VIDÉO - "RuPaul's Drag Race a mis la culture drag en première ligne" : rencontre avec les queens Kameron Michaels et Asia O'Hara

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SUPER QUEENS - Reines de la nuit depuis des décennies, les drag queens sont également reines du petit écran depuis 10 ans dans l'émission animée par RuPaul et disponible sur Netflix en France. Le succès est tel qu'une tournée mondiale a également vu le jour. LCI s'est glissé dans les coulisses du Casino de Paris où la troupe a fait salle comble trois soirs de suite cette semaine.

Un sequin rouge par-ci. Un escarpin doré par-là. Et des portants qui débordent de costumes plus imposants les uns que les autres. Les drag queens les plus populaires de la télévision ont pris possession du Casino de Paris du 12 au 14 mai avec leur "Werq the World Tour", et ce jusque dans les moindres recoins de la mythique salle de spectacle. Trois shows qui ont très rapidement affiché "sold out" et qui ont rassemblé près de 4000 aficionados.


Sur scène ? Des artistes à la fois touchants et exubérants que le public a découverts dans "RuPaul's Drag Race", une émission de téléréalité lancée en 2009 aux Etats-Unis, qui voit s'affronter chaque semaine une dizaine de drag queens. Diffusé en France sur Netflix, le programme s'est depuis décliné en une grande tournée mondiale qui ne désemplit pas. "On essaie vraiment d'offrir la meilleure représentation possible du drag et de l'emmener dans des endroits où on n'a pas forcément l'habitude de le voir", nous explique Asia O'Hara.

Candidate de la saison 10 de l'émission, elle nous reçoit dans sa loge quelques minutes avant le début de leur deuxième représentation parisienne, vêtue d'une tenue en simili cuir qui rappelle le costume de Wonder Woman. Les épaulettes en plus. "J'aime dire que je suis un mélange entre Gap et Thierry Mugler", dit-elle pour définir le look de son personnage. A ses côtés, la finaliste de sa saison. Kameron Michaels porte un costume échancré rouge aux épaules tout aussi imposantes que sa voisine. Même perruque blonde travaillée, maquillage irréprochable et même ton assuré face à la caméra, elle puise elle son inspiration dans l'univers fantastique. "Charlize Theron dans 'Blanche-Neige et le Chasseur' est l'un de mes personnages préférées", raconte-t-elle pour nous aiguiller.  

Tous ceux qui se font beaux et font quelque chose hors du commun font du dragKameron Michaels

Des styles au final aussi différents que complémentaires. "Il y a un nombre infini de types de drag", souligne Asia O'Hara. Si une drag queen est bien "un homme qui s'habille en femme", la culture drag va bien au-delà et "englobe tous ceux qui proposent une version d'eux plus démesurée, plus fantastique", précise Kameron Michaels. "Tous ceux qui se font beaux et font quelque chose hors du commun font du drag", martèlent-elles à l'unisson. L'éventail de personnages est à l'image de celui des tableaux proposés sur scène par la troupe de la tournée. Vaste et varié. "Il y a de l'humour, de la danse, du playback, de la magie, des disparitions, des acrobaties, soit littéralement tout ce qu'on pouvait intégrer au spectacle", détaille Asia O'Hara.

Dans la file pour entrer au Casino de Paris, le public aussi est multiple. Des amoureux, des copines et des groupes d'amis de tous âges. Signe que "RuPaul's Drag Race" a permis de populariser cet art qui a quitté les clubs pour s'inviter chez la ménagère et toucher divers publics. Mais peut-on dire que l'émission a tout changé ? Pour ses candidates, c'est certain. "On a beaucoup plus d'opportunités maintenant", reconnaît Asia O'Hara qui estime que le programme "a mis la culture drag en première ligne de la culture en général." Avant de tempérer notre question. "L'art drag a toujours été aussi intense et fabuleux mais malheureusement avant l'émission, seul un nombre limité de personnes en avait fait l'expérience. L'émission nous a donné un espace pour partager notre art avec des gens qu'on n'aurait probablement pas été capables d'atteindre", poursuit-elle.

Si elles espèrent pouvoir "inspirer les gens à devenir de meilleures versions d'eux-mêmes", nos deux reines ont bien conscience de ne pas pouvoir faire l'unanimité. Mais ce n'est pas pour autant qu'elles rejettent ceux qui ne saisissent pas leur art. "Je pense qu'il faut comprendre que tout n'est pas fait pour tout le monde. Le soccer, enfin le football comme vous l'appelez, ce n'est pas mon truc mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas bien. Ce n'est juste pas pour moi", s'amuse Asia O'Hara. Kameron Michaels compare elle la finale d'une saison de "RuPaul's Drag Race" à celle du Super Bowl : "L'attitude des fans est la même. Ils crient, ils encouragent. Tout n'est pas pour tout le monde, comme l'a dit Asia mais nous avons notre fanbase. Elle est énorme et on les aime". "Si le drag est fait pour vous, vous le saurez instantanément. Ou après avoir vu le 'Werq the World Tour'", insiste Asia. Alors préparez-vous. Car les queens de RuPaul ont déjà prévu de revenir à Paris l'an prochain.

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