Avant Laporte, ces 5 joueurs qui ont "trahi" leur pays pour une autre sélection

SPORT
DILEMME – Aymeric Laporte aurait décidé de tourner le dos à l’équipe de France au profit de l’Espagne. Si cette information venait à se confirmer, le défenseur de l’Athletic Bilbao ne serait pas le premier a effectuer pareille démarche. Revue d’effectif…

Le défenseur de l’Athletic Bilbao Aymeric Laporte  aurait décidé d’opter pour la sélection espagnole d’après le quotidien Marca qui en a fait sa Une ce mardi. Assurément la perte d’un futur patron pour les Bleus, mais dans l’histoire du football, bien d’autres avant lui ont choisi une autre nationalité sportive par soucis de compétitivité ou, plus prosaïquement, pour devenir internationaux. En voici cinq d'entre eux.

LUIS FERNANDEZ

Né à Tarifa en Andalousie, Luis Fernandez et son patronyme plus espagnol que celui des espagnols arrivent en France en 1968. Plus exactement en banlieue lyonnaise où le gamin hyperactif apprend à taper dans un ballon à défaut d’être brillant sur les bancs. "L’Espingouin", comme aiment le surnommer avec dédain ses adversaires sur les terrains dans ses jeunes années, va ensuite gravir tous les échelons au point de devenir international tricolore à seulement 23 ans. Qui plus est au sein d’une équipe dont l’épopée au Mondial 82 vient de marquer les esprits. Formant le fameux carré magique avec Tigana, Giresse et Platini, l’ancien joueur du PSG, du Matra-Racing et de l’AS Cannes  sera demi-finaliste de la Coupe du monde 1986 – où il inscrira notamment le tir au but décisif en quarts-de-finale de l’inoubliable France-Brésil disputé à Guadalajara (Mexique) – et surtout champion d’Europe 84 à domicile avec les Bleus. Sans oublier au passage, d’inscrire le plus beau de ses 6 buts en carrière internationale face à… l’Espagne.


MIROSLAV KLOSE

Serait-il devenu champion du monde s’il avait défendu les couleurs la Pologne, son pays natal ? Très difficile de répondre à cette question par l’affirmative malgré tout le charme du football et de ses mystères… De même, serait-il devenu le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde (16 buts) dans une autre sélection qu'au sein de l'irrésistible Mannschft, double finaliste (2002, 2014) et demi-finaliste (2006, 2010) durant la période où Klose a sévi sur la scène internationale ? Raisonnablement, non !  Le décision d’opter pour l’Allemagne, où ses parents ont débarqué alors qu’il n’avait que 9 ans, a donc tout eu du bon plan pour l’homme aux 71 buts en 137 sélections. L'ex-canonnier du Bayern buteur se permettra d'ailleurs le luxe d’achever sa folle carrière internationale à 37 ans sur un but marqué face au Brésil en demi-finale de Coupe du monde. Le flair jusqu’au  bout.


DECO

"Des joueurs comme lui, il y en a vingt au Brésil",  déclarait en 2003 Carlos Alberto Pareira - alors sélectionneur des quintuples champions du monde - au sujet de Deco. Ah bon ? En guise de réponse, le petit meneur de jeu de Porto inscrivait le but de la victoire 2-1 du Portugal sur… Le Brésil le 29 mars de la même année. Né d’un père portugais et d’une mère brésilienne d’origine japonaise, "Chino" comme on l’a surnommé toute sa carrière en raison de ses traits asiatiques, vit le jour au pays du football le 27 août 1977. Mais puisque son pays – ou plutôt un sélectionneur – ne voulait pas de lui, celui qui défendra également les couleurs du FC Barcelone ou encore de Chelsea durant sa riche carrière, optera pour l'autre Seleçao, celle du Portugal. Si  dans un premier temps, sa convocation suscita la réticence de certains de ses coéquipiers (Figo notamment), Deco (75 sélections, 5 buts) disputera néanmoins finale de l’Euro (2004) et une demi-finale de Coupe du monde (2006) sous les ordres de celui qui lui avait tendu la main, son compatriote brésilien Luiz Felipe Scolari. "Je pensais jouer pour le Brésil mais ma vie a pris un autre chemin". Et vu le talent du petit bonhomme, c’est bien dommage pour les Brésiliens.


KEVIN-PRINCE BOATENG

Un cas totalement opposé à celui de Deco, lui injustement soupçonné d’opportunisme. Né à Berlin en 1987 d’un père ghanéen et d’une mère allemande, le milieu de terrain s’est clairement servi de la sélection du Ghana pour faire décoller sa carrière. Etincelant avec les Black Stars lors de la coupe du monde 2010 "KPB" signe dans la foulée au grand Milan AC où il y côtoiera des joueurs du calibre d’Ibrahimovic, Pirlo ou encore Seedorf. Curieusement, l’ancien joueur de Portsmouth prend sa retraite internationale en novembre 2011 à seulement 24 ans. Mais comme par hasard, Boateng décide de se rendre à nouveau disponible pour sa sélection en août 2013. C’est que la Coupe du monde 2014 se profile à l’horizon… Une bagarre avec son sélectionneur en plein Mondial plus tard, le demi-frère de Jerome Boateng – qu’il a affronté lors de la Coupe du monde 2010 en poules lors d’Allemagne-Ghana – quitte définitivement la sélection quadruple championne d’Afrique. Personne ne le regrettera. 


DIEGO COSTA

Un joueur qui n’a pas voulu du Brésil ? Oui ça existe ! Et ce joueur-là a pour nom Diego Costa, naturalisé espagnol suite à ses nombreuses années passées à rouler sa bosse sur les terrains de la péninsule ibérique. Certes, le sanguin attaquant de Chelsea a porté le maillot Auriverde à deux reprises lors de matches amicaux face à l’Italie et la Russie  en 2013. Mais comme si la mythique tunique jaune et le non moins fantasmagorique Maracana ne l’intéressaient pas, l’ancien protégé de Simeone à l’Atlético préfère répondre favorablement à l’appel du pied de Vicente Del Bosque et disputer la Coupe du monde 2014 dans son pays avec… l’Espagne. Une décision vécue comme un véritable crime contre la patrie du Joga Bonito ! Pour avoir laissé ses compatriotes se coltiner l’ancien lyonnais Fred comme attaquant de pointe pour cet évènement, le natif de Lagarto sera copieusement sifflé dans les stades brésiliens à chacune de ses prises de balle. 


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