Sortie de "Parasite", la Palme d’or du Festival de Cannes : pourquoi on adore Bong Joon-ho

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GARANTI SANS SPOILER – En salles ce mercredi en France, "Parasite" a tout pour être l’une des Palmes cannoises les plus populaires depuis longtemps. Sans doute parce que le cinéma de Bong Joon-ho renferme ce qu’il y a de meilleur dans le cinéma sud-coréen actuel. Décryptage.

Bong Joon-ho superstar ?  En décernant la Palme d’or à son film "Parasite", le jury du 72e Festival de Cannes a couronné l’un des réalisateurs les plus doués de sa génération, digne représentant d’un cinéma sud-coréen capable de séduire les amateurs de films d’auteur, tout en remplissant les salles des multiplexes.


La preuve : sortie la semaine dernière dans son pays, cette formidable satire de la lutte des classes a déjà réuni plus de 3 millions de spectateurs en quatre jours, marchant sur les traces de "The Host", le plus grand succès de son auteur à ce jour, avec 13 millions de spectateurs en 2006. Presque autant qu'"Avatar" !


En France, le film a déjà fait l’objet de plusieurs dizaines avant-premières, pleines à craquer avant sa sortie officielle, ce mercredi 5 juin. Si la réputation de Bong Joon-ho n’est plus à faire auprès des cinéphiles, "Parasite" a tout pour élargir le cercle de ses fidèles. LCI vous livre les clés de sa filmographie, aussi impeccable qu'addictive...

Son art de mélanger les genres

Bong Joon-ho, 49 ans, a réalisé 7 films en près de 20 ans. Moins stakhanoviste que certains de ses collègues, il a besoin de se renouveler dans la forme pour trouver l’inspiration, même si les thèmes qu’ils abordent restent sensiblement les mêmes. Ce qui explique pourquoi il s’est déjà essayé à la comédie ("Barking Dog"), au polar ("Memories of Murder"), au drame ("Mother"), à la SF ("Snowpiercer", d’après la BD française "Le Transperceneige") et par deux fois au film de monstre ("The Host" et "Okja"). "Parasite" est à la croisée des chemins, avec cette fois un art vertigineux du huis clos où les relations humaines font mal. Très mal.

Son regard acéré sur la société

Avant de réaliser ses premiers court-métrages, Bong Joon-ho a étudié la sociologie. Ce qui explique sans doute pourquoi il adore croquer les grandes névroses et les petits travers de ses contemporains, confrontés à la violence du système. La police, l’armée, la justice, les médias… Tout le monde en prend pour son grade. Dans "Parasite", c’est l’écart grandissant entre riches et pauvres qu’il dénonce, aussi impitoyable avec le mépris des premiers qu’avec l’envie des seconds. On sent bien sûr vers qui va sa préférence. Mais son cinéma n’est jamais manichéen, ce qui le rend d’autant plus imprévisible. 

Son sens inné du spectacle

En interview, Bong Joon-ho vous parlera volontiers de politique, d’écologie ou d’économie. Mais ce solide gaillard au sourire permanent cherche avant tout à divertir, l’une des grandes forces du cinéma sud-coréen de manière générale. C’est pourquoi ses intrigues machiavéliques, dignes des meilleurs thrillers littéraires, réservent toujours la place à de purs instants de magie visuelle qui n’ont rien, mais alors vraiment rien à envier aux superproductions hollywoodiennes. Il y en a plein dans "Parasite", mais on vous laissera juger par vous-mêmes…

Son grand cœur aussi

Même si on ne peut pas lui reprocher de faire dans le mélo, le cinéma Bong Joon-ho conserve toujours une dimension sentimentale, limite mièvre diront ses rares détracteurs. Avec cette idée récurrente que les liens qui unissent les parents à leurs enfants sont plus forts que tout. C’est cette mère courage qui lutte pour défendre son fils handicapé, accusé de meurtre dans "Mother". Ou ce père débonnaire qui brave un blocus militaire pour tirer sa fille des griffes du monstre dans "The Host". "Parasite" n’échappe pas à la règle avec ces deux familles capables d’aller (très) loin pour assurer l’avenir de leur progéniture.

>> Parasite, de Bong Joon-ho. Avec Avec Song Kang-Ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong. En salles mercredi.

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