elle sera fermée.

L'artiste a en effet indiqué sur Instagram l'avoir ouverte à des "fins d'affichage seulement". 

Des raisons "pas vraiment poétiques"

Derrière ce concept, toujours selon les mots de Banksy, des raisons "pas vraiment poétiques". "Je continue à encourager tous ceux qui veulent copier, emprunter, voler ou amender mes œuvres à des fins de divertissement, de recherche universitaire ou de militantisme. Mais je ne veux pas que quiconque puisse avoir l’exclusivité de l’exploitation commerciale de mon nom” a indiqué dans un communiqué l'artiste urbain à la renommée internationale.

C'est en effet la question des droits d'auteur, particulièrement sensible chez les street artists, qui est en jeu ici. Mystérieux sur son identité personnelle, Banksy rigole moins lorsqu'il s'agit de son image professionnelle. Or s'il n'utilise pas lui-même sa marque pour vendre des marchandises, elle pourrait être transférée à d'autres. Il lui a donc été conseillé d'ouvrir sa propre boutique pour couper l'herbe sous le pied à ceux qui voudraient utiliser sa marque sans autorisation. En l'occurrence, a expliqué le graffeur, un éditeur de cartes de vœux cherchait "à prendre possession de (s)on nom pour pouvoir vendre des fausses marchandises Banksy".

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Il faut dire que l'oeuvre de Banksy, qui s'est longtemps tenu à l'écart du business de l'art mais avait porté plainte fin 2018 contre un musée italien dont la boutique commercialisait des produits dérivés sans son consentement, vaut de l'or. Jeudi soir à Londres, l'une de ses toiles, une représentation du Parlement britannique peuplé de singes, a été adjugée 11,1 millions d'euros, une enchère jamais atteinte par l'artiste.

"Prix record pour une peinture de Banksy atteint ce soir. Dommage elle ne m'appartenait plus", a commenté l'artiste sur Instagram. Il avait vendu ce tableau en 2011 à celui qui s'en est séparé jeudi.

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