"'Libérée, délivrée' passe le relais à 'Dans un autre monde'" : les coulisses de "La Reine des neiges 2" racontées par ses réalisateurs

"'Libérée, délivrée' passe le relais à 'Dans un autre monde'" : les coulisses de "La Reine des neiges 2" racontées par ses réalisateurs
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INTERVIEW - Six ans après le succès tonitruant du premier volet, les réalisateurs Jennifer Lee et Chris Buck ainsi que le producteur Peter Del Vecho reviennent pour LCI sur la fabrication de cette suite aussi attendue par les enfants que crainte par les parents.

Ils ont donné vie à l'univers qui éblouit petits et grands depuis 2013. Jennifer Lee et Chris Buck, réalisateurs de "La Reine des neiges", sont repartis à Arendelle pour donner une suite au film d'animation le plus lucratif de tous les temps (plus de 1,2 milliard de dollars de recettes). Ils signent un long métrage à la fois drôle et émouvant, qui soulève beaucoup de questions chez le spectateur sans oublier de les divertir en chansons.

Le duo a fait une halte à Paris à l'occasion de l'avant-première française de "La Reine des neiges 2", une semaine tout pile avant la sortie en salles de leur blockbuster le 20 novembre. L'occasion pour LCI de plonger avec eux dans cet autre monde et d'en savoir plus sur la chanson qui prend la relève de l'entêtant "Libérée, délivrée".

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Avec "La Reine des neiges 2", vous êtes-vous jetés "dans un autre monde" comme Elsa ou saviez-vous déjà en lançant "La Reine des neiges" qu'il y aurait une suite ?

Jennifer Lee, co-réalisatrice : On ne le savait pas du tout aux prémices du premier film mais on s'est interrogé à la fin de "La Reine des neiges". Nous pensions avoir fait une conclusion digne d'un conte de fées. Puis un an après environ, toutes les questions qui nous obsédaient sont revenues. Pourquoi Elsa a-t-elle des pouvoirs ? Que va-t-elle faire ? Pourquoi Anna n'en a-t-elle pas ? Où allaient leurs parents ? On s'est rendu compte qu'on avait plus d'histoires à raconter. Je crois que c'est là qu'on s'est jeté dans un autre monde. On ne savait pas du tout où on allait.

Chris Buck, co-réalisateur : On s'est dit que ça allait être amusant et on a plongé.

Jennifer Lee : C'était un défi !

Première surprise, la neige est quasiment absente du film. Une petite fille derrière moi à la projection a d'ailleurs dit qu'il s'agissait de "La Reine des neiges 2 de l'automne". Pourquoi ce changement de saison ?

Peter Del Vecho, producteur : On voit ces personnages mûrir, grandir. C'est comme dans nos propres familles, quand une fois que vous êtes diplômés de l'université vous vous interrogez sur ce que vous allez faire de votre vie. Donc pour nous, l'évolution des personnages était semblable à celle des saisons. L'automne symbolise aussi le changement et le changement est l'un des thèmes majeurs du film.

On voulait vraiment que le film reflète le combat de chacun face à la vie et à ce qu'elle met sur notre route- Jennifer Lee, co-réalisatrice

Le film délivre beaucoup de messages, que ce soit sur notre rapport à la nature et aux autres, sur le sens du sacrifice... Que voulez-vous que les enfants retiennent en sortant de la salle ?

Jennifer Lee : Je crois que l'une des choses les plus importantes qu'on veut transmettre, c'est qu'il faut oser se jeter dans l'inconnu et qu'il faut affronter le changement. Le changement, c'est effrayant. Mais plus encore, il faut prendre part à son monde et avoir le courage de faire ce qui est juste, même quand c'est difficile. Il faut persévérer, affronter la vérité. Vous faites face à tout ça en grandissant donc on voulait vraiment que le film reflète le combat de chacun face à la vie et à ce qu'elle met sur notre route. Vos choix vous impliquent vous mais aussi votre communauté, votre famille. Voir ces personnages lutter contre tout ça est l'une des motivations qui nous ont poussé à faire ce film.

Dans les crédits, vous remerciez  les Samis, peuple autochtone du Nord de l'Europe. Comment vous ont-ils aidés ?

Chris Buck : Nous leur avons rendu visite. Ils ont été une grande source d'inspiration dès le départ, notamment pour Kristoff et les éleveurs de rennes. Leur connexion à la nature nous aussi été une énorme inspiration pour les Northuldra (le peuple qui vit dans la vie enchantée que traversent Elsa et Anna, ndlr). Ils ont été fantastiques et nous ont beaucoup soutenus.

