"Au lieu de couper des têtes, je coupe des citrouilles" : le réalisateur d'"Hostel" veut effrayer vos enfants avec "La Prophétie de l'horloge"

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INTERVIEW - Roi de l'horreur à Hollywood, Eli Roth fait le grand écart des genres en adaptant un livre fantastique culte de John Bellairs plein de magie et de sortilèges. LCI l'a rencontré à Londres aux côtés de ses stars, Owen Vaccaro, Cate Blanchett et Jack Black pour parler de ce tournant pas comme les autres. En salles le 26 septembre.

Il y a eu l'auberge slovaque de tous les dangers. Il faudra désormais compter sur le manoir magique d'une petite ville américaine des années 1950. Eli Roth, indissociable de la frange "torture-porn" qui a redessiné le cinéma d'horreur à Hollywood, s'attaque cette fois au public sans doute le plus difficile à convaincre : les moins de 15 ans. "Au lieu de couper des têtes, je coupe des citrouilles", nous raconte celui qui a fait naître des gouttes de sueur sur le front de millions de spectateurs devant "Hostel". C'est à Londres que le réalisateur américain de 46 ans est venu présenter "La Prophétie de l'horloge", conte fantastico-magique adapté du livre à succès du même nom de John Bellairs.

Premier signe du changement ? Son héros, assis à ses côtés, est haut comme trois pommes et soufflera ses 13 bougies en décembre. Owen Vaccaro, vu dans "Very Bad Dads" et "Joyeuse fête des mères", incarne Lewis Barnavelt, un orphelin contraint d'aller chez son oncle dont il va vite découvrir les pouvoirs magiques. "J'ai entendu parler de son travail mais je ne me suis pas trop concentré dessus", dit-il des précédentes oeuvres de son réalisateur avant que ce dernier ne se montre taquin - sans doute plus envers nous qu'envers sa jeune star - "Comment ? "Hostel" n'était pas enseigné dans ton école primaire ?" Sur le tournage, le duo avait ses "petites habitudes", faites de "toasts à la citrouille et à l'avocat". C'est tout ce que nous dira le jeune garçon sur son aîné.

Des acteurs qui donnent leur avis

Jack Black, qui joue l'oncle magicien, loue "l'esprit indépendant et le style très collaboratif" du cinéaste. "J'ai eu l'impression de faire partie du processus. Il nous encourageait à donner notre avis. C'est mon style de réalisation préférée. Je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois faire, comme une marionnette", nous explique-t-il. Eli Roth a réuni pour la première fois à l'écran le héros de "School of Rock" et Cate Blanchett (Mme Zimmerman, la voisine magicienne), elle aussi sous le charme des méthodes de son réalisateur. "Le scénario m'est apparu comme une évidence. Et c'est devenu un film dans ma tête dès que j'ai su qu'Eli Roth réalisait le film. Car il sait vraiment ce que c'est d'être effrayé à cause de son passé avec l'horreur", souligne-t-elle.

Sam Raimi a commencé avec "Evil Dead" puis a réalisé "Spiderman". C’est le genre de trajectoire que j’aimerais avoir pour ma carrièreEli Roth, en pleine reconversion

Alors, comment passe-t-on du sanglant au moins effrayant ? "J'ai toujours voulu faire un film pour enfants sombre, comme "Dark Crystal", "Labyrinthe", "Bandits ou Bandits" et les films Amblin comme "Les Gremlins" et "ET"", raconte-t-il, prenant soin de citer des films issus du giron de son producteur, Steven Spielberg. Son nom ne reviendra pas quand il s'agit d'évoquer ses modèles. "Peter Jackson a d’abord travaillé sur des films de zombies puis il a fait "Le Seigneur des anneaux". Sam Raimi a commencé avec "Evil Dead" puis a réalisé "Spiderman". C’est le genre de trajectoire que j’aimerais avoir pour ma carrière. L’idée est d’effrayer les gens, pas au point de traumatiser les enfants mais au point de leur donner envie de voir d’autres films d’horreur", assure-t-il.

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Ne vous attendez donc pas à sauter de votre fauteuil mais pensez plutôt à observer vos enfants. Car c'est avant tout pour eux que ce film est fait. Eli Roth vous conseille de les y emmener "dès 10 ans. Même un peu plus jeune, ça passe aussi". A l'image de la saga "Harry Potter", "La Prophétie de l'horloge" est le premier d'une série de 12 livres. Alors quand on lui demande si notre boule de cristal fera apparaître une suite, le réalisateur se tourne vers la réponse classique. "Si les gens se déplacent pour voir le film, ce sera beaucoup plus simple. Dans le cas contraire, ça restera notre petit film un peu étrange qu’on a pris beaucoup de plaisir à faire", reconnaît-il. Le message est passé aux Etats-Unis où le film s'est emparé de la première place du box-office dès sa sortie vendredi dernier. Rendez-vous ce mercredi 26 septembre dans les salles françaises.  

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