VIDÉO – Le Kestuf’ d’Alex Lawther ("Les Traducteurs") : "J'ai appris le français pour ce film"

VIDÉO – Le Kestuf’ d’Alex Lawther ("Les Traducteurs") : "J'ai appris le français pour ce film"

INTERVIEW – Héros de la série Netflix "The End of the F***ing World" sur Netflix, le jeune Britannique de 24 ans part à la chasse au hacker dans le thriller aux airs de Cluedo "Les Traducteurs", en salles le 29 janvier. Il revient pour LCI sur cette première expérience internationale, le Brexit et la défense de l'environnement au côté d'Extinction Rebellion. Dans un français parfait, s'il vous plaît.

Son regard peine à trouver la caméra. Comme s'il était trop timide pour affronter le médium qu'il croise tous les jours sur un plateau. C'est pourtant lui qui nous impressionne. Alex Lawther s'exprime dans un français irréprochable, avec un vocabulaire des plus complets. "C'est gentil", glisse-t-il quand on le complimente. L'acteur britannique de 24 ans aime les défis et s'est attaqué à la langue de Molière pour "Les Traducteurs", en salles mercredi 29 janvier.

"J'ai appris le français pour ce film. J’ai passé plusieurs castings avec le réalisateur Régis Roinsard qui s’est battu pour que je fasse partie de l’équipe. Il m’a dit que je devais améliorer mon français, du coup j’ai beaucoup étudié.  C’était un travail assez dur mais ça valait le coup. Le tournage a duré trois mois et c’était assez intense. Ça m’a vraiment beaucoup aider à progresser", raconte-t-il.

À la base, la comédie était un hobby. Je reste épaté que ce soit mon travail- Alex Lawther

Alex Lawther campe un autre Alex - Goodman -, jeune traducteur anglais qui se retrouve enfermé sous étroite surveillance dans une somptueuse demeure avec huit autres collègues européens. Leur mission ? Traduire dans leur propre langue le troisième et dernier tome d'une saga littéraire au succès mondial. Le job de rêve va se transformer en cauchemar quand les premières pages du roman sont mises en ligne par un hacker qui demande une somme colossale pour ne pas publier la suite. 

À l'écran, l'ambiance est glaciale façon Cluedo pour retrouver la taupe. Sur le plateau, c'était autre chose entre les membres d'une équipe cinq étoiles regroupant Lambert Wilson, Olga Kurylenko ("Quantum of Solace"), Riccardo Scamarcio ("Romanzo criminale") ou encore Frédéric Chau ("Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?"). "C'était cool, on a trouvé ce sentiment de famille, de collectif, de troupe. Je crois aussi que c’est pour ça que je fais ce métier, pour jouer avec d’autres comédiens", souligne le benjamin de la bande. 

De quoi lui rappeler ses débuts au théâtre à l'âge de 16 ans. "La troupe avec laquelle j'ai joué ma première pièce était vraiment comme une grande famille. Parfois, quand je tourne un film, ça me manque cette ambiance", regrette-t-il. Huit ans plus tard, ce fils d'avocats a toujours un peu de mal à croire qu'il gagne sa vie en jouant la comédie. "À la base, c'était un hobby. Je reste épaté que ce soit mon travail", reconnaît-il d'un sourire mi-poli, mi-gêné. 

Ses premiers pas au cinéma,  Alex les fait en 2014 dans "Imitation Game", où il campait le jeune Alan Turing. Un tournant dans sa carrière naissante. "C’est drôle parce que j’ai eu seulement trois jours de tournage, donc c’était plus un court-métrage pour moi. Le film a bien marché, mais je n’ai pas eu la responsabilité et la pression de promouvoir le film après", se souvient-il, parlant d'une "expérience plutôt tranquille". 

Les choses étranges sont plus évidentes à jouer que les choses banales. Du coup, je suis facilement attiré par ce qui est un peu en dehors de la norme- Alex Lawther

Sa prestation débouche tout de même sur le prix de "Meilleur acteur britannique de l'année", remis par le London Film Critics Circle. "Improbable", note-t-il. Alex Lawther marque ensuite les esprits dans un épisode choc de "Black Mirror" (2016), où un hacker le fait chanter pour ne pas rendre publique une vidéo de lui se masturbant. Puis sa popularité explose avec l'arrivée sur Netflix de la série "The End of the F***ing World", dans laquelle son personnage se lie d'amitié avec la camarade de classe qu'il cherchait à tuer.  "Les choses étranges sont plus évidentes à jouer que les choses banales. Du coup, je suis facilement attiré par ce qui est un peu en dehors de la norme", nous explique-t-il. 

De "Imitation Game" à "Freak Show", en passant par "Departure", Alex Lawther a incarné à plusieurs reprises des héros LGBT. Mais ce n'est pas par militantisme qu'il choisit ses rôles. "Si l’histoire est intéressante, le personnage est complexe et l’écriture est bonne, c’est ça qui me guide. S’il y a un message avec lequel je suis d’accord, alors tant mieux", assure-t-il. Il ne cache en revanche rien de son combat pour l'écologie, lui qui s'est engagé aux côtés du mouvement Extinction Rebellion.

Au générique du prochain Wes Anderson

"Je crois que beaucoup de personnes, en particulier de ma génération, sont très inquiètes à propos de l’environnement mais ne savent pas comment répondre à cette crise de manière utile. Ce que je trouve séduisant chez Extinction Rebellion, c’est l’idée qu’on peut faire partie de quelque chose de collectif et qu’il s’agit moins de parler que d’agir", insiste-t-il. 

Le hasard veut que"Les Traducteurs", le film le plus européen de sa filmographie, sorte deux jours avant l'entrée en vigueur du Brexit. "C’est triste parce qu’on est toujours plus puissant quand on est ensemble. Janvier, c’est un mois assez triste", lâche-t-il. 

Quand on lui demande si la fin de ce put*** de monde est pour bientôt, il marque une pause. "Je n’espère pas parce que c’est horrible d’y penser. Ça ne va pas bien dans le monde. Donc c’est quelque chose qui nous inquiète, non ? On est d’accord que c’est un moment très étrange pour être sur la planète", souffle-t-il. 

En attendant de voir ce qu'il advient de nous, Alex Lawther sera prochainement à l'affiche de "The French Dispatch" que le réalisateur américain Wes Anderson a tourné en France. "Un tout petit rôle", selon le jeune acteur qui ajoute que "sa petite partie était seulement en anglais malheureusement". Cet été, il jouera "Hamlet" à New York. Être ou ne pas être... Une réflexion plus que jamais d'actualité.

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