Coupe Davis : pourquoi, même avec Yannick Noah, ça ne marche toujours pas

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TENNIS - Éliminés sans gloire face aux Croates de Marin Cilic en demi-finale dimanche (3-1), les Bleus ont une nouvelle fois déçu leurs supporters. Et même si certains pensaient qu'avec l'arrivée de Yannick Noah en tant que capitaine devait tout changer, difficile de lutter contre la malchance et les limites de cette équipe de France.

Une cascade de forfaits, mais pas que...

L'excuse est toute trouvée. Reposant depuis plusieurs années sur les fameux "nouveaux Mousquetaires" que sont Jo-Wilfried Tsonga (n° 12), Gaël Monfils (n° 8), Richard Gasquet (n° 17) et Gilles Simon (n° 28), l'équipe de France n'a pu compter pour cette demi-finale que sur la moitié de ce quatuor, tout de même déjà perfectible à la base. Tsonga et Monfils blessés, Simon hors de forme depuis plusieurs semaines, la responsabilité de faire gagner les Bleus incombait donc à Gasquet. Déjà pas leader dans l'âme, d'autant qu'en plus, il revenait de blessure... Et si le Biterrois a bien fait le job lors du premier match vendredi face à Borna Coric (n° 42), il s'est montré impuissant contre Marin Cilic (n° 11) dimanche après-midi (3-6, 2-6, 5-7). Le vainqueur de l'US Open 2014 avait d'ailleurs déjà fait mordre la poussière à l'inexpérimenté en Coupe Davis Lucas Pouille vendredi (6-1, 7-6, 2-6, 6-2) et a battu la France presque à lui tout seul. Un peu comme Andy Murray en quart de finale l'an dernier. Ou l'illustration parfaite de ce que peut faire un vrai leader, un top player capable de briller en Grand Chelem, et que, même au complet, les Bleus n'ont pas.

Un double décidément décevant

Pourtant vainqueurs de l'US Open 2015 (demi-finale cette année), de trois Masters 1000 au printemps dernier (Indian Wells, Miami et Monte-Carlo) puis de Wimbledon fin juin, Nicolas Mahut (n° 1 mondial de la spécialité) et Pierre-Hugues Herbert ont failli. Opposés à une paire beaucoup moins expérimentée (Cilic ne s'est jamais aligné à deux sur Grand Chelem et Ivan Dodig a brillé en duo, mais avec Marcelo Melo...), les Français ont tout de même raté leur rendez-vous samedi (6-7, 7-5, 6-7, 3-6). Comme lors du dernier Roland-Garros (défaite en 8e de finale) et surtout pendant les récents Jeux olympiques à Rio, où ils ont été sortis dès le premier tour. Et même si Mahut estimait que lui et son compère avaient "tout donné" face aux Croates et voulait croire aux chances de Gasquet, la perte du double condamnait déjà la France à un exploit. "Un miracle", comme l'a qualifié le Biterrois, qui n'a donc pas eu lieu.

Le fait que Monfils ne soit pas là est une très bonne chose par rapport à l’état d’esprit"Yannick Noah

Et Noah dans tout ça ?

Évidement pas les conditions idéales. Fortement handicapé par les forfaits de ses deux meilleurs joueurs (Monfils et Tsonga), le capitaine tricolore a dû faire de ses remplaçants (Gasquet et Pouille) des titulaires. Un vrai test de ses capacités à transcender, que celui qui a été nommé il presque un an (le 21 septembre 2015) n'a donc pas passé avec succès. Dans ses choix d'hommes, pas grand-chose à redire, vu qu'il a fait avec les moyens du bord. Mais il n'a pas su peser sur la linéarité de cette demi-finale, annoncée perdue à partir du moment où le point du double a filé côté croate. Même chose, d'ailleurs, sur l'attitude de Gasquet au moment où il a senti le deuxième set lui échapper face à Cilic et a commencé à baisser les bras. Noah n'a pas su changer ça, même si, c'est sûr, ce n'est pas lui qui est sur le court... 

Reste que là où le capitaine victorieux des Coupes Davis 1991 et 1996, ainsi que de la Fed Cup en 1997, porte une vraie responsabilité dans cet échec, c'est dans la gestion du cas Monfils. Car en plus de lui avoir demandé de quitter l'équipe de France après sa blessure, il aurait très bien pu le conserver au côté de ses coéquipiers pour les motiver ou les encourager, Noah a ensuite évoqué "un problème d’état d’esprit" de la part du n° 1 français. Pas génial pour l'ambiance et pour Gasquet, que l'on sait très proche de Monfils... Ça promet pour la suite.

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