VIDÉO - Renée Zellweger : "J’adorerais voir Judy Garland sur Twitter"

VIDÉO - Renée Zellweger : "J’adorerais voir Judy Garland sur Twitter"

INTERVIEW – Méconnaissable dans le biopic consacré à Judy Garland au cinéma le 26 février, l’actrice américaine a donné de sa personne et surtout de sa voix pour incarner l’icône hollywoodienne. LCI l’a rencontrée quelques jours avant qu’elle ne reçoive l’Oscar de la meilleure actrice.

Elle est rodée à l'exercice. Depuis septembre, Renée Zellweger enchaîne les rencontres avec la presse pour parler du rôle de sa vie. L'expression n'est pas usurpée tant son interprétation de Judy Garland dans "Judy" a remis dans la lumière l'actrice américaine qui s'est faite oublier pendant six ans avant de revenir sur les écrans avec "Bridget Jones Baby" en 2016.

Elle y incarne la star hollywoodienne révélée par "Le Magicien d'Oz" lors de l'hiver 1968, qui la voit s'envoler à Londres pour une série de concerts qui doit lui permettre de renflouer ses comptes. Grande favorite des Oscars dès les premières projections du film, Renée Zellweger est repartie avec la statuette de la meilleure actrice le 9 février. Mais elle ne semblait pas trop préoccupée par les récompenses au moment de notre rencontre, quatre jours plus tôt. Souriante, chaleureuse et passionnante.

LCI : On parle d’elle comme d’une icône, d’une légende. Qu’est-ce qui rend Judy Garland si phénoménale?

Renée Zellweger : La combinaison de qualités qu’elle a reçue est unique. Et la manière dont elle utilisait son don pour inspirer, faire preuve d’empathie, offrir à ceux qui se sentaient différents et ostracisés un sentiment d’appartenance, leur montrer qu’on les voyait… Quel cadeau, pas vrai ?

Vous êtes devenue Judy pour le film mais dans le même temps, vous deviez rester Renée. Le maintien de cet équilibre entre votre personnage et votre personne a t-il été la partie la plus difficile de ce rôle ?

Je ne sais pas, je n’ai pas pensé à moi pendant ce processus. Je me suis en quelque sorte extraite de tout ça. Je regardais autour, toutes ces choses qu’on avait collectées tous ensemble sur le plateau. Nous avons rassemblé quelques trésors, tout ce qui semblait essentiel pour faire apparaître l’essence de Judy. C’était palpable sur le plateau. Les matériaux de son héritage étaient partout, tout le temps. Inconsciemment, j’ai pris un peu de tout ça tous les jours. C’est tout.

À chaque fois que je pense à elle, même ses moments les plus vulnérables, je vois sa détermination à aller à la prochaine étape- Renée Zellweger

Vous chantez vous-même les plus grands titres de Judy Garland. Votre expérience dans la comédie musicale "Chicago" vous a-t-elle aidé à façonner votre voix pour ce film ?

Ça m’a donné un point de départ parce je ne n’avais rien fait de tel jusque-là. Donc c’était un peu familier pour moi au moment de tourner "Judy". Mais la manière de chanter était très différente. Roxie Hart, mon personnage dans "Chicago", a une voix différente. Elle a ma petite voix. Je ne savais pas que je faisais tout mal (elle rit). J’ai dû construire, transformer un peu ma voix pour réaliser ses prestations. Mais je n’avais jamais essayé avant et des fois on doit apprendre de nouvelles choses, non ?

"Judy" est un portrait intime de l’actrice mais le film dit aussi beaucoup de la manière dont Hollywood abîme ses jeunes stars. "C’est ton job de faire rêver les gens", lui rabâche le patron de la MGM. Pensez-vous que Judy Garland a été un élément déclencheur pour un meilleur traitement des jeunes talents ?

Elle a sans doute fait partie de la leçon que nous avons tirée. La situation est très différente maintenant. Ça ne veut pas dire que ça n'arrive plus jamais quand il y a un déséquilibre de pouvoir qui permet une exploitation, mais ce n’est pas propre à Hollywood. À l’époque, on parlait d’un système tellement fermé et éloigné du public, personne n'y avait accès. Et quand vous étiez des rêveurs plein d’espoir qui voulaient faire partie de cette industrie, qui était alors si importante dans notre culture au niveau international, que n’auriez-vous pas fait ? Vous ne l’auriez pas vu nécessairement comme de l’exploitation. Quand quelqu’un vous donne une substance, ils cherchent à vous aider mais ignorent totalement les conséquences à long terme. Idem pour le fait de suggérer un modèle de beauté très restreint et les dégâts que ça provoque sur l’esprit d’un enfant. Il y avait tellement d’ignorance sur la question à ce moment-là. J'espère que nous avons avancé, que l’histoire est allée un peu dans la bonne direction.

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Comment Judy Garland s’en serait-elle sortie en 2020 ?

Je crois qu’elle se serait beaucoup amusée. J’adorerais voir Judy sur Twitter (elle rit).

Vous avez souvent parlé de la force et de la résilience de Judy Garland. C’est ce que vous garderez avec vous de ce tournage, en tant qu’actrice et en tant que femme ? 

Oh oui, tout le temps. À chaque fois que je pense à elle, même ses moments les plus vulnérables, je vois sa détermination à aller à la prochaine étape. Ça faisait partie d’elle. Je ne sais pas si ça venait du fait qu’elle ait grandi dans le milieu du show-business, si elle était juste née comme ça ou si c'était un tissu cicatriciel qu’elle s’était construit au fil des années. Mais c’était indéniable.

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"Judy" de Rupert Goolde

avec Renée Zellweger, Jessie Buckley, Finn Wittrock et Rufus Sewell

en salles le 26 février

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