Après France-Espagne (0-2), certains Bleus critiquent l’arbitrage vidéo : "Ça a tué notre match"

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FOOTBALL – La première expérimentation de l’arbitrage vidéo en France mardi soir, à l’occasion de la défaite des Bleus face à l’Espagne (0-2), a marqué les esprits. Elle a aussi eu des conséquences directes sur le résultat. Les hommes de Didier Deschamps en gardent un sentiment mitigé.

Deux décisions injustes, un but de la France validé et un de l’Espagne refusé, rendues justes, et une classe d’écart flagrante entre les deux équipes. La logique aurait voulu qu’il n’y ait même pas de débat. Mais l’attrait de la nouveauté, à l’échelle d’un sport vieux de plus d’un siècle, a focalisé l’attention sur la première expérimentation de l’arbitrage vidéo en France, mardi soir, à l’occasion du match amical de gala perdu par les Bleus, à Saint-Denis, face à la Roja (0-2). 

"La victoire n'est pas marquée par l'arbitrage, mais par l'excellent travail de mes joueurs. L'arbitrage lui a rendu justice", a ainsi dû justifier Julen Lopetegui, le sélectionneur espagnol, après la rencontre. Au micro de TF1, son homologue, Didier Deschamps, lui, faisait la moue, mais, dans un élan de fair-play, lâchait : "Si c’est juste pourquoi pas… Ça change un peu le football, mais il faudra s’adapter."

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De leur côté, les joueurs tricolores, interrogés en zone mixte (cet espace dévolu aux échanges entre footballeurs et journalistes), exprimaient un avis plus mitigé. "C'est une évolution dans notre sport, je pense que c'est une bonne chose, mais, même si les décisions sont plus justes, la vidéo dénature le jeu. On perd en spontanéité, a, par exemple, pointé le gardien et capitaine Hugo Lloris. Il y a une pause, on n'est pas habitués à ça dans le football. Quand l'arbitre siffle, c'est instinctif, on prend le ballon et on a envie de jouer parce qu'on est menés 1-0. Mais il faut attendre la décision, l'adversaire a le temps de se replacer. Et en plus, derrière, le but est validé..."

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Plus radical, l’arrière gauche Layvin Kurzawa a carrément pesté : "Ça a tué notre match ! Mais on ne peut rien y faire." Même le très conciliant Antoine Griezmann y est allé de sa critique : "C'était assez bizarre. J'ai vu Delofeu (le second buteur espagnol, ndlr) qui attendait près de l'arbitre et ensuite célébrer son but cinq minutes plus tard. C'est dommage là-dessus." Son compère de l’attaque de l’Atlético de Madrid, Kevin Gameiro, s’est, lui, plutôt focalisé sur le but refusé aux Bleus a posteriori : "Ça casse un peu la beauté du match. Quand tu fêtes un but et qu'on te l'annule deux minutes après, c'est rageant, ça met un coup derrière la tête."

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Mais la posture la plus conservatrice est venue… d’un milieu de 22 ans, Corentin Tolisso, qui connaissait mardi soir sa toute première sélection : "Le système devrait être plus développé pour que ça se fasse plus vite. Pour que les gens soient moins dans l'incompréhension. Enfin, on a toujours eu l'habitude de jouer sans temps mort. Là, on attend, on est sur le terrain, on ne bouge pas pendant trois minutes. C'est un peu troublant... Tout le monde fait des erreurs, les joueurs et les arbitres. Pour moi, ça devrait continuer comme ça a été toujours été."

Mais au fait, n’y aurait-il pas, dans ces réactions, quelque chose de l’ordre de la mauvaise foi ? Le toujours très lucide Hugo Lloris s’est dit que "le ressenti doit être différent chez les Espagnols"... Voilà au moins une chose que même la technologie la plus avancée ne changera jamais : quand on gagne, on est toujours du bon côté.

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