Quand Disney s’inspire de la France, épisode 1 : "Cendrillon", de Perrault au grand écran

Quand Disney s’inspire de la France, épisode 1 : "Cendrillon", de Perrault au grand écran
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FLASHBACK - À l’occasion de l’arrivée sur Disney+ de la version live de "La Belle et la bête" avec Emma Watson le 24 juillet, LCI a replongé dans les archives francophiles de Walt Disney avec l’aide du spécialiste Sébastien Durand. Focus sur le premier conte français adapté par la firme aux grandes oreilles.

Si les voyages forment la jeunesse, ils ont surtout forgé l'esprit de l'une des icônes de la pop culture. "Walt Disney, c’est un petit Américain du Midwest qui quitte son pays pour la première fois à l'âge de 16 ans. Puis il passe un an en France juste après la fin de la Première Guerre mondiale. C’est pour lui une découverte énorme", nous explique Sébastien Durand, spécialiste aussi passionné que passionnant de l'empire Disney.

Ses multiples séjours dans l'Hexagone ne font que décupler l'imaginaire déjà vaste du pionnier de l'animation. "Il revient à chaque fois, en particulier dans les années 1930, avec des centaines d’illustrations et des livres de contes de fées qu’il entrepose aux studios à Los Angeles. Certaines sont signées Gustave Doré". Des œuvres made in France "qui encore aujourd'hui servent de base aux artistes" qui travaillent sur les films de la firme aux grandes oreilles.

A l'occasion de l'arrivée sur Disney+ de la version live de La Belle et la bête avec Emma Waston le 24 juillet, LCI s'est plongé dans les archives francophiles de Walt Disney. Commençons donc par le commencement avec "le premier conte français" mis en scène par l'Américain : Cendrillon, en 1950.

La suite non officielle de "Blanche-Neige"

"Walt Disney n’aimait pas faire de suite à ses films", assure Sébastien Durand. Donc quand on lui propose "de faire revenir Blanche-Neige avec les sept nains", héros de son premier long métrage d'animation sorti en 1937, il refuse. "Il savait que ça plaisait au public donc il a cherché ce qui s’en approchait. Et rien ne s'approche plus d'un conte de fées qu'un autre conte de fées. C’était une façon de faire une suite sans vraiment le faire". S'il jette son dévolu sur Cendrillon, c'est parce ce nom est déjà connu du public. "La toute première version de cette histoire date des Egyptiens avec une jeune fille qui se cachait dans l’âtre de la cheminée où le pharaon venait la chercher", raconte Sébastien Durand. Walt Disney choisit de mettre en images le texte du Français Charles Perrault, "l'un des premiers en France à la fin du XVIIe et début du XVIIIe siècle à retranscrire des contes qui se racontaient depuis des siècles", parce que "Cendrillon a un aspect magique très fort".

"C’est une histoire comme Walt Disney les aime à l’époque, celle de la transformation d’une jeune fille par un baiser d’amour et une rencontre. Ça lui permet aussi de mettre en scène des scènes de Blanche-Neige qu’il n’avait pas pu utiliser. Il a toujours regretté qu’il n’y ait pas de véritable de rencontre entre Blanche-Neige et son prince. Il lui manquait cette scène où ils auraient pu tomber amoureux. Cendrillon est née de cette capacité qu’il y avait à installer la relation entre elle et son prince à travers plusieurs scènes, de manière à ce que ce soit moins incompréhensibles qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre"

Des inventions typiquement "Disney"

Porter un conte à l'écran nécessite forcément quelques adaptations. Le matériel de base tient "sur trois et quatre pages", une "succession d’événements pour transmettre une morale". Walt Disney poursuit sur la lancée de Bambi, sorti en 1942, en offrant à Cendrillon une flopée d'amis animaux comme les souris Gus et Jack, les oiseaux et le chien Pataud.  Il va également "créer autour d’elle des personnages qui ont une vraie profondeur psychologique". "La marâtre est une création très mémorable de Disney", note Sébastien Durand. Si le personnage existe dans le conte originel, elle est là "une femme obsédée par l’idée que ses filles doivent réussir,  prête aux pires horreurs pour se débarrasser de Cendrillon." Idem pour les soeurs Javotte et Anastasie. "Ce sont des archétypes bidimensionnels dans le conte, elles n'y sont même pas nommées. La force du dessin animé, c’est de les rendre méchantes mais ridicules". Voilà qui établira le code de conduite des bad guys dans l'univers Disney : "Les méchants y sont mémorables soit par le ridicule soit par la menace qu’ils font peser sur le héros ou l’héroïne"

La scène culte

Cendrillon constitue une prouesse technique pour l'époque, présentant des effets spéciaux alors impossible en prises de vues de réelles. En témoigne la scène dans laquelle la jeune femme voit apparaître sa marraine la bonne fée. L'héroïne se transforme sous un coup de baguette magique, prête à aller rencontrer son prince. Derrière l'écran, la baguette est tenue par la directrice artistique de Walt Disney, Mary Blair. "Sans doute l’artiste féminine qui a le plus inspiré le studio pendant des années", souligne Sébastien Durand. Le dessin animé Cendrillon n'aurait pas été le même sans "son sens des couleurs extraordinaire". "Elle s'était plongée dans les peintures de Fragonard. Walt Disney était subjugué par les études de couleurs qu'elle avait faites du château, de la transformation de la robe". Rien d'étonnant à ce que cette séquence de préparation au bal soit "la préférée" du maestro. "Parce qu'elle symbolise vraiment toute la magie des contes de fées et de l’animation". 

>> "La Belle et la bête" de Bill Condon (2017)

avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans et Josh Gad

disponible sur Disney+ dès le 24 juillet

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