Répression des Ouïghours : Disney s'explique sur le tournage de "Mulan" en Chine

Répression des Ouïghours : Disney s'explique sur le tournage de "Mulan" en Chine
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MALAISE - Après un mois de silence, Disney réagit enfin à la polémique liée au tournage de "Mulan" dans la province du Xinjiang où Pékin est accusé d’abriter des camps de rééducation de la communauté musulmane ouïghoure. Questionné par un député britannique, un responsable du studio affirme que ce dernier n'était pas au courant des faits lorsque la production a été lancée, en 2017.

C’est une polémique dont la direction de Disney se serait sans doute bien passée. Le 4 septembre, la firme aux grandes oreilles mettait Mulan à disposition des abonnés de sa plateforme de streaming Disney+ après avoir renoncé à sortir le film au cinéma en raison de la pandémie de coronavirus. Très vite, plusieurs internautes vont s'étonner de découvrir, dans le générique de fin, des remerciements à huit organismes gouvernementaux de la province du Xinjiang, en Chine, où une partie du long-métrage a été tournée. 

Parmi eux, le bureau de la sécurité publique de la ville de Turpan où, d’après plusieurs associations de défense des droits de l’Homme, Pékin abriterait une douzaine de camps détenant de manière arbitraire plus d’un million de personnes, membres de la communauté musulmane ouïghoure, afin de les "rééduquer". Des faits dénoncés par de nombreuses démocraties occidentales dont la France qui par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drihan, a demandé l’été dernier l’envoi d’une mission internationale.

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La major américaine avait jusqu’ici refusé de commenter l’affaire publiquement. Mais qu’en était-il en coulisses ? Le député conservateur Iain Ducan Smith, très actif sur le dossier ouïghour, a dévoilé le week-end dernier le contenu d’un courrier que lui a adressé le 7 octobre Sean Bailey, président de la production de Walt Disney Studios. Ce dernier y explique notamment que le tournage de Mulan en Chine n’a duré que 4 jours contre 143 en Nouvelle-Zélande et que les séquences filmées là-bas, pour des raisons d’authenticité, ne dure que 78 secondes sur 1h55 de film.

Dans son courrier, Sean Bailey souligne également que "des centaines multinationales" opèrent en Chine et qu'il leur ait demandé de "se conformer aux lois et réglementations" en vigueur sur le territoire. L'une d'entre stipule la nécessité pour une équipe de film de travailler avec "une société de production locale responsables des permis de tournage". Dans le cas de Mulan, c'est la société Beijing Shadow Times qui a négocié avec les autorités locales en 2017.

Le dirigeant de Disney explique qu'à l'époque, "ni le Royaume Uni, ni le gouvernement américain n'ont mis en garde les entreprises" au sujet de la situation politique dans la région. Ce qui semble vraisemblable puisque si les premiers camps d'internement du Xinjiang auraient été construit en 2014, la Chine en a nié l'existence jusqu'en octobre 2018... plusieurs mois après la fin des prises de vue de Mulan

Enfin concernant les remerciements aux autorités locales, Sean Bailey affirme que la liste a été établie par Beijing Shadow Times, bref que le studio n'aurait eu aucun lien direct avec elles. Des explications qui n'ont guère convaincu Iian Duncan Smith qui dans un tweet, les a jugé "faibles et remplies de platitudes (...) La réalité, c'est que Disney ne voulant pas offenser la Chine, a cédé à ses demandes et refusé de s'élever contre elle."

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