Natasha St-Pier revient avec un nouvel album spirituel : "Je suis très en adéquation avec moi-même"

Natasha St-Pier publie "Croire", son troisième album spirituel, le 14 août avant une grande tournée dans les églises de France, Suisse et Belgique.
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INTERVIEW - Avant de mener l'enquête dans l'émission "Good Singers" sur TF1 le 21 août, la chanteuse québécoise poursuit son chemin de croix musical avec un troisième opus spirituel disponible ce vendredi. Une oeuvre très personnelle qu'elle a tout de même souhaité sortir dans ce contexte particulier. Elle s'en explique pour LCI.

Elle s'excuse pour ses quelques minutes de retard. "Mon interview précédente n'était pas terminée", nous glisse-t-elle de sa douce voix, reconnaissable entre mille à l'autre bout du fil. Alors que certains profitent de la saison estivale pour se reposer, Natasha St-Pier connaît un mois d'août plutôt chargé. La chanteuse québécoise sera l'une des personnalités chargées d'enquêter dans Good Singers, vendredi 21 août sur TF1. Dans ce jeu musical, 12 candidats sont invités à interpréter des chansons sur scène. Face à eux, un jury composé de célébrités doit tenter d'identifier les "bons chanteurs" parmi eux. 

Mais avant de réinvestir nos écrans, l'ancienne représentante de la France à l'Eurovision retrouve son premier amour. La musique. Forte du succès de ses précédents albums hommages à Sainte Thérèse de Lisieux - double disque de platine et disque d'or -, la chanteuse québécoise poursuit sa quête spirituelle en musique avec Croire, qui sera disponible la veille du week-end du 15 août. "D’un point de vue marketing, ça aurait été très intelligent d’attendre un an. Mais je n’ai pas envie", nous explique-t-elle à propos de cet opus qu'elle présentera ce jeudi 13 août au sanctuaire Notre-Dame de Lourdes. Tout un symbole.

La Star Ac, The Voice, Nouvelle Star, La France a un incroyable talent… Franchement, on a tout vu. Avec ce concept-là, on découvre aussi de supers voix alors qu'on ne s’y attendait pas- Natasha St-Pier sur Good Singers

LCI : Quand on chante Tu trouveras, c’est une évidence de participer à une enquête musicale comme Good Singers ?

Natasha St-Pier : Ce n’est pas une évidence du tout ! On se confronte vraiment à nos préjugés, ou en tout cas à nos idées préconçues. J’imaginais que j’allais pouvoir observer la posture et le port de tête des candidats, leurs looks un peu barrés d’artistes aussi, et que j’allais réussir à découvrir qui chantait bien ou pas. Mais en fait, il y a des gens qui ont plus l’air de votre banquier et qui chantent mieux que quiconque. D’autres pourraient être Prince dans le look et ne chantent pas si bien que ça au final (elle rit). C’est assez troublant et tellement fun à faire comme émission. Ce qui m’a surpris, c’est qu’on a l’impression qu’en termes d'émission musicale avec des inconnus, tout a été dit. La Star Ac, The Voice, Nouvelle Star, La France a un incroyable talent… Avec ce concept-là, on découvre aussi de supers voix alors qu'on ne s’y attendait pas.

Qu’est-ce qui fait donc un "good singer", un bon chanteur ?

Une très belle voix froide pourra nous impressionner techniquement pendant 30 secondes. Mais ce qui va faire qu’on aura envie d’écouter plus qu’une chanson, c’est l’émotion. Lorsque le bon dosage est là entre technique et émotion, on se retrouve avec quelque chose de passionnant à écouter.

Jarry dit de vous que vous êtes "une grande joueuse", vous affirmez "ne pas perdre très bien".  A quoi peut-on s’attendre de votre part ?

Alors pas de crise de colère, parce que je sais me contenir (elle rit). J’adore jouer et j’ai appris à perdre avec les années. C’est drôle parce qu’avec mon petit garçon de 4 ans et demi, on joue à beaucoup de jeux de société. Il déteste perdre et ma grande phrase en ce moment, c’est : "Quand on joue, des fois on gagne et des fois on perd. C’est la vie, c’est le hasard". Donc je me répète autant cette phrase à moi qu’à lui (elle rit).

Good Singers est l’une des premières émissions à avoir été tournée depuis le confinement. Comment cela s’est-il passé ?

Plutôt bien. Le décor est construit de sorte qu’il y ait pas mal d’espace entre chacune des personnalités quand on est assis dans nos fauteuils. Les concurrents sur le mur ont aussi leur espace réglementaire. C’est drôle parce que les habitudes se sont déjà installées dans les coulisses des émissions de télévision, extrêmement naturellement. Je n’ai côtoyé personne qui ne voulait pas mettre son masque ou faisait n’importe quoi. J’ai plutôt croisé des gens bienveillants envers les autres et eux-mêmes.

Vous serez aussi l’une des premières chanteuses à reprendre la route à la rentrée. Vous vous produirez dans les églises de France, Suisse et Belgique dès le 4 septembre. Comment allez-vous adapter votre spectacle aux nouvelles règles sanitaires ?

Je dois le dire, j’ai une équipe formidable. Les billets pour ces spectacles ont été vendus avant la crise et dans beaucoup de cas, les salles sont déjà combles. Ce n’est pas possible aujourd’hui vu la situation. Les gens ont payé pour leurs tickets. On ne peut pas faire des demi-spectacles, il faut leur présenter le spectacle complet. On a donc décidé d'assurer deux shows par soir au lieu d'un. Un à 18h30 et un autre à 20h30. Financièrement parlant, ce n’est pas rentable si on doit payer tout le staff deux fois. On perdrait de l’argent et mon tourneur mettrait la clé sous la porte. Mais mon équipe m’a dit : "On a tellement envie de travailler, on a tellement hâte de reprendre la route qu’on accepte tous de le faire au prix d’un spectacle pour deux". Donc on avait une tournée de 40 à 50 dates qui fera au final entre 80 et 100 représentations.

