Boycotté dans un tournoi de judo à Abou Dhabi, Israël répond de façon cinglante… et obtient des excuses

Boycotté dans un tournoi de judo à Abou Dhabi, Israël répond de façon cinglante… et obtient des excuses
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SPORT - Les dirigeants émiratis s’excusent auprès d’Israël pour un tournoi de judo durant lequel plusieurs athlètes arabes ont refusé de serrer la main à des athlètes israéliens.

Le judo reste un de ces sports qui, en dehors des Jeux olympiques et des Championnats du monde, a du mal à exister médiatiquement. En cela, la crise diplomatique qui a agité durant tout le week-end un tournoi "Grand Slam" international à Abou Dhabi a au moins eu l’avantage d’offrir au sport de combat un coup de projecteur. Elle pose surtout la question de la place de la politique à l’échelle d’un évènement sportif, quel qu’il soit. À plusieurs reprises dans cette compétition, des judokas arabes ont refusé de serrer la main de leur adversaire israélien, comme le veut pourtant la tradition à l’issue des combats. Les images (comme celles ci-dessous) sont devenues mondialement virales. Et la polémique a pris une telle ampleur que les organisateurs émiratis du tournoi ont fini par présenter leurs excuses à la délégation d’Israël.

Les organisateurs de ce tournoi ne sont pourtant pas eux-mêmes exempts de tout reproche. En effet, à l’origine probable de la posture de défiance adoptée par des athlètes marocains ou égyptiens, il y a d’abord celle des Émirats arabes unis, pays hôte de ce tournoi, qui refuse de reconnaître l’existence d’Israël. Résultat : les judokas israéliens n’étaient pas autorisés à concourir avec des kimonos arborant le drapeau et les trois premières lettres du nom du pays, comme les autres. En outre, lors des remises de médailles, l’étendard de la Fédération internationale et son hymne ont remplacé ceux d’Israël.

Cela s’est vu car, sans doute en réaction, les athlètes israéliens ont récolté une belle moisson de médailles – une d’or et quatre de bronze, soit le meilleur résultat de toutes les nations engagées dans cette compétition. Cela a donné une scène particulièrement marquante (à voir ci-dessus) : lorsque l’Israélien Tal Flicker est allé chercher sa médaille d’or en moins de 66 kg, il a entonné a capella l’hymne israélien pendant que retentissait celui de la Fédération internationale. "J'ai décidé de chanter HaTikva sur le podium avec tout mon cœur parce qu'Israël est mon pays. Je suis fier d'être israélien et l'hymne qu'on a joué à la place n'était qu'un bruit de fond", a-t-il ensuite expliqué dans une vidéo (à voir ci-dessous).

En conséquence de quoi, Tal Flicker, comme tous les autres membres de la délégation d’Israël, est instantanément devenu un héros national dans son pays.

"Ces victoires israéliennes à Abou Dhabi sont la réponse du berger à la bergère. Israël a gagné alors qu'on essayait de maintenir nos athlètes dans l'ombre", s’est même très officiellement réjoui Miri Regev, la ministre israélienne des Sports. Selon la presse israélienne, les Emirats arabes unis avait justifié la disparition de l'hymne et du drapeau israéliens en invoquant la protection des sportifs israéliens contre d'éventuelles manifestations hostiles… Qui ont tout de même eu lieu. Au final, et tout aussi ironiquement, ce boycott a d’ailleurs précisément contribué à la reconnaissance d’Israël aux yeux du monde. Plus largement, il a ouvert un débat sur une nouvelle réglementation qui sanctionnerait à l’avenir ce type d’attitudes. Parce que le sport doit rester un refuge, où le rassemblement est prôné plutôt que la division.

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