Giacometti au Musée Maillol : comment le sculpteur de "L'Homme qui marche" a emboîté le pas de ses aînés

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SCULPTURE – La fondation Maillol accueille jusqu'au 20 janvier l'exposition "Giacometti, entre tradition et avant-garde". L'occasion de (re)découvrir l'artiste suisse sous un nouveau jour.

La copie était son obsession. Le musée Maillol propose jusqu'au 20 janvier "Giacometti, entre tradition et avant-garde", une exposition passionnante autour de l'artiste suisse. Célèbre dans le monde entier, en particulier grâce à "L'Homme qui marche", l'œuvre d'Alberto Giacometti ne se résume pourtant pas à ses sculptures de bronze longilignes à forme humaine, à la fois fascinantes et effrayantes. 

"Cette exposition n'est pas une rétrospective de l'œuvre de l'artiste mais un regard sur Giacometti sculpteur. On essaie de voir les rapports qu'il a pu entretenir avec d'autres sculpteurs contemporains ou plus âgés, qu'il les ait ou non connus", nous explique Thierry Pautot, co-commissaire de l'exposition. "L'idée est de comprendre comment le style de Giacometti a pu évoluer en fonction des rencontres qu'il a pu faire, des influences qu'il a pu avoir, et notamment dans ses premières années en tant qu'étudiant."

"Je suis convaincu que la copie d'un chef-d'œuvre est la meilleure école qui soit pour tout artiste qui décide d'en réaliser"Alberto Giacometti

Arrivé à Paris en 1922 alors qu'il est à peine âgé de 21 ans, cet autodidacte qui réalise ses premières sculptures à l'âge de 13 ans se forme à l’Académie de la Grande Chaumière, à Montparnasse. Fils du peintre Giovanni Giacometti, il entretient durant des années avec son père une correspondance foisonnante dans laquelle il lui parle de son travail et des difficultés qu'il rencontre. Et pour apprendre, Alberto Giacometti copie les artistes qu'il admire. "La copie est-elle autre chose que la tentative d'extraire le plus possible de la rencontre avec une œuvre d'art ? Je suis convaincu que la copie d'un chef-d'œuvre est la meilleure école qui soit pour tout artiste qui décide d'en réaliser", expliquait-il.    

Réunissant plus de cinquante sculptures du maître, l'exposition propose de poser un nouveau regard sur l'œuvre de Giacometti en initiant un dialogue entre ses sculptures et celles d'artistes qui l'ont inspiré comme Antoine Bourdelle, Aristide Maillol, Jacques Lipchitz, Charles Despiau ou encore Rodin, à qui il voue une admiration sans borne. 

Le résultat est étonnant, comme cette "Figure (dite cubiste) I" réalisée vers 1926, qui prend une autre dimension face à la "Baigneuse III" de Jacques Lipchitz datant de 1917 (voir la vidéo) ou encore Les "Trois hommes qui marchent" (1948), qui puisent leur inspiration dans "Les Trois Nymphes de la Prairie",  d'Aristide Maillol (1930-1937). Même le célèbre "Homme qui marche" (1960) trouve un écho troublant dans le "Saint Jean-Baptiste" d'Auguste Rodin" (1882).

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