VIDEO - Spike Lee : "Je prie pour que l'Agent orange ne soit pas réélu en novembre"

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INTERVIEW – Le réalisateur américain Spike Lee est de retour avec "Da 5 Bloods", diffusé à partir du 12 juin sur Netflix. Un film qui raconte la guerre du Vietnam du point de vue d’un groupe de vétérans afro-américains. Depuis Brooklyn, il a parlé avec LCI de cette nouvelle fiction engagée, du mouvement Black Lives Matter... et de son aversion pour Donald Trump.

C’est la guerre du Vietnam comme vous ne l’aviez (presque) jamais vue. Dans Da 5 Bloods, son nouveau film disponible à partir du vendredi 12 juin sur Netflix, Spike Lee met en scène quatre vétérans afro-américains qui reviennent sur les lieux du conflit pour retrouver la dépouille de l’un de leurs camarades, tué au front. Et un trésor qui est resté enfoui là-bas toutes ces années…

Deux ans après BlackKklansman, qui racontait l'histoire d'un flic noir infiltré dans le Ku Klux Klan, le cinéaste signe l’un de ses films les plus engagés. Non seulement Da 5 Bloods se moque de Donald Trump à travers l’un des vétérans, électeur du président américain et adepte du slogan "Make America Great Again", qu’il porte sur sa casquette. Mais le film intègre également des images du mouvement Black Lives Matter qui, avant l’affaire George Floyd, manifestait depuis plusieurs années contre le racisme et les violences policières.

"Tout ceux qui ont vu le film font la connexion entre ce qui se passe en ce moment dans les rues en Amérique et le sujet que j’aborde", reconnait Spike Lee depuis Brooklyn, dans la vidéo ci-dessus. Le cinéaste est parti d’un constat souvent méconnu du grand public : s’ils représentaient à l’époque 11% de la population américaine, les Afro-Américains constituaient plus de 30% des troupes envoyées au Vietnam.

Il y a eu des films sur la guerre du Vietnam avec des soldats noirs. Mais le mien est raconté strictement du point de vue des vétérans noirs- Spike Lee

"Le Vietnam, c’est la première guerre qui a été diffusée à la télévision dans les foyers américains. Je suis né en 1957 donc, en 1967, j’avais 10 ans et je m’en rappelle très bien", raconte-il. Comme de nombreux jeunes Américains, sa vision du conflit sera longtemps façonnée par le petit écran et les films hollywoodiens dont les héros étaient toujours blancs. "Il y a eu des films sur cette guerre avec des soldats noirs, d’ailleurs je rends hommage à l’un d’entre eux dans le mien, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. Laurence Fishburne a joué dedans alors qu’il n’avait que 14 ans. Mais mon film, lui, est raconté strictement du point de vue des vétérans noirs."

Début juin, Spike Lee a réalisé un court-métrage, diffusé sur Twitter, dans lequel il dresse un parallèle terrible entre la mort de George Floyd, le 25 mai dernier à Minneapolis, et celle de l’un des personnages de son film Do the right thing, sorti en 1989. "L’Histoire va-t-elle arrêter de se répéter ?" s’interrogeait le cinéaste, alors qu'une mobilisation sans précédent continue de réunir des centaines de milliers de personnes sur différents continents.

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"Je ne sais pas si cette affaire va changer les choses pour toujours", tempère Spike Lee. "Je prie tous les jours pour que l’Agent orange ne remporte pas l’élection présidentielle en novembre prochain", lance le cinéaste qui a pris l’habitude de ne pas prononcer le nom de Donald Trump. Et de l'assimiler au puissant herbicide répandu par l’armée américaine sur le sol vietnamien dès 1962 afin de détruire les récoltes. Et qui causera de graves problèmes de santé à la population locale, pendant de longues années.

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