L'exposition "Design du IIIe Reich" crée la polémique aux Pays-Bas

Sorties

CONTROVERSE - L'exposition sur le "design nazi" qui vient de s'ouvrir au musée du Design de Bois-le-Duc, ville du sud des Pays-Bas, déclenche une vive polémique. D’après l’établissement, sa vocation première est d’illustrer le rôle du design dans la diffusion de "la perverse idéologie nazie". Mais des voix s'élèvent pour demander son annulation.

Ouverte depuis le 8 septembre, la rétrospective rassemblant des objets typiques de l’esthétique nazie au musée du Design de Bois-le-Duc rencontre un succès pour le moins controversé. Présentée comme "la première grande rétrospective du design du IIIe Reich" par le musée néerlandais, elle a selon lui une visée informative pour "montrer la grande contribution du design à la propagation et au développement de la perverse idéologie nazie". Mais cette intention est loin de convaincre tout le monde.

Pour le journal progressiste néerlandais De Volkskrant, ce pari culturel, qui présente au public 275 pièces (dont notamment la célèbre coccinelle de Volkswagen), est réussi. "Vous faites une exposition sur le design nazi sans glorifier le fascisme", a salué le troisième quotidien des Pays-Bas, selon qui les responsables du musée sont arrivés à proposer "une exposition modeste et informative".

Le projet d’exposition est bizarre et de mauvais goût- Un membre de l'organisation associative juive néerlandaise "NIK"

Mais des voix s’élèvent pour critiquer cette initiative. "La Jeunesse communiste néerlandaise demande son annulation", rapporte Courrier international, qui précise que des tracts ont été distribués devant l'entrée de l'établissement culturel. Plus symbolique et visuel, un membre actif du mouvement communiste néerlandais a posé "un tapis rouge en forme de croix gammée devant l’entrée de l’exposition, avant qu’il ne soit retiré par le personnel du musée", indique également le média français, citant une vidéo publiée par le quotidien Brabants Dagblad.

Réaction dubitative aussi du côté des associations juives néerlandaises. Lorsqu'elle n'était encore qu'un projet, un responsable de l'organisation "Nederlands Israëlitisch Kerkgenootschap" (NIK) avait ainsi considéré l'exposition comme "bizarre et de mauvais goût", rappelle De Volkskrant

Voir aussi

"En tant que musée, si vous voulez montrer les courants importants de l’histoire du design, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur les années trente et quarante”, a de son côté fait valoir Timo de Rijk, le directeur du musée du Design de Bois-le-Duc. Face aux critiques, l'établissement a pris des précautions. Dès son lancement, l’exposition a tellement marché que la vente de tickets d’entrée au guichet a été suspendue, les billets étant désormais uniquement disponibles sur Internet. Une façon aussi, souligne la rédaction de Courrier International, de pouvoir contrôler l'afflux et l'identité des visiteurs. Les photos et selfies sont par ailleurs interdits pour éviter que des néonazis ne se mettent en scène dans l'exposition.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter