Anti-écolo, dangereux, impopulaire… les réponses du directeur de course du Dakar

 Anti-écolo, dangereux, impopulaire… les réponses du directeur de course du Dakar

SPORT MÉCA - Ce mardi, le parcours du Dakar 2017 a été dévoilé. Le “plus grand rallye-raid du monde“ sillonne pour la 5e fois les terres d’Amérique du sud. En plus de l’Argentine, la Bolivie, pour cette 39e édition, les pilotes découvriront le Paraguay. On a profité de l’occasion pour confronter Etienne Lavigne, le directeur de la course, aux contradictions récurrentes faites à "sa" course.

Avec la horde de 4x4, de camions et de motos engagés sur le Dakar, vient son lot de critiques. Polluant, meurtrier, has been… Et c'est comme ça depuis sa création ou presque, il y a quarante ans. Face aux critiques adressées au rallye-raid, dont le parcours de l’édition 2017 a été dévoilé ce mardi (avec notamment un départ donné depuis Asuncion au Paraguay), comment se défend le directeur de course du Dakar, Etienne Lavigne ? 

Le Dakar, ce n’est vraiment pas écolo 
"Le Dakar a réalisé son premier bilan carbone en 2008. On a commencé à compenser notre empreinte carbone directe, qui est de 15.000 tonnes, il y a six ans. On s’inscrit dans une politique de compensation et on s’engage à rembourser notre empreinte directe, en versant 700.000 dollars sur six ans pour lutter contre la déforestation en Amazonie. Entre le bivouac, les pneus usagers, les batteries... on retraite 90 tonnes de déchets chaque année. Il y a certainement des choses encore à faire, mais le Dakar a pris un virage résolument environnemental-friendly. Et on compte même dans nos inscrits, un concurrent qui roule au tout électrique". 

Le Dakar, ça ne devrait même plus s’appeler comme ça
"La course a presque quarante ans. Elle s’est bien sûr déroulée sur le continent africain jusqu’en 2008, mais à l’époque déjà, il n'arrivait pas toujours à Dakar et ne partait pas systématiquement de Paris. On est passé d’un événement franco-français à quelque chose de plus international où l’on dénombre plus de concurrents étrangers que de français. En 2009, quand on est passé sur le continent africain, on s’est bien sûr posé la question de savoir si on conservait le nom… ou pas. Puis on s’est dit que le Dakar, c’était un événement extrême de sport mécanique, tout terrain, hors piste, etc.... C’est l’ADN de cette compétition et ce sera toujours vrai. L’épreuve peut donc vivre sous ce nom où qu’elle se coure. Les concurrents du monde entier ne viennent pas faire "la Transaméricaine" ou "la Translatino", Peterhansel ne parle que du "Dakar". Et évidemment, changer le nom d’une épreuve comporte un risque marketing. C'est compliqué de reconstruire une marque. "Dakar", c’est très fort, en notoriété spontanée. C’est devant le WRC, le WTCC, etc… Et si le Dakar revient en Afrique, changera-t-on de nom ? Parce qu’on travaille là-dessus et le jour où ce sera possible, on reviendra".

Le Dakar, ça manque de people
"Ça fait longtemps qu’il y a moins de people sur le Dakar. J’ai connu l’année Johnny Halliday, mais celle des Michel Sardou ou Chantal Nobel (qui cartonnait à l’époque dans la série Châteauvallon) non. Et pourtant, il y a un bail que je suis là. Il faut bien reconnaître que les people du Dakar, aujourd’hui, ils se nomment Mikko Hirvonen (l'ancien pilote de WRC) ou encore Sébastien Loeb (nonuple champion du monde des rallyes).  Les Johnny Halliday, etc… c’est sympathique, on avait aussi eu l’acteur Ewan McGregor à l’époque de la Mauritanie ; il s’était pété les deux poignets d’ailleurs. Mais on a aussi un mannequin japonais qui court chaque année, un businessman hongrois très célèbre chez lui… Reste que quand on a les meilleurs pilotes du monde qui viennent courir votre course, c’est gratifiant". 

Le Dakar saccage les zones qu’il traverse… et parfois elles sont protégées
"Il ne faut pas prendre les états sud-américains, qui nous reçoivent, pour des gens qui ne savent pas ce qu’ils font. Dire ça, c’est un peu mépriser la posture environnementale de nos amis sud-américains. Ils sont soucieux de leurs territoires et communiquent énormément sur la beauté de leurs territoires, de leurs patrimoines environnementaux. On est très, très encadré et le Dakar ne passe que là où il a le droit de passer. De nombreuses zones, protégées, classées, nous sont interdites et c’est bien normal. Les itinéraires que l’on prend sont contrôlés avant; pendant et après la course. Si, quand bien même les routes sont abîmées, c’est nous qui finançons leurs remises en état".


Le Dakar, c’est dangereux… pour tout le monde
"Quand un pilote s’engage, il y a forcément un risque. Quant au public, que l’on soit en Argentine, ou dans une course de côte en France, les risques sont aussi là. Et c’est également vrai sur les courses de vélo. Mais le Dakar, c’est une des courses les plus sécurisées du monde. On a des moyens de tracking, une douzaine d’hélicoptères prêts à intervenir et malgré cela, c'est une banalité que de dire ça : le risque zéro n'existe pas." 

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