Ayrton Senna : "Un chevalier des temps modernes"

Ayrton Senna : "Un chevalier des temps modernes"

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FORMULE 1 – Ayrton Senna s'est tué le 1er mai 1994. Sa rivalité avec Alain Prost, évidemment, a marqué tous les Français. Le destin de ce champion si charismatique a pris fin au bout de la courbe de Tamburello, à l'âge de 34 ans. Metronews a rencontré ceux qui, durant dix années, l'ont affronté et un pilote de la nouvelle génération pour comprendre pourquoi Ayrton Senna est un mythe.

Ayrton Senna est une légende. Même vingt ans après sa mort, son souvenir est toujours vivace et l'impact qu'il a eu sur le sport mécanique, et le sport en général, se mesure encore aujourd'hui. Nous sommes allés à la rencontre des pilotes qui se sont mesurés à lui. Et nous avons demandé aux "petits  nouveaux" ce qui restait de Senna.

Jean-Eric Vergne (24 ans) arrivé en F1, en 2012, le pilote Toro Rosso n'avait pas 4 ans quand Senna est mort.
"J'étais trop jeune quand Senna courait. J'ai bien sûr vu les images du jour où il a eu son accident. J'ai conscience que c'est un pilote qui a changé la perception de notre sport, comme l'a fait Woods au golf ou Jordan au basket. C'est une légende. Je ne me suis pas construit avec une idole ou un modèle, mais j'essaie de m'inspirer des plus grands : comme la persévérance de Schumacher ou le travail de Prost, le talent pur de Senna m'a beaucoup appris."

Jean Alesi (49 ans aujourd'hui). Lors du premier Grand Prix de sa première saison complète, il a l'audace de doubler Senna lors du GP des Etats-Unis en 1990.  "Pour mon premier GP en carrière, je me souviens très très bien être derrière lui avec ma F1, je regarde son casque. J'étais excité car quinze jours plus tôt, Senna, je le regardais à la TV. Ce jour-là, pour la première fois de ma vie je le voyais en vrai. C'était mythique. Senna c'est un immortel, il a laissé une image de panache et de spectacle, une sorte de chevalier des temps modernes. Ce week-end malheureux à Imola restera un choc pour les fans ce notre sport. On aurait jamais pu imaginer que le meilleur pilote à cette époque puisse se tuer banalement dans une ligne droite. Moi j'étais sur place, c'était un week-end cauchemardesque. On essayait de comprendre ce qu'il s'était passé. Il a été vite secouru, puis il est resté un moment par terre et l'hélicoptère est arrivé. Là, on a compris que c'était grave. Et puis le commentateur officiel du GP, toutes les dix minutes, nous donnait un message : 'il est bien à l’hôpital de Bologne', 'il est en soin intensif, c'est grave'... Tout le monde écoutait les commentaires sans suivre le GP. Son décès a été annoncé après l'arrivée de la course et ça a été une immense peine."

Patrick Tambay (64 ans aujourd'hui). En 1985 au Portugal, le pilote Renault complétait le premier podium du jeune Ayrton Senna.
"Je l'admirais beaucoup. À la fois pour son professionnalisme mais aussi pour sa volonté, le trait des champions. Il était extrêmement consciencieux. Ayrton a apporté, avec son sérieux, un grand plus à la F1. À l'époque, les débriefings d'après-course étaient très rapides. Lui obligeait tout le monde à rester des heures afin de ne rien laisser au hasard. Le monde de l'automobile a grandi grâce à lui, en réduisant au maximum les risques encourus. Ce qui est paradoxal, c'est que c'est le dernier pilote mort en course de F1. Tous les pilotes sont un peu casse-cous, il en faisait partie. Cependant, il calculait toujours les risques, comme nous tous. La différence, c'est que lui repoussait toujours un peu plus ses limites. Je n'ai pas eu la chance de connaître d'autres pilotes légendaires tels que Jim Clarke ou Jackie Stewart, mais Ayrton fut, assurément, le pilote le plus complet et le plus charismatique que j'ai connu."

EN SAVOIR + >> : Ayrton Senna en dix dates 

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