VIDÉO - "Madame rêve", "Pourvu qu'elles soient douces"... connaissez-vous les secrets de ces chansons coquines ?

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SEA SEX & SUN - L'exposition "Les Petites histoires des chansons coquines", mise en ligne cet été par la Sacem, nous rappelle que bon nombre de titres ayant cartonné au hit parade recèlent en réalité un sens bien caché. De France Gall à Alain Bashung, petit passage en revue.

Qui dit l’été, dit ritmo de la noche. Dans son musée virtuel, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a mis en ligne en juillet "Les Petites histoires des chansons coquines", une exposition temporaire consacrée aux titres coquins et érotiques, signés par les plus grands interprètes du répertoire français et international. 


Cette playlist cul(te) regroupe des dizaines de musiques connues, célébrant le désir dans tous ses états et l’amour sous toutes ses formes, permettant de fantasmer, de danser un slow, de séduire, de déclarer sa flamme, de sublimer les préliminaires, de s’abandonner aux jeux de l’amour, de s’offrir du plaisir en solitaire. Mais elle rappelle incidemment que vous écoutez aussi parfois des chansons populaires sans forcément vous douter du contenu licencieux qu’elles revêtent. En voici six que vous connaissez sans doute mais que vous n’écouterez plus de la même façon. 

France Gall - "Les Sucettes" (1967)

Elle chante : 

"Annie aime les sucettes

Les sucettes à l'anis 

Les sucettes à l'anis d'Annie 

Donnent à ses baisers

Un goût anisé

Lorsque le sucre d'orge

Parfumé à l'anis

Coule dans la gorge d'Annie

Elle est au paradis"


La vérité : France Gall, née en 1967, entame une nouvelle collaboration avec Serge Gainsbourg après Poupée de son (1965). Persuadée que la chanson relate un de ses souvenirs de vacances, elle la chante au premier degré sans se douter que, chez le compositeur, il s'agit ni plus ni moins qu'une description de la pratique de la fellation. 

Lio - "Banana Split" (1979)

Elle chante

"Baisers givrés, sur les montagnes blanches

Na na na,

On dirait que les choses, se déclenchent,

Na na na

La chantilly s'écroule en avalanche

Banana, banana, banana, na na na"


La vérité : Le titre est, dans le sens premier un classique dessert et dans son sens caché... un sexe masculin. Si l'on écoute attentivement les paroles, la chanson se termine par l'avalanche de la chantilly équivalente à la jouissance masculine. Contrairement à France Gall, Lio n'était pas dupe. 

Mylène Farmer - "Pourvu qu’elles soient douces" (1988)

Elle chante

"Le nec plus ultra

En ce paysage

C'est d'aimer les deux côtés"


La vérité : Cette chanson, aux paroles à double sens, fait référence à une série de photographies de Robert Doisneau, Regard oblique, mais propose en filigrane un panégyrique de la sodomie au travers d’allusions et de sous-entendus bien sentis. 

Alain Bashung - "Madame Rêve" (1991) / "Ma petite entreprise" (1994)

Il chante : 

"Madame rêve d'atomiseurs

Et de cylindres si longs

Qu'ils sont les seuls

Qui la remplissent de bonheur…" (in Madame rêve)


"Et mes doigts de palper

Palper là cet épiderme

Qui fait que je me dresse

Qui fait que je bosse." (in Ma petite entreprise


La vérité : Dans Madame Rêve, Alain Bashung, aidé du parolier Pierre Grillet, évoque avec sa voix bleu nuit, au gré d'une partition hypnotique et d'un texte sublime, la masturbation féminine. Pour Ma petite entreprise, c'est plus équivoque : en apparence, il s'agit du discours d’un chef d’entreprise qui raconte ses difficultés à maintenir son affaire en place ; en substance, ce monde de l’entreprise a été interprété comme un cache-sexe pour décrire la force d'un sexe qui ne "connaît pas la crise". 

Alain Chamfort - "Clara veut la lune" (1993)

Il chante : 

"Clara veut la lune

Il m'arrive de refuser

Quand j'ai rangé la fusée

Au garage et dehors y a d'l'orage

Clara veut la lune

Moi qui suis plus terre à terre

Je vois bien que ça l'atterre"


La vérité : Vous pensiez en écoutant la chanson que Clara voulait juste que son petit ami l'emmène littéralement au même endroit que Neil Amstrong. Or, une lecture plus grivoise, volontiers renforcée par la plume de Jacques Duvall à qui l'on doit... Banana Split, suggère que notre Clara a surtout des fantasmes moins terre à terre. 

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