VIDÉO - Après deux mois de confinement, Joël Dicker dévoile "L’Énigme de la chambre 622"

VIDÉO - Après deux mois de confinement, Joël Dicker dévoile "L’Énigme de la chambre 622"
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ENTRETIEN - L’écrivain suisse Joël Dicker est de retour en librairies ce mercredi avec "L’Énigme de la chambre 622", un roman policier qui se déroule en partie dans un palace de la station de ski de Verbier, chère à l’éditeur qui l’a découvert, le regretté Bernard de Fallois. Un hommage à travers la fiction dont il a confié les clés à LCI depuis le bureau où il écrit, à Genève.

C’est deux mois presque jour pour jour après sa date de sortie initiale que le nouveau roman de Joël Dicker arrive en librairies. L’épidémie de coronavirus est passée par là et l’écrivain suisse a patiemment attendu des jours plus propices pour lever le voile sur "L’Énigme de la chambre 622", successeur de "La Disparition de Stephanie Mailer", le roman francophone le plus lu de 2018. "Chez nous, le confinement était volontaire", nous raconte l’intéressé depuis son bureau genevois.

 "Les Suisses ont ce côté très responsable, très germanique qui fait que le Conseil fédéral, notre gouvernement, nous a demandé de rester chez nous sans l’imposer. Depuis le 11 mai les commerces ont rouvert, la vie a repris quasiment normalement avec quand même les masques, les gestes de sécurité, et une certaine distance entre les tables au restaurant."

Coïncidence savoureuse, c’est en Suisse que Joël Dicker a choisi d’inscrire sa nouvelle intrigue, une première après trois fictions ancrées Outre-Atlantique. "Ça faisait longtemps que j’essayais de parler de la Suisse", avoue l'écrivain depuis son bureau de Genève, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

"Les Etats-Unis, et surtout la Côte est que je connais bien, me permettaient de créer de la distance entre moi Joël qui écrit et le roman. Il m'a fallu du temps pour faire de la ville où je vis un personnage avec de l’imaginaire, de l’émotion et des sentiments."

Le point de départ, c’est Bernard de Fallois, mon éditeur. Le succès de "L'Affaire Harry Québert", c’est grâce à lui.- Joël Dicker

Si "L’Énigme de la chambre 622" est une œuvre de fiction, Joël Dicker s’amuse à brouiller les pistes en mettant en scène un auteur suisse, un certain Joël, qui après avoir commencé à écrire au sujet de son éditeur, le regretté Bernard De Fallois, enquête sur un meurtre commis dans le somptueux palace de Verbier, situé dans la station de ski du même nom. Le lecteur ne connaît pas l’identité de la victime, sinon qu’elle gravite autour d’une puissante banque familiale. Dès lors, le vrai, le faux, le passé et le présent s’entremêlent au fil des coups de théâtre orchestrés par l'auteur.

"Le point de départ, c’est vraiment Bernard. Je voulais parler de lui parce qu’il a été très important pour moi. Le succès de "L'Affaire Harry Québert", c’est grâce à lui", avoue l’écrivain suisse au sujet de cette figure de l’édition parisienne, décédée en janvier 2018 à l’âge de 91 ans, peu avant la parution de "La Disparition de Stephanie Mailer". "Je me suis dit que la plus belle façon de lui rendre hommage, ce serait de le faire à travers la fiction, entrecoupée du récit de vrais moments que nous avons passés ensemble."

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Joël Dicker n’avait que 26 ans lorsqu’il a fait la connaissance de celui qui fut l’éditeur de Marcel Pagnol et de Georges Simenon. Et qui pariera, des années plus tard, sur le thriller d'un illustre inconnu au physique de jeune premier. Entre les deux hommes s’était nouée une relation quasi-filiale que "L’Énigme de la chambre 622" semble rejouer à travers l’admiration du propriétaire du palace Verbier envers l’un de ses jeunes employés. L’établissement, théâtre du crime, est en revanche une pure invention de l’écrivain.

 "Lorsqu’il allait rendre visite à Simenon, à Lausanne, Bernard allait ensuite passer quelques jours à Verbier, dans un hôtel dont je ne me souvenais plus du nom", révèle Joël Dicker. "Alors je me suis dit que j’allais en inventer un pour récréer ce lien avec lui. Il m’avait promis qu’il m’y emmènerait un jour et je me suis dit que situer une partie de l’action là-bas, c’était une façon de faire ce voyage un peu avec lui quand même."

Frustré de ne pas pouvoir rencontrer ses lecteurs

Si "L’Énigme de la chambre 622" a tout pour connaître le même succès que ses prédécesseurs, Joël Dicker regrette de ne pas pouvoir aller à la rencontre de ses lecteurs dans les libraires, dans les prochaines semaines. "Un roman, c’est deux ou trois ans de travail au cours desquels je suis vraiment seul. J’écris à ma table, à mon bureau. Je suis confiné à l’année. Et ne pas pouvoir vivre cette sortie vers l’autre, c’est quelque chose qui m’attriste. Avec, encore plus difficile, le fait qu’on ne sache pas quand ça reprendra."

>> "L’Énigme de la chambre 622", de Joël Dicker. Editions Bernard de Fallois. 573 pages. 23 euros

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