VIDÉO - François Ozon : "La force de l’amour est la même, quel que soit le sexe ou le genre"

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INTERVIEW - Après "Grâce à Dieu", François Ozon revient avec "Été 85", une romance passionnelle entre deux garçons, inspirée d’un roman qui avait fasciné le cinéaste lorsqu’il était ado. Il s’est confié au Kestuf’ de LCI.fr

François Ozon n’est jamais tout à fait là où on l’attend. L'an dernier, le cinéaste français signait l’un des films les plus graves de sa carrière, l’un des plus engagés aussi puisque Grâce à Dieu s’attaquait à la pédophilie dans l’Eglise à travers la mise en scène du témoignage de plusieurs hommes accusant le  père Bernard Preynat de les avoir violés lorsqu’ils étaient enfants. Les avocats de ce dernier avaient tenté d’en faire repousser la sortie, en vain, une bataille judiciaire comme le cinéaste n’en avait jamais connue dans sa carrière. Condamné à cinq ans de prison ferme en mars dernier, l’ex-prêtre a fait appel de la décision. 

C’est dans un registre plus léger, du moins en apparence, que François Ozon revient cette semaine avec Été 85. Un film qui devait être présenté au 73e Festival de Cannes, en mai dernier, une édition annulée en raison de la pandémie de coronavirus. Il débarque ce 14 juillet dans les salles avec la lourde tâche de rebooster une fréquentation en berne depuis leur réouverture le 22 juin. Alors qu’il s’apprête à retrouver le chemin des plateaux avec Sophie Marceau et André Dussolier, il s’est confié au Kestuf’ de LCI, un entretien à découvrir dans la vidéo ci-dessus.

Ce que j’aimais, c’est que c’était un livre qui racontait deux conceptions de l’amour. Une vision très idéalisée, très naïve, innocente. Et une vision beaucoup plus mature, peut-être plus cynique- François Ozon

Été 85, c’est l’adaptation d’un roman de l’écrivain anglais Aidan Chambers sorti en 1981, que François Ozon a lu à l’époque. Le cinéaste en a transposé l’intrigue du Southend on sea à la Normandie pour raconter l’histoire d’Alexis (Félix Lefebvre), 16 ans, qui après avoir chaviré lors d’une sortie nautique, est secouru par David (Benjamin Voisin), un garçon plus âgé qui vit seul avec sa mère excentrique (Valeria Bruni Tedeschi) depuis la mort de son père. C’est le début d’une relation qui va marquer le jeune garçon à jamais. "J'avais envie de revenir à quelque chose de plus léger, de plus solaire", confie le le cinéaste.

 "Ce que j’aimais, c’est que c’était un livre qui racontait deux conceptions de l’amour. Une vision très idéalisée, très naïve, innocente. Et une vision beaucoup plus mature, peut-être plus cynique", précise François Ozon, aujourd’hui âgé de 52 ans. "La force de cette histoire, c’était la confrontation entre ces deux visions. C’est ça qui m’a plus en le relisant et que j’ai voulu vraiment raconter", ajoute le cinéaste qui se l'est appropriée en mélangeant drame sentimental, humour noir et intrigue policière avec une fluidité remarquable.

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Sur la forme, Été 85 a de faux airs d’album souvenirs, avec sa collection de tubes de Rod Stewart, The Cure, Jeanne Mas et Bananarama, magnifié par la splendide lumière vintage du chef opérateur Hicham Alaouie. Sur le fond, c’est une romance très actuelle qui "ne problématise jamais l’homosexualité mais qui en fait quelque chose de très naturel", souligne François Ozon, qui se défend d’avoir voulu faire un film communautaire, bien au contraire. "C’est une histoire d’amitié passionnelle et elle est vécue comme ça. Que ce soit deux garçons, ou que ce soit deux filles, ou un garçon une fille, ça ne change pas grand-chose. La force des sentiments, la force de l’amour est la même, quel que soit le sexe ou le genre." 

>> Été 85, de François Ozon. Avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Valeria Bruni Tedeschi. En salles mardi

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