"Les Invisibles" sort en DVD : Corinne Masiero, de la rue aux plateaux de cinéma

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PORTRAIT – C'est un film qui a une résonance particulière pour elle. A l'affiche des "Invisibles", le long-métrage de Louis-Julien Petit qui sort en DVD cette semaine, Corinne Masiero, l'héroïne de "Capitaine Marleau", a, elle aussi, été SDF.

Dans "Les Invisibles", elle incarne la responsable d'un centre d'accueil pour SDF. Un univers qu'elle connaît bien. Avant de devenir l'une des actrices françaises les plus populaires, Corinne Masiero a en effet été, elle aussi, sans domicile fixe. Star de la télévision grâce à son rôle depuis 2015 dans "Capitaine Marleau", la série de France 3 qui rassemble des millions de téléspectateurs à chaque diffusion (7,7 millions le 9 avril, un record), la comédienne de 55 ans revient de loin. Très loin même. Avant de rencontrer le succès sur le tard, Corinne Masiero a ainsi connu l'enfer de la rue, de la drogue et la prostitution. 

Alors, quand Louis-Julien Petit, qui l'a déjà dirigée dans "Discount" et "Carole Matthieu", lui propose de jouer le rôle de Manu, la directrice du centre social L’Envol sur le point de fermer, elle accepte sans savoir que le film (qui sort ce mercredi 15 mai en DVD) sera le succès surprise de 2019. Aux côtés d'Audrey Lamy, de Noémie Lvovsky et de Déborah Lukumuena, Corinne Masiero donne la réplique à de véritables SDF qui font leurs premiers pas devant la caméra. "Parfois, il y a eu un effet miroir terrible. Et il m'est arrivé d'éclater en sanglots lors de scènes qui me ramenaient à des trucs persos", a admis la comédienne dans une interview donnée au début de l'année à Elle. Ces femmes,  elle aurait pu les côtoyer à l'époque où elle était en galère, comme elle l'a raconté dans "Sept à Huit" en janvier dernier. 

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SEPT À HUIT - Corinne Masiero raconte comment elle s'est sortie de la rue et de la drogue

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Je gardais des gosses ou je vendais mon cul- Corinne Masiero

Accro à l'héroïne, sa "compagne de route", alors qu'elle était très jeune ("Je pensais que la came, c'était une sorte de rébellion mais je me suis fait niquer"), Corinne Masiero cumule les petits boulots. "Je gardais des gosses ou je vendais mon cul. Mais les gens qui me fréquentaient, les hommes avec qui je vivais, ma famille, ne se doutaient pas de ce que je pouvais faire. Il faut le dire, j'avais honte", admet aujourd'hui celle qui finit par se retrouver à la rue. Son salut, elle le doit alors au théâtre. "Je me suis retrouvée sur un plateau par hasard. J'étais venue donner un coup de main à des potes. Et puis la metteure en scène nous a dit de participer. On se prend au jeu, c'est amusant. Quand l'exercice a été terminé, j'ai dit 'c'est ça que je veux faire'", poursuit-elle dans "Sept à Huit". 

Quoi qu'il en soit, avec son physique atypique et son franc-parler, elle détonne dans l'univers du cinéma français. Comédienne engagée, Corinne Masiero a toujours mis un point d'honneur à privilégier les personnages de marginaux. Si elle enchaîne les rôles secondaires, la consécration arrive en 2011 avec "Louise Wimmer". Son interprétation saluée par la critique lui vaut une nomination au César de la meilleure actrice en 2013 (qui sera finalement remporté par Emmanuelle Riva). Depuis, elle n'a plus cessé de tourner. "C'est 'La Rose pourpre du Caire' : je suis entrée dans l'écran. Enfin, moi, c'est plutôt La Rose pour­pre de Roubaix !", s'amuse encore dans Télérama Corinne Masiero, qui malgré le succès, n'a pas changé. 

Aujourd'hui, l'actrice vit toujours dans un quartier à Roubaix, d'où elle est originaire, avec son compagnon de longue date Nicolas Grard, directeur d'une troupe de théâtre de rue, qu'elle a rencontré dans une manif anti-Medef. "Je me suis débrouillée pour avoir son tél et je lui ai envoyé un texto : 'C'est où tu veux, quand tu veux.' On a dîné ensemble le soir même, on s'est revus le lendemain. Et on ne s'est plus quittés", révèle-t-elle dans Elle

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