Prix littéraires : le prix Goncourt 2019 attribué à Jean-Paul Dubois, Sylvain Tesson décroche le prix Renaudot

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LITTÉRATURE - L'écrivain Jean-Paul Dubois remporte le prestigieux prix littéraire avec "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon". Quant au prix Renaudot, il est allé à Sylvain Tesson pour "La panthère des neiges".

Jean-Paul Dubois a été couronné pour "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon", un roman nostalgique sur le bonheur perdu. Il a coiffé au poteau les trois autres candidats : Amélie Nothomb ("Soif", Albin Michel), Jean-Luc Coatalem ("La part du fils", Stock), et Olivier Rolin ("Extérieur monde", Gallimard). Déjà couronné par le prix Femina en 2004 pour "Une vie française", l'écrivain toulousain discret et populaire, a construit depuis une trentaine d'années une œuvre qui séduit par sa délicatesse et sa profonde humanité.

"Si les romans de Jean-Paul Dubois étaient traduits de l'anglais, il aurait en France un statut comparable à ceux de John Irving ou de William Boyd", a expliqué Bernard Pivot, le président de l'académie Goncourt, comme le rapporte l'AFP. Le 22e titre de l'écrivain, publié chez L'Olivier (256 pages, 19 euros) raconte l'histoire d'un homme, Paul Hansen, qui croupit depuis deux ans dans une prison de Bordeaux (qui comme son nom ne l'indique pas se trouve au Québec) quand le lecteur le rencontre.

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Paul Hansen va nous raconter comment il en est arrivé à partager une cellule avec un Hells Angel, formidable personnage, effrayant et touchant, qui ne rêve que d'"ouvrir en deux" ceux qui ne lui reviennent pas mais est terrorisé par les souris ou les ciseaux du coiffeur. Hansen, quant à lui,  est un type bien, doux et bienveillant. Le lecteur apprendra à la fin du roman pourquoi il s'est retrouvé en prison. Entre temps, remonteront à la surface des souvenirs d'un bonheur anéanti. Ce que raconte Jean-Paul Dubois (une constance dans la plupart de ses livres), c'est l'histoire d'un monde en train de disparaître pour être remplacé par un autre dominé par l'injustice et le mépris. 

Comme le veut la tradition, le jury a annoncé le vainqueur peu avant 13 heures, depuis le restaurant parisien le Drouant. "C'est une déclaration d'amour", a commenté Bernard Pivot qui explique que le jury n'a eu besoin que de quelques minutes pour délibérer. "Ce n'est pas intime comme déclaration d'amour, j'ai connu des moments plus calmes", a réagi Jean-Paul Dubois face au parterre de journalistes venu recueillir ses premières impressions. "Déjà en tête à tête c'est pas facile, alors là…"

Comment a-t-il appris la nouvelle ? "C'est mon éditeur qui m'a annoncé ça. J'étais au café et on m'a dit 'Bravo vous êtes le Goncourt'. C'est assez irréel ", a concédé le lauréat très stoïque. "Je pense que je serai le même demain, ça ne change pas grand-chose dans la réalité d'une vie. A mon âge prendre un nouveau départ ce serait un peu prétentieux", a estimé l'auteur âgé de 69 ans.

Le Renaudot a été octroyé dans la foulée à Sylvain Tesson pour "La panthère des neiges" (Gallimard). Une véritable surprise puisque le livre ne figurait pas dans la sélection finale. Avec cet ouvrage, l'écrivain voyageur nous entraîne au Tibet sur les traces de la panthère des neiges. En compagnie de son ami le photographe Vincent Munier, Tesson signe un manifeste écologique et poétique. 

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