Coralie Balmy : en attendant les Jeux Olympiques

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BASSIN - Star discrète de la natation française, Coralie Balmy retrouve le grand bain de la compétition à l’occasion du championnat d’Europe de natation prévu du 13 au 24 août à Berlin. Elle défendra son titre sur 400 m nage libre.

Son sourire timide et son regard fuyant, laissent entrevoir un caractère contenu et réservé. Pour autant, à Berlin, théâtre de la 32e édition des championnats d’Europe de natation, Coralie Balmy sera l’un des chefs de file de la délégation tricolore. Championne d’Europe du 400 m nage libre en 2012, et médaillée de bronze au relais 4 x 200 m aux jeux Olympiques de Londres, la Martiniquaise endosse le rôle de leader de l’équipe féminine, en l’absence de Camille Muffat. "Je vise clairement le titre sur 400 m et la finale du 800 m. J’ai eu ces dernières semaines de bonnes sensations qui me mettent en confiance, même si je sais que la concurrence sera rude avec les Britanniques ou encore les Espagnoles."

Depuis qu'elle a quitté sa Martinique natale, il y a douze ans, la nageuse originaire de La Trinité a suivi une progression constante qui l’a amenée à prendre progressivement la place délaissée par Laure Manaudou, l’ex-reine du 400 m. "J’ai réalisé que je pouvais briller sur cette distance en 2004. J’ai terminé à la 4e place en championnat de France à quelques centièmes seulement du temps qualificatif pour les championnats d’Europe à Madrid, juste avant les JO d’Athènes." En effet, Laure représentait une véritable motivation pour les filles de sa génération : "Elle m’a fait beaucoup progresser car, à chaque fois que j’avais une course avec elle, mon objectif était de me rapprocher d’elle, et de ne pas la lâcher."

Fierté martiniquaise

Le passage de témoin aura finalement lieu en 2007. En coupe de France, Coralie Balmy remporte le 800 m nage libre et termine avec trois secondes d’avance sur Laure Manaudou. Un exploit. En 2008, aux JO de Pékin, elle confirme ces bonnes dispositions en finissant 4e à la finale du 400 m, loin devant la protégée de Philippe Lucas, qui finit dernière. "Ce résultat m’a définitivement donné confiance en mes capacités."

Elle enchaîne ensuite avec le titre européen à Eindhoven sur 4 x 200 m nage libre et un premier record du monde sur 200 m en Championnat de France petit bassin à Angers. De l’autre côté de l’Atlantique, sur l’île aux Fleurs, ses performances font la fierté de Sylvie et Joseph, ses parents, mais également de tous les Martiniquais. A Sainte-Marie, la commune où elle a grandi, la piscine locale porte son nom depuis 2009. "Cela m’a fait chaud au cœur, je ne m’y attendais vraiment pas. J’ai commencé à nager dans cette piscine à l’âge de cinq ans jusqu’à mon départ pour la métropole à quinze ans. Mais j’ai toujours gardé le contact avec les gens là-bas. J’ai vraiment été émue."

En retrait du star-system

Sous les feux des projecteurs, comme dans sa vie privée, la nageuse cultive la discrétion. Un temps, les caméras ont été attirées par sa relation avec Alain Bernard (champion olympique du relais 4 x 100 m nage libre en 2012, ndlr) qui s’est terminée en août 2013. Mais la belle naïade a toujours pratiqué le "no comment" lorsqu’il s’agissait de sa vie privée. "C’est dans mon caractère, j’aime la tranquillité." Licenciée à Mulhouse, la jeune femme s’entraîne à Antibes, environ 30 h par semaine avec Franck Esposito (ancien champion d’Europe du 200 m papillon, ndlr) dans un club médiatiquement moins exposé que ceux de Nice ou de Marseille.

Coralie Balmy possède aujourd’hui le talent et l’expérience pour monter régulièrement sur les podiums. "Dans mon esprit, les Championnats d’Europe de Berlin représentent une étape sur le chemin qui mène aux JO de Rio, en 2016. Les Jeux ne se préparent pas en un an. Là, je mettrai tout en œuvre pour décrocher l’or." Confiance et maturité, le mélange peut faire très mal.

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