On a vu "Avengers : Endgame" : un ultime volet explosif et nostalgique

Sorties

ON AIME - Suite directe de "Avengers : Infinity War", sorti l'an dernier, "Avengers : Endgame", dans les salles ce mercredi 24 avril, marque la fin d’une ère pour les superhéros de l’Univers Cinématographique Marvel. Avec, à la clé, un jeu de piste astucieux au sein des différents épisodes de la saga milliardaire. Et quelques larmes en perspective pour les fans les plus sentimentaux…

Avec la sortie ce mercredi 24 avril de "Avengers : Endgame", on va beaucoup reparler de chiffres. 21 films, plus de 18 milliards de dollars de recettes dans le monde et des salaires stratosphériques pour ses vedettes. La fortune du seul Robert Downey Jr. pèserait ainsi plus de 300 millions de dollars, de quoi rester dans le bain au moment d’enfiler le costume de Tony Stark/Iron Man pour une nouvelle aventure. 

La première fois, c’était en 2008 et l’ex-enfant terrible du cinéma américain inaugurait une nouvelle ère dans l’histoire des films de superhéros. Un sous-genre qui ne renferme pas que des chefs d’œuvre, loin de là, mais que le producteur Kevin Feige, grand manitou de Marvel Studios, semble avoir suffisamment étudié pour en tirer la quintessence. 

La recette de l’Univers Cinématographique Marvel, c’est quoi au fond ? Des personnages de BD populaires sur plusieurs générations, des scénarios blindés de rebondissements comme dans les meilleures séries télé, des effets spéciaux à couper le souffle mais aussi un sens aigu du casting, avec un mélange de stars déjà établies, de second rôles confirmés et de nouveaux talents prometteurs.

Une recette qui a fait ses preuves

Résultat : en 2019, difficile d’imaginer quelqu’un d’autre que Robert Downey Jr. sous l’armure d’Iron Man, que Chris Hemsworth derrière la barbe de Thor, que Chris Evans sous le casque de Captain America ou que Scarlett Johansson dans la combinaison moulante de Black Widow. Même Hulk, réputé injouable au cinéma, a trouvé chaussure à son (grand) pied en la personne du débonnaire Mark Ruffalo.

Leurs talents conjugués, et leur alchimie évidente à l’écran, ont transformé chacune de ces superproductions disproportionnées en réunion de famille permanente où chaque nouvelle addition a droit à son quart d’heure de gloire, à l’image de la petite dernière, Captain Marvel. Mais cette bande de potes gonflée aux stéroïdes était bien mal en point à l’issue de "Avengers : Infinity War", au printemps 2018. Après le passage du super-vilain Thanos (Josh Brolin), 50% des espèces vivantes avaient été rayées de l’univers. Doctor Strange, Black Panther, Spider-Man ou encore la quasi-totalité des Gardiens de la Galaxie s'étaient ainsi désintégrés sous les yeux de leurs camarades éplorés et de leurs fans, impatients de connaître la suite.

Voir aussi

Avec Marvel Studios, le business n’attend pas et si "Endgame" sort aujourd’hui, c’est parce que le film a été tourné en parallèle de "Infinity War" par le duo de réalisateurs Anthony et Joe Russo. Un boulot titanesque en plateau et en studio qui débute par une scène intimiste rappelant la série "The Leftovers". Enfin apaisé, Clint Barton (Jeremy Renner), alias Hawkeye, passe une douce après-midi champêtre en famille lorsque sa femme et ses enfants s’évaporent en un clin d’œil, laissant ce gros dur totalement désemparé. 

La faute au sale boulot de Thanos, encore une fois. Mais mis en scène cette fois avec une simplicité qui tranche avec le final tellurique de l’épisode précédent. Tony Stark, lui, dérive dans l’espace à bord d’un vaisseau fantôme où il enregistre un message d’adieu pour sa compagne, Pepper Potts (Gwyneth Paltrow). Sans vivres, ni oxygène, il s’apprête à passer l’arme à gauche malgré la bienveillance de la cyborg Nebulla (Karen Gillan) lorsqu’une intervention miraculeuse – mais pas divine – vient tout changer.

Histoire de ne pas gâcher le plaisir des premiers spectateurs, on ne dira pas grand chose de la suite de l’intrigue sinon qu’elle ressemble à un immense jeu de pistes au cours duquel les Avengers survivants vont explorer les épisodes précédents pour récupérer les six Pierres d’infinité qui avaient permis à Thanos d’accomplir ses noirs desseins. Et tenter de réécrire le cours de leur histoire commune, à leurs risques et périls. 

Voir aussi

Au cours d’une première partie qui multiplie les faux départs, le scénario de "Avengers : Endgame" fait d’innombrables références aux classiques du voyage dans le temps, "Retour vers le futur" au premier chef. Celui concocté par les frères Russo permet de revisiter un moment clé de la vie chacun des personnages majeurs, manière habile de boucler la boucle pour plusieurs d’entre eux.

Au moment de quitter ce blockbuster de plus de 3 heures qui filent à toute allure, il y aura bien un avant et un après pour certaines figures de la saga Avengers, même si l’Histoire récente a prouvé qu’on pouvait s’attendre à tout. C’est un peu la limite de l’exercice : à force de se relever des menaces les plus vicieuses et définitives, ces icônes de l’ère numérique semblent toujours capables de reprendre du poil de la bête en un claquement de doigts. 

De même que chaque mot d’adieu appuyé, chaque regard humide, chaque plan funeste paraît toujours un brin suspect. Cette fois, pourtant, Marvel Studios semble avoir conçu son dernier bébé comme l’épilogue d’une ère qui laissera son empreinte sur le cinéma de divertissement. On en veut pour preuve la fameuse séquence post-générique, sans doute la plus "déroutante" de toutes…

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter