"Aladdin", c'est lui : qui est Mena Massoud, le prince vegan du nouveau Disney ?

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RENCONTRE - C’est à Mena Massoud, un Canadien d’origine égyptienne de 27 ans, que Guy Ritchie a confié le rôle principal de "Aladdin", son adaptation live du classique de Disney en salles ce mercredi. LCI a rencontré ce jeune talent dont le mode de vie et les convictions dénotent avec la majorité des jeunes talents hollywoodiens.

Dans un passé encore récent, Disney n’aurait pas hésité à confier le rôle d’Aladdin à un comédien blanc. Souvenez-vous de "Gods and Kings de Ridley Scott" où Christian Bale et Joe Edgerton incarnaient respectivement Moïse et Ramsès. C’était il y a cinq ans seulement, et dans son combat pour l’inclusion des minorités et la lutte contre les discriminations, le cinéma américain a fait de gros progrès. Mena Massoud, la star du film de Guy Ritchie, en sait quelque chose, lui qui avoue que le gentil brigand qui séduit la princesse Jasmine était le seul personnage Disney qui lui ressemblait lorsqu’il était enfant. 

"Hollywood était très différent de ce qu’il est aujourd’hui, même s’il y a encore beaucoup de travail à faire", nous raconte-il depuis le palace parisien où l'équipe du film a pris ses quartiers. "Il y a certaines minorités qui s’en sortent bien, et d’autres qui ne sont pas du tout dans la lumière. Ce que j’espère, c’est qu’en voyant ce film, des gamins qui me ressemblent seront inspirés et se diront qu’ils peuvent réaliser leurs rêves dans le cinéma. Qu'ils soient d'origine arabe, indienne ou autre. Qu’ils veulent devenir acteur, réalisateur ou scénariste, peu importe."

Lorsque nous étions enfants, avec mes soeurs, nos parents nous ont élevé dans le respect des traditions, ils nous parlaient en arabe à la maison et j’allais prier trois fois par semaine à l’église- Mena Massoud

Courtois mais déterminé, Mena Massoud a triomphé d’un long processus de casting pour donner la réplique au génie exubérant incarné par Will Smith. "Je ne me suis pas mis la pression parce que j’ai souvent essuyé des refus depuis dix ans que je fais ce métier. Parfois j'en avais le cœur brisé, avoue-t-il. "Être auditionné sur celui-là était déjà un progrès. Ce qui a fait la différence, c’est que je suis d’abord un acteur, et ensuite un chanteur et danseur. Or les producteurs ont passé beaucoup de temps à chercher l’inverse. Mon niveau de chant était assez moyen, mais j'ai bossé dur pour interpréter les chansons du film !".

Né au Caire en 1991, dans une famille de chrétiens coptes qui a quitté l’Egypte pour le Canada lorsqu’il était encore enfant, Mena Massoud n’a jamais tourné le dos à sa culture, au contraire. "Lorsque nous étions enfants, avec mes sœurs, nos parents nous ont élevé dans le respect des traditions, ils nous parlaient en arabe à la maison et j’allais prier trois fois par semaine à l’église parce qu’on fait comme ça en Egypte. Pareil avec la nourriture. Je me rappelle parfois avoir été embarrassé parce que je mangeais des choses qui avaient l’air 'différentes' pour les autres élèves."

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L’alimentation, c’est l’autre combat de Mena Massoud. Depuis un an, le comédien a adopté un régime vegan à base de plantes. Et crée une société baptisée EvolvingVegan pour en faire la promotion auprès du grand public, qui en a parfois "une image un peu trop stricte". "Sur un film comme Aladdin, on bosse 15 heures par jour et ça me permet de tenir le rythme. J’ai les idées claires, je me sens léger", explique-t-il. "J’ai grandi dans un foyer égyptien où je mangeais toutes sortes de viandes. Du foie de veau, des rognons, de la cervelle, de la langue de bœuf... Le jour où j’ai adopté une alimentation vegan, j’ai vraiment senti une différence."

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