Aurélien Montaroup : "La Biélorussie avait une belle génération qui n’a pas réussi à franchir le cap "

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DÉCOUVERTE - Passé par Caen et Créteil et aujourd’hui à la recherche d’un club, Aurélien Montaroup a évolué pendant trois saisons sous les couleurs du Dinamo Minsk en Biélorussie. Il évoque avec nous les spécificités de cette sélection qui retrouvera l’équipe de France mardi pour le début des matchs qualificatifs de la Coupe du monde 2018 (20h45 sur TF1).

LCI : Convaincante et victorieuse de l'Italie (3-1), à quoi doit s’attendre l’équipe de France mardi face à la Biélorussie ?

Aurélien Montaroup : Le stade sera plein avec une ambiance festive. Mais cela ne sera clairement pas le douzième homme comme ça peut l’être en Serbie. Les gens ne vont pas pousser leur sélection. Ils vont être très heureux de voir une grosse nation se déplacer chez eux. Normalement, si la France joue sérieusement, cela sera une formalité. Les Bleus peuvent l’emporter 2 ou 3-0.

LCI : Existe-t-il un vrai engouement pour le football en Biélorussie ?

Aurélien Montaroup : Oui, mais cela n’a rien à voir avec le hockey sur glace qui demeure le sport numéro un en Biélorussie. Le pays dispose de la plus belle patinoire d’Europe, il y a une ambiance de fou et des moyens énormes. Cela peut ressembler parfois à la NHL. Le football a également des moyens mais ne peut pas rivaliser avec le hockey.

LCI : Ces moyens se situent à à quel niveau ?

Aurélien Montaroup : Quelques clubs sont aux mains de riches entrepreneurs. Le Dinamo Minsk, où j’évoluais, est par exemple tenu par la deuxième fortune du pays. Le club disposait d’un beau centre d’entraînement avec un stade couvert de 5000 places, des terrains synthétiques… Le président du Shakhtyor Soligorsk, le troisième club du pays, détient lui les mines de sel donc c’est quelqu’un de très fortuné.

La relève est de moyenne qualité- Aurélien Montaroup

LCI : Que manque-t-il aujourd'hui au football biélorusse pour passer un cap et arracher un ticket pour la Coupe du monde ?

Aurélien Montaroup : A mon avis, ils ont raté un passage clé. Une belle génération, avec des jeunes joueurs qui avaient disputé le championnat d’Europe avec les Espoirs, n’a pas réussi à franchir le cap. Les jeunes sont partis dans des gros clubs en Russie ou en Ukraine et après avoir signé des contrats importants, ils se sont relâchés. Il faut se rappeler que la Biélorussie est un pays pauvre, où salaire mensuel moyen est de 300 euros, alors quand vous signez des contrats à 50 000 euros... Les clubs n’hésitent pas à lancer les jeunes, mais je pense que c’est pour le business. Grâce à cela, ils flambent vite et partent à l’étranger contre de bonnes indemnités de transfert.

LCI : Hormis Alexandr Hleb (ex Arsenal, Barça), Sergueï Krivets (passé par Metz) et Sergeï Chernik (arrivé à Nancy cet été), cette sélection biélorusse est assez méconnue du grand public. De quels joueurs les Bleus devront-ils se méfier ?

Aurélien Montaroup : Trois joueurs sont à surveiller de plus près dans cette sélection. Le numéro 10, Sergey Kislyak, qui évolue au Rubin Kazan, est un bon joueur, tout comme Nikita Korzun qui joue au milieu de terrain. La Biélorussie a également une bonne défense à l’instar du capitaine Aleksandr Martynovich. Mais globalement, la relève est quand même de moyenne qualité. Des joueurs comme Anton Putilo, aujourd’hui à Gaziantepspor, qui était un bon espoir, s’est perdu dans plusieurs clubs. Il a pris plus d’argent qu’il n’a progressé.

LCI : Que peut espérer la sélection dans ce groupe de qualification (France, Pays-Bas, Suède, Luxembourg, Bulgarie) ?

Aurélien Montaroup : Pas grand-chose. Ils tenteront de faire quelques coups à domicile. Mais sur le long terme, c’est beaucoup plus compliqué. Le groupe est difficile et ils ne peuvent clairement pas se qualifier.

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