Jennifer Lee :  Nous avons été en Norvège, en Finlande et en Islande. Et je dois dire que ce collier a été fabriqué par les Samis (elle montre le bijou qu'elle porte autour du cou, ndlr). Il a été fait pour nous avec du bois de renne. Je le porte comme une protection pendant nos voyages.

Peter Del Vecho : En Norvège et en Finlande, nous avons été inspirés par leur forêt qui semblait enchantée. Nous y avons marché et c'est là qu'Anna se sent comme chez elle. C'est un décor de conte de fées. En Islande, au contraire, c'était un paysage plus austère et le pouvoir de la nature. Soudain, Elsa y était chez elle. Nous avons pris conscience que c'était un décor plus mythique. Nous avions un personnage mythique, Elsa, et un personnage de conte de fées, Anna. Nous avions donc deux histoires différentes qui se déployaient en parallèle, et ça a été une découverte capitale pour nous.

On ne peut pas parler de "La Reine des neiges" sans évoquer les chansons. Le public va en découvrir sept inédites, dont le nouvel hymne d'Elsa "Dans un autre monde". Combien de temps a-t-il fallu pour donner forme à ce morceau ?

Chris Buck : Nous avons eu une autre version de cette chanson à un moment donné.

Jennifer Lee : Ah oui, "I seek the truth" ("Je recherche la vérité").

Chris Buck : Elle a évolué, même si ce moment a toujours été présent. Nous avons toujours su qu'il y aurait un appel et qu'Elsa y résisterait dans un premier temps puis ferait marche arrière pour y répondre. "Libérée, délivrée" était en quelque sorte le début de son voyage et passe le relais à "Dans un autre monde". Elsa se sent libre dans son palais de glace mais c'est une liberté imparfaite car elle y est seule. Là avec "Dans un autre monde", ses pouvoirs l'appellent. Que va-t-elle faire ? Leur répondre ? Elle a été acceptée avec ses pouvoirs mais maintenant il faut agir.

Jennifer Lee : Il y a eu beaucoup d'échanges et de conversations avec Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez (oscarisés pour "Libérée, délivrée", ndlr), c'est comme ça qu'ils travaillent. Puis ils se retirent et d'un coup ils vous disent : "Je crois qu'on a quelque chose." Et ils vous livrent une chanson complète. Donc en fait, il s'est passé plusieurs mois avant cet éclat de créativité.

Pourquoi avoir choisi le groupe "Panic! At the Disco" pour interpréter la version qu'on entend dans le générique de fin ?

Jennifer Lee : La décision a été prise il y a quelques mois. Tom MacDougall, superviseur de la musique des studios d'animation Disney, a une vision incroyable des différentes manières d'interpréter une chanson, tout en y apportant un petit truc en plus. Panic! At the Disco a été d'un grand soutien et très intéressé. On était très excité de les avoir à nos côtés pour nous jeter dans cet autre monde. J'adore l'idée que cette chanson soit celle d'Elsa et de ce groupe fantastique.

Mais la meilleure chanson du film est sans aucun doute celle de Kristoff, "J'ai perdu le nord", qui offre l'une des  séquences les plus hilarantes en forme d'hommage aux clips kitsch des rockeurs des années 80. Où avez-vous été piocher l'inspiration ?

Chris Buck : On voulait lui donner une chanson dès le premier film. On a essayé mais au final il n'a eu qu'un petit passage chanté. L'envie était là mais il fallait trouver le moment idéal. On avait un titre pour lui au début de "La Reine des neiges 2"mais ça ne fonctionnait pas. Je crois que c'est toi, Jennifer, qui a poussé pour ce côté rock des 80s !

Jennifer Lee : Kristoff a du mal à faire part de ce qu'il ressent. Donc si vous pouviez vous glisser dans sa tête, à quoi ça ressemblerait ?  Son amour pour Anna est si fort que ce serait comme ces ballades rock des années 80 avec lesquelles on a grandi. Tu es dans une boum et tu es tellement amoureux pour la première fois. On a beaucoup parlé de ça et du fait que si de l'extérieur il ressemble à un homme des montages qui hésite sur les mots, il est au fond ce gaillard passionné et très tendre. Et il n'y a rien de mieux pour montrer ça que ce style musical ! Pour nous, ça a été une autre découverte capitale de pouvoir définir son voyage. C'est un gars très fort qui est aussi amoureux et a le droit de partager ses sentiments.  

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On se dit donc à dans six ans pour "La Reine des neiges 3" ?

Chris Buck : (Rires). Qui sait ?

"La Reine des neiges 2" de Jennifer Lee et Chris Buck

avec les voix françaises de Charlotte Hervieux, Emmylou Homs et Dany Boon.

En salles dès le 20 novembre.

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