VIDÉO - Zahia Dehar "fière d’être une fille facile" : l'ex-escort girl défend son premier grand rôle au cinéma

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COUP DE CŒUR - Dans "Une fille facile", au cinéma ce mercredi, Zahia Dehar incarne Sofia, une jeune femme dont la sensualité et l’esprit d’indépendance fascinent sa jeune cousine, durant un été sur la Côte d’Azur. LCI a rencontré l’ex-escort girl devenue comédienne et sa réalisatrice, Rebecca Zlotowski.

"Sans elle, je pense que je n’aurais pas fait ce film", nous confie Rebecca Zlotowski, la réalisatrice d’"Une fille facile". Elle, c’est Zahia Dehar, l’ex-escort girl révélée en 2010 au grand public après avoir loué ses services à deux anciens joueurs de l’équipe de France de football, lorsqu’elle était mineure. Depuis, la jeune femme s’est  reconvertie dans la mode, posant pour Christian Louboutin et Karl Lagerfeld tout en créant sa propre marque de lingerie.  

Après un petit rôle dans "Joséphine s’arrondit" de Marilou Berry, "Une fille facile" est sa deuxième incursion dans le monde du Septième art. Lors de la présentation du film au dernier Festival de Cannes, la néo-comédienne révélait qu’elle avait elle-même contacté l’auteure de "Belle Epine" et "Grand Central" sur Instagram, étant fan de son travail. De leur rencontre va naître un drame doux-amer qui se déroule durant les vacances d’été, sur la Côte d’Azur.

Sa manière de parler, sans son mystère, sa beauté, son parcours de femme puissante a réellement fabriqué le film- Rebecca Zlotowski, réalisatrice

Zahia y incarne Sofia, une jeune femme qui vient passer les vacances d’été chez sa petite cousine Naïma (le débutante Mina Farid), une adolescente qui vit à Cannes avec sa mère femme de chambre. De baignades en sorties nocturnes, elles font la rencontre d’Andres (Nuno Lopes), un riche Brésilien, et de Philippe, son ami français (Benoît Magimel), qui les invitent à passer l’après-midi sur leur yacht. 

Objet de désir, de curiosité, de moqueries aussi, le personnage de Sofia fascine chacun des protagonistes, Rebecca Zlotowoski jouant avec intelligence – et une pointe de malice – de l’image sulfureuse de sa vedette. "Je ne dis pas que cette histoire ne pourrait pas être incarnée par une autre actrice", précise-t-elle. "Mais sans sa manière de parler, sans son mystère, sa beauté, je n'aurais pas pu faire ce film. Disons que sans elle, il aurait été différent."

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Au début de notre entretien, Zahia, 27 ans, écoute attentivement sa réalisatrice. Lorsqu’on lui demande si elle lui a facilement accordé sa confiance, elle acquiesce, enthousiaste. "Oui, tout de suite. Avant même de la rencontrer. Je le savais d’instinct", assure-t-elle, avant d’expliquer qu’elle a refusé plusieurs propositions après son premier film avec Marilou Berry. 

"Elles venaient de gens qui ne me connaissaient et qui me proposaient des rôles en pensant que c’était ma personnalité", explique Zahia. "Ce n’était même pas à cause de la prostitution ou du côté sulfureux. Mais ça ne me plaisait pas. Par exemple à cause des mots choisis, de la façon d’écrire en pensant que c’était ma manière de m’exprimer."

Bref, pas question d’incarner une version fantasmée de la figure médiatique, connue de tous. Même si Zahia et Sofia ont des points communs. "On a le même goût pour la liberté et les aventures", reconnaît-elle. "Mais c’est un personnage de fiction. On a aussi nos différences". Durant notre entretien, la comédienne sera aussi attentive à son apparence hyper travaillée qu’aux mots qu’elle emploie avec un mélange de douceur et de détermination.

Je suis féministe, oui. Mais je ne suis pas supérieure à certaines femmes. Je refuse l’idée qu’il y ait des femmes plus dignes que d’autres- Zahia Dehar

Lorsqu’au fil de la conversation, on lui demande si elle aime se décrire comme "féministe", elle hésite. "Je vais plutôt vous répondre que je lutte contre une discrimination. Contre l’idée qu’on bannisse une catégorie de femmes de cette société. J’essaie de lutter contre ça à ma manière, avec peut-être un peu de provocation en disant par exemple que je suis fière d’être une fille facile."

Mais c’est quoi, au juste, être une fille facile ? "Ce sont des femmes qui sont complètement libres, qui s’épanouissent dans leur sexualité à l’égal de l’homme", nous répond Zahia. "Et surtout qui l’affichent, qui n’ont pas honte. Et qui n’ont pas peur des jugements et de cette morale complètement ridicule que la société nous impose."

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Plus loin, alors que Rebecca Zlotowski s’étonne qu’elle "prenne des pincettes" avec le terme 'féministe', sa comédienne précise le fond de sa pensée. "Je suis féministe, oui. Mais je ne suis pas supérieure à certaines femmes. Je refuse l’idée qu’il y ait des femmes plus dignes que d’autres", insiste-t-elle. 

"Ce que je trouve choquant dans notre société, quand on s’épanouit dans sa sexualité, qu’on essaie juste de vivre au même niveau que les hommes, c’est qu’on soit obligé de créer un mot pour ça. Les hommes n’en ont pas besoin ! Nous, on est obligées de se justifier, de dire 'oui,  je suis féministe'. Non, on est tout simplement libres !". Voilà qui est dit.

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