Ça semble représenter aussi un sacré défi pour vous en tant que chanteuse...

Oui, ça va être un nouveau challenge physiquement. La dernière date est prévue le 23 décembre. Donc si je fais entre 80 et 100 représentations jusque-là, c’est demander beaucoup à mes cordes vocales. Je dois avoir une hygiène de vie irréprochable. J’ai d'ailleurs recommencé des cours de chant en juin pour vraiment densifier ma musculature autour des cordes vocales et trouver des techniques modernes pour les protéger au maximum.

Je pense que c’est maintenant qu’il faut sortir cet album, quitte peut-être à en vendre un peu moins- Natasha St-Pier

Vos trois derniers albums sont très spirituels. En novembre 2019 sur Instagram, vous disiez : "Non, je n’arrête pas de chanter. Simplement, je le fais différemment". Comment qualifieriez-vous la nouvelle Natasha St-Pier ?

Je pense que je suis très en adéquation avec moi-même. J’ai de moins en moins en moins de scissures entre Natasha l’artiste et Natasha la personne. Ça fonctionne dans les deux sens : la femme se fond en l’artiste, l’artiste se fond en la personne pour devenir de plus en plus une seule entité. C’est arriver à bien se connaître, se trouver et faire les choses qui nous plaisent.

Vous avez teasé votre nouvel album, Croire, le 14 mars… Trois jours avant le confinement. Il sort finalement ce vendredi 14 août. Le projet a-t-il évolué ces derniers mois ?

Il n’a pas changé pour une raison toute simple : je fais partie de ceux qui croient (elle rit), qui ont envie de prendre des risques. Les textes de cet album vont parler à ceux qui en ont besoin aujourd’hui, pas quand on se sera habitué à la situation ou quand la vie sera redevenue pseudo normale. C’est aujourd’hui, quand on est en pleine période d’adaptation et de questionnement, que ces textes-là ont leur place. Je pense que c’est maintenant qu’il faut les sortir, quitte peut-être à en vendre un peu moins. Je ne sais pas du tout comment ça va se passer. Evidemment que je souhaite voir cet album rencontrer son public. D’un point de vue marketing, ça aurait été très intelligent d’attendre un an. Mais je n’ai pas envie.

Vous chantez la maternité, dans Être mère et Mon coeur sera ton coeur, une chanson écrite pour votre fils Bixente (opéré plusieurs fois depuis sa naissance en raison d'une malformation cardiaque, ndlr). C’est une thématique désormais indissociable de votre personne ?

Oui, parce que je ne peux pas imaginer ma vie sans mon fils maintenant. Je ne peux pas le dissocier de moi et de qui je suis. C’est très particulier. Là, je l’ai laissé en vacances pour quelques jours, je suis partie sans lui. Quand il n’est pas avec moi, c’est vraiment un morceau de moi qui manque.

Si on regarde ma carrière, j’ai commencé dans Notre-Dame de Paris. J’ai chanté Je n’ai que mon âme, Un ange frappe à ma porte… Finalement, c’est une thématique qui me suit depuis le début- Natasha St-Pier

La reprise du Temps des cathédrales, c’est un clin d’oeil à la cathédrale de Notre-Dame ?

C’est un clin d’oeil à la cathédrale oui, mais aussi à mes débuts parce que j’ai commencé dans la comédie musicale Notre-Dame de Paris. En France, vous avez eu Julie Zenatti dans le rôle de Fleur de Lys.  Moi, je l’ai fait au Canada et en Angleterre. C'est drôle parce qu'un jour, j’ai dit : "C’est bizarre. Quand j’ai fait le deuxième album sur Sainte Thérèse de Lisieux, je ne pensais pas faire autant d’albums spirituels." Et la personne en face de moi m’a répondu : "Mais en même temps quand on s’appelle St-Pier…" Si on regarde ma carrière, j’ai commencé dans Notre-Dame de Paris. J’ai chanté Je n’ai que mon âme, Un ange frappe à ma porte… Finalement, c’est une thématique qui me suit depuis le début.

L’une des éditions de l’album  s’accompagnait en pré-commande d’un cours de yoga nidra que vous donnerez vous-même en visioconférence. Un conseil à nous donner pour nous relaxer avant la rentrée ?

La respiration ! C’est ce qui change à chaque nouvelle émotion. On respire vite quand on a peur, plus doucement quand on est fatigué. Notre respiration est directement influencée par notre état d’âme. Si on décide de consciemment la modifier, on peut modifier notre état d’âme puisque ça fonctionne ensemble. Beaucoup d’exercices existent partout sur Internet et peuvent vous aider à gérer les crises d’angoisse, le stress, les coups de mou. Même en période de canicule, il y a une respiration qui rafraîchit le corps. Et ça fonctionne !

On vous a vue dans Mask Singer sur TF1 (C'était elle dans le cupcake, ndlr). On vous a aussi vue en coach dans The Voice Belgique. Vous avez d’autres projets, d’autres envies à la télévision ?

J’ai toujours des envies à la télévision parce que j’aime ça. J’aime ce métier, j'aime la télé et la radio. Je ne sais pas quel sera le prochain projet mais quand il se présentera, je saurai répondre présente. 

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