Pete Davidson, trublion du "Saturday Night Live", émeut aux larmes dans "The King of Staten Island"

Pete Davidson, trublion du "Saturday Night Live", émeut aux larmes dans "The King of Staten Island"
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PORTRAIT - Tête d’affiche de l’émission culte de NBC, l’humoriste américain de 26 ans se livre comme jamais dans un film bouleversant inspiré de sa vie, qu’il a co-écrit avec Judd Apatow. Une jolie réussite à découvrir en salles dès mercredi 22 juillet.

Taper son nom dans une barre de recherches Google vous en dira peu sur lui de prime abord. Mais beaucoup sur sa vie amoureuse. Pete Davidson y est associé à l’actrice Kate Beckinsale, au mannequin Kaia Gerber et à la chanteuse Ariana Grande, qui lui a même consacré un morceau sur l'album Sweetener. Il y a deux ans, sa relation avec cette dernière fait le bonheur de la presse à scandales. 

En l’espace de cinq mois, le couple s’embrasse langoureusement sur tapis rouge, se fiance puis se sépare. Suffisant pour transformer l'humoriste en figure médiatico-people à l'international. Sur leur rupture, Ariana Grande compose le hit Thank you, next. Lui écrit Alive from New York, un spectacle spécial pour Netflix plutôt décevant. Et pas franchement à la hauteur du personnage. Car derrière son humour trash et son air ébahi en permanence, le jeune homme de 26 ans possède une sensibilité à fleur de peau, qui transpire dans son premier grand rôle au cinéma.

J’ai toujours voulu montrer d’où je venais, comment une tragédie pouvait toucher une famille- Pete Davidson à CBS This Morning

The King of Staten Island pourrait presque entrer dans la catégorie "biopic". Pete Davidson y incarne un jeune d'une vingtaine d'années un peu paumé qui, comme lui, vit dans le sous-sol de sa mère à Staten Island - quartier peut-être le moins glam' de New York - et mène chaque jour une lutte acharnée contre ses démons intérieurs pour se maintenir en vie. "J’ai toujours voulu montrer d’où je venais, comment une tragédie pouvait toucher une famille. Peu de films à la fois honnêtes et transparents ont été faits sur le sujet", explique-t-il à CBS This Morning à propos de ce film qu'il produit et dont il a co-écrit le scénario en s'inspirant de sa propre expérience.

À l'écran, son personnage Scott peine à surmonter le décès de son père pompier, mort dans l'exercice de ses fonctions. Scott, c'était aussi le prénom du père de l'humoriste. Pompier au sein de la prestigieuse FDNY, il a été tué le 11 septembre 2001 en allant porter secours aux victimes du World Trade Center à New York. Pete Davidson n'avait que 7 ans. La comédie devient pour lui une manière de gérer son deuil. À 16 ans, il démarre le stand-up. À 20 ans, il intègre le Saturday Night Live et devient l'un des plus jeunes membres de la distribution de l'histoire de l'émission culte de NBC. Il multiplie les sketchs comme ses collègues mais n'est au final jamais aussi drôle que quand il vient parler en son nom propre.

Pete Davidson s'invite régulièrement dans la section Weekend Update, parodie de journal télévisé qui croque l'actualité avec un humour mordant. Il y donne son point de vue décalé sur la politique et la société américaines mais se livre surtout sur son quotidien. Ses problèmes de drogue, ses passages en cure de désintox et sa santé mentale. Il parle de 2017 comme de "la pire année de sa vie", celle où on lui diagnostique un trouble de la personnalité. Marqué par la dépression, il se décrit comme ayant "toujours été suicidaire". "C'est horrible à dire mais oui, je fermais les yeux en conduisant sur des routes fermées, généralement la nuit. Et je roulais sans ceinture", raconte-t-il à CBS This Morning. Une scène qu'on retrouve dans The King of Staten Island. En plein jour, sur une route bondée. 

Être malade mentalement n'est pas une excuse pour se comporter comme un abruti, ok ?- Pete Davidson sur le plateau du "SNL" en octobre 2018

Son honnêteté, si rare parmi les célébrités, est aussi touchante que désarmante. Son arme à lui pour contrer les critiques. Il n'utilise d'ailleurs jamais son état de santé comme un bouclier. "Être malade mentalement n'est pas une excuse pour se comporter comme un abruti, ok ?", lance-t-il en octobre 2018 à un Kanye West bipolaire venu chanter les louanges du président Donald Trump sur le plateau du SNL. The King of Staten Island vient ouvrir un peu plus les portes sur la psyché de Pete Davidson avec une tendresse inattendue. "J'ai voulu avoir une sorte de moment à la '8 Mile' où tout est exposé. Voilà, dites ce que vous voulez. Et ça a fait beaucoup de bien de sortir tout ça", glisse-t-il au New York Times. à propos de ce projet  aux vertus cathartiques.

L'émotion est vive pendant les 2h16 que dure le film. On serait bien resté encore un peu plus avec Scott et sa bande, à les observer de loin remettre leurs vies sur de bons rails. Loin de son humour grivois habituel, plus proche de son film Funny People, Judd Apatow (En cloque, mode d'emploi, Crazy Amy) signe un long métrage tout en retenue qui fait même naître quelques larmes. "J'ai dit à Pete qu’avec mes amis, on avait dû faire une douzaine de films bébêtes avant de pouvoir en faire un comme celui-ci", souligne le cinéaste au New York Times

 "Je crois qu’il n’y a pas de limites à ce qu’il peut faire. C’est un acteur fantastique, un auteur fantastique, un excellent producteur. Je crois que c’est seulement le début pour lui", ajoute-t-il. En 2021, Pete Davidson poursuivra sa route au cinéma. Il sera au générique de la suite de Suicide Squad, premier blockbuster d'un CV qui devrait s'étoffer dans les années à venir. Pas à pas. "Je suis en quête du bonheur et je sais que tout ce qui brille n'est pas toujours de l'or. Ça ira une fois que je l'aurai intégré, ça se passera bien", chante Kid Cudi à la fin de The King of Staten Island. Comme si l'humoriste s'était fait parolier.

>> "The King of Staten Island" de Judd Apatow

avec Pete Davidson, Marisa Tomei, Bill Burr et Bel Powley

en salles dès le 22 juillet

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