VIDÉO - "La" Covid, déconfinement… L’Académie française passe au crible les mots de la pandémie

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LANGUE FRANÇAISE - Pour l’Académie française, il convient de dire et d'écrire "la" Covid et non pas "le" Covid. Dans une série d’avis publiés sur son site Internet, l’institution vient rappeler quelques règles essentielles au sujet des mots utilisés depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Depuis le début de la pandémie, il a été employé à toutes les sauces. Mais quel est, au juste, le genre du mot  "Covid" ?  Du côté de l’Académie française, les sages ont tranché. Dans un avis publié sur le site de l’institution, on apprend qu’il est féminin puisqu’il s’agit de l’abréviation du terme anglais "corona virus disease", qui signifie en français "maladie du coronavirus".

Or l’usage pour les sigles et les acronymes est de leur donner le genre du mot principal, le "noyau". C’est pourquoi on dit et écrit la SNCF (Société nationale des chemins de fer), le C.I.O. (Comité international olympique), la CIA (Central Intelligence Agency) ou encore le FBI (Federal Bureau of Investigation).

"On dépiste la Covid chez les patients"

"Pourquoi alors l’emploi si fréquent du masculin le Covid 19 ?", s’interroge l’Académie française. "Parce que, avant que cet acronyme ne se répande, on a surtout parlé du coronavirus, groupe qui doit son genre au nom masculin virus", explique-t-elle. "Ensuite, par métonymie, on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque. Il n’en reste pas moins que l’emploi du féminin serait préférable."

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 Sur son site, l’Académie française livre également son avis sur d’autres mots et expressions qui squattent l’actualité depuis deux mois. Elle rappelle ainsi qu’on dépiste une maladie, mais pas un malade. Bref il ne faut pas dire qu'on "dépiste les patients Covid". Mais qu'on "dépiste la Covid chez les patients". Compris ? 

Si le "confinement" est vite entré dans les usages, le mot "déconfinement" et le verbe "déconfiner" font encore tiquer certains. Eh bien ils ont tort ! Si le premier est absent du Larousse, il se lit depuis une quarantaine d'années dans les manuels scientifiques. Quand à "déconfiner", son apparition est antérieure à la première édition du Dictionnaire en 1694 puisqu’il figure dès 1688 dans le "Dictionnaire orateur François-Latin-Aleman", où pouvait lire que "déconfiner les ennemis" signifie "les repousser à la frontière".

Fâchés avec la conjugaison, vous vous demandiez peut-être s’il faut écrire "gestes barrières" ou "gestes barrière". C’est la première option qui s’impose : "Quand il y a identité entre les deux éléments, les deux prennent la marque du pluriel : on écrit ainsi des danseuses étoiles parce que ces danseuses sont des étoiles", rappelle par exemple l’Académie française.

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Et qu’en est-il de la fameuse "distanciation sociale" ? L’Académie française rappelle qu’il s’agit, dans le contexte de la crise sanitaire, d’une transcription de l’anglais "social distancing". Mais elle la juge "assez peu heureuse" car dans leur ouvrage "Loisir et culture", paru en 1966, les sociologues Joffre Dumazedier et Aline Ripert utilisaient cette expression pour désigner "le refus de se mêler à d’autres classes sociales" que la sienne. "On suppose pourtant que ce n’est pas le sens que l’on veut donner aujourd’hui à ce nom", observe l’Académie, qui préférerait que les médias, et les Français en général, emploient des expressions comme "respect des distances de sécurité", "distance physique" ou "mise en place de distances de sécurité". Chiche ?

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