Cluster dans le XV de France : Bernard Laporte sous pression

Cluster dans le XV de France : Bernard Laporte sous pression

COVID-19 - La multiplication des contaminations au sein du XV de France a poussé la ministre des Sports à réclamer l'ouverture d'une enquête pour déterminer l'origine de ce cluster. Roxana Maracineanu a ouvert la porte à un retrait de l'autorisation de jouer en l'absence de réponse claire.

L'avalanche de cas positifs au Centre national du rugby n'a pas que des conséquences sportives. Après avoir généré des forfaits en bataille et le report du match France-Écosse, initialement prévu dimanche 28 février, c'est une crise politique qui naît au sein de la Fédération française de rugby. Avec cette question, dont les réponses apparaissent de moins en moins claires au fil des jours : comment la fameuse "bulle sanitaire" autour du XV de France a-t-elle pu être percée ?

Quel patient zéro ?

C'est la question que la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu pose depuis plusieurs jours. L'ancienne championne du monde de natation a d'ailleurs demandé le lancement d'une enquête, mercredi 24 février, dont les résultats doivent être publiés dans la semaine. Mais d'ici là, les hypothèses se succèdent pour désigner le patient zéro, celui par qui la contamination est arrivée : il fut d'abord question d'un préparateur physique, selon le vice-président et "Covid manager" Serge Simon, dans une interview au Midi Olympique. Mais du côté de la Fédération, on pointe désormais des joueurs de l'équipe de France de rugby à VII, venus prêter main forte aux XV de France avant leur match contre l'Irlande, le 14 février.

Mais le problème de la Fédération réside dans le fait que c'est Fabien Galthié, diagnostiqué positif le même jour que le préparateur physique, qui est soupçonné d'avoir percé la bulle en ne respectant pas le protocole sanitaire. Accusations mises de côté par Bernard Laporte qui, dans une interview sur RMC, soutenait son sélectionneur : Il m'a dit : 'J'ai respecté le protocole'. Moi, je le crois.' Renforçant les soupçons à son endroit selon lesquels il voudrait couvrir une faute de son sélectionneur.

Mais au cours de cette même interview, l'ancien ministre admettait que lui-même et certains joueurs s'étaient promenés à Rome, lors du déplacement des Bleus en Italie, le 6 février. "Mais ça ne veut pas dire casser la bulle, ça ! [...] Ce serait aller dans un seul endroit où des gens peuvent te contaminer sans avoir de masque". Et d'assurer que les joueurs qui avaient été aperçus ainsi devaient être "retestés quand ils revenaient dans la bulle au contact des autres".

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Une enquête menée par la Fédération elle-même

Des explications qui ne suffisent pas à la ministre des Sports. "Une bulle, il faut faire attention à ne pas en sortir. Dans le protocole qui nous a été présenté, il y a des conditions très strictes pour les sorties et les retours", rappelait-elle sur la chaîne L'Équipe samedi 27 février, où elle rappelait que l'autorisation de disputer le Tournoi des VI Nations (il reste encore trois matches) pouvait "être retirée". Sur Europe 1, ce dimanche, elle a en tout cas mis la pression sur la Fédération française de rugby : "On a envie de comprendre qui a fait rentrer ce virus et comment il s'est propagé aux autres". 

D'où l'enquête interne, donc menée par la FFR, avec l'appui du ministère de la Santé. Insuffisant pour Florian Grill, principal opposant à Bernard Laporte, qui réclame une enquête indépendante, afin de rétablir un climat de confiance au sein du XV de France : "Il est inenvisageable de construire sur un non-dit même pour Fabien Galthié et ses équipes. On ne va pas tenir jusqu'en 2023 avec une information qui ne correspondrait pas à la réalité". La ministre, elle, attend de voir "ce qui va [lui] être expliqué" avant d'aviser. "C'est à Bernard Laporte de mesurer tout et de prendre ses responsabilités dans cette recherche de vérité". 

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