"Une sirène à Paris" : pourquoi on craque pour cette romance "fantastique et magique mais ancrée dans le réel"

"Une sirène à Paris" : pourquoi on craque pour cette romance "fantastique et magique mais ancrée dans le réel"

ON ADORE - Mathias Malzieu, leader de Dionysos et réalisateur du déjà poétique "Jack et la mécanique du coeur", signe une tendre adaptation de son roman "Une sirène à Paris", de retour en salles ce lundi 22 juin. Une oeuvre singulière dans le paysage cinématographie actuel dont nous avions parlé en mars avec ses héros, Marilyn Lima et Nicolas Duvauchelle.

Un rayon de soleil dans la grisaille ambiante. Privé de rencontre avec les spectateurs par le coronavirus qui a refermé les salles de cinéma trois petits jours après sa sortie en mars, "Une sirène à Paris" replonge à la conquête du public dès ce lundi 22 juin pour notre plus grand plaisir. D'une poésie folle, le film de Mathias Malzieu risque de diviser tant son esthétique très 50s et ses choix artistiques détonnent. Le chanteur de Dionysos, qui passe pour la première fois derrière la caméra pour un long métrage en prises de vue réelles, nous conte avec douceur une histoire qu'il a lui-même écrite et publiée avec succès en février 2019 chez Albin Michel.

"C'est un univers très réaliste dans lequel il y a des petites pointes de poésie. Enfin, des petites pointes... Des gros coups de pinceaux, même, de poésie et de magie. C'est ce qu'on voulait avec Mathias. Faire quelque chose de fantastique et de magique, mais ancré dans le réel", nous explique Nicolas Duvauchelle, qui incarne Gaspard, un chanteur qui a cessé de croire en l'amour jusqu'à une rencontre décisive sur les quais de Seine avec la troublante Lula.

Au début, j'ai reçu ça et je me suis dit : 'Qu'est-ce que c'est que ce truc ?' Puis j'ai été complètement emporté- Nicolas Duvauchelle

Un héros mélancolique mais toujours positif, "bienveillant mais pas naïf" selon son interprète. Presque un double de fiction du réalisateur. "C'est ça être surprisier, savoir transformer le réel en quelque chose de magique mais sans forcément être magicien. Savoir s'enchanter de petites choses", poursuit-il à propos de ce néologisme qui qualifie les personnages vivant avec émerveillement et panache dans "Une sirène à Paris". 

"On ne voulait pas quelque chose de mièvre non plus, pas un truc trop cucul-la-praline comme on dit", prévient celui qui s'est tout de même interrogé avant de lire le scénario. "Au début j'ai reçu ça et je me suis dit : 'Qu'est-ce que c'est que ce truc ?' Puis j'ai été complètement emporté et j'ai rappelé très vite Mathias. Ça fait du bien de faire des films comme ça", insiste-t-il, heureux de mettre de côté le rôle d'écorché vif qui lui colle à la peau pour un projet plus familial. "Je vais pouvoir emmener mes filles (Bonnie, 13 ans et Romy, 7 ans, ndlr) à l'avant-première et ça, c'est une grande première ! Je suis bien content", sourit-il lors d'une rencontre organisée début mars sur une péniche qui aurait pu servir de décor au film, dans un Paris fantasmé rappelant celui cher à Amélie Poulain.

C'était important qu'on crée une sirène qui est complètement différente de ce qu'on connaît, du mythe et du dessin animé. On a essayé de faire un mélange de tout ça- Marilyn Lima

C'est près du Flowerburger, la péniche-cabaret où Gaspard se produit tous les soirs, qu'échoue donc Lula. Une créature invoquant la candeur de la petite Ariel de Disney et la noirceur de celles qui conduisent les marins vers une mort certaine. "C'était important qu'on crée une sirène qui est complètement différente de ce qu'on connaît, du mythe et du dessin animé. On a essayé de faire un mélange de tout ça", souligne Marilyn Lima dont la transformation nécessitait deux heures de maquillage par jour et le port d'une fausse queue pas toujours agréable. Son alchimie avec Nicolas Duvauchelle fait oublier quelques faiblesses scénaristiques. Les deux comédiens semblent comme deux poissons dans l'eau dans cette histoire d'amour impossible qu'on sait pourtant vouée à l'échec. Et donnent même de la voix pour un chant des sirènes des plus envoûtants.

Tous les deux ont retrouvé en studio Mathias Malzieu un mois avant le tournage entre Paris et le Monténégro pour enregistrer trois chansons. "Je connais l'univers de studio parce que j'avais un groupe de métal avant. Mais c'est vrai que là, c'était autre chose", raconte l'acteur qui a trouvé l'expérience "difficile" mais "géniale". À croire que Nicolas Duvauchelle est, comme son Gaspard, un "crooner de salle de bain" ? "Complètement. J'adore la musique, j'en écoute du soir au matin (...). Oui, je chante sous la douche. Au grand dam des voisins parce que je ne suis pas sûr de chanter très bien", lâche-t-il. Qu'il se rassure, son musicien au cœur tendre a frappé le nôtre de plein fouet.

"Une sirène à Paris" de Mathias Malzieu

avec Marilyn Lima, Nicolas Duvauchelle, Rossy de Palma, Romane Bohringer, Tchéky Karyo et Alexis Michalik

en salles le 22 juin

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