Les athlètes qualifiés pour les JO de Tokyo devront-ils tous se faire vacciner ?

Le CIO ne prévoit pour l'heure aucune vaccination obligatoire.

PIQÛRE - Champion du monde du 100 mètres en 2011, le Jamaïcain Yohan Blake a prévenu qu'il n'irait pas à Tokyo s'il devait se faire vacciner. Pour l'heure, le CIO ne l'impose pas aux athlètes.

Resté durant des années dans l'ombre d'Usain Bolt, le coureur jamaïcain Johan Blake fait partie des candidats à la médaille d'or sur 100 mètres lors des prochains Jeux olympiques de Tokyo. En cette période de pandémie, qui rend toujours incertaine la tenue de l'événement, le sprinteur a d'ores et déjà annoncé qu'il ne serait pas du voyage au Japon si la participation aux Jeux était conditionnée à une vaccination. 

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"Je préférerais rater les Jeux olympiques plutôt que de me faire vacciner", a annoncé le champion du monde 2011, ajoutant qu'il avait "ses raisons" pour justifier une telle position. Une déclaration qui interroge sur la position du Comité international olympique (CIO) à l'approche d'une compétition majeure pour le sport mondial.

Encourager sans imposer

Du côté du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), il n'est pas prévu d'imposer un vaccin aux athlètes français. Son président Denis Masseglia a ainsi simplement expliqué que "les sportifs qui ne seront pas vaccinés devront se soumettre aux mesures sanitaires que les autorités japonaises mettront en place". Soit de potentielles quarantaines de longue durée, auxquelles s'ajouteraient des batteries de tests afin d'éviter toute propagation potentielle du virus. "J'ai pris position pour la vaccination, j'espère que tous les athlètes français seront dans cette optique-là", a-t-il souligné au Parisien. "Les sportifs doivent aussi comprendre que le vaccin est bien pour leur entourage, pour la délégation française. [...] Mon rôle est de convaincre les plus sceptiques. Si on veut être tranquille, il faut se faire vacciner." 

Inciter sans pour autant forcer, voilà en quelque sorte le résumé de la position française, assez similaire à celle adoptée par nos voisins suisses. "Depuis quelques semaines, il a été décidé de pas obliger, mais plutôt de recommander le vaccin", confie à LCI un représentant du comité national olympique helvétique. "Comme nous le faisons d'ailleurs pour la grippe lors des JO d'hiver", nous précise-t-on. Une position qui pourrait toutefois être revue d'ici au début des épreuves, fin juillet : "Si le japon décide que le vaccin est obligatoire pour entrer sur son sol, on reconsidèrera notre position."

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Du côté de la présidence du CIO, rien ne semble indiquer une quelconque volonté d'empêcher les athlètes récalcitrants à se faire vacciner. "La vaccination n'est pas la solution miracle qui résout tous les problèmes. Elle fait partie des contre-mesures pour Tokyo 2020", a lancé son président, Thomas Bach. "Nous encourageons tout le monde à accepter la vaccination, mais les athlètes ne doivent pas sauter la file d'attente", a-t-il ajouté.

Cette position est aujourd'hui appuyée par la CIO dans sa communication officielle, celui-ci assurant qu'il "continue d'appuyer fermement la priorité consistant à vacciner les groupes vulnérables, les infirmières, les médecins et tous ceux qui assurent la sécurité de nos sociétés". L'enjeu de la vaccination est rappelé par le Comité : "Il s'agit de contribuer à la sécurité de l'environnement des Jeux, mais aussi par respect pour le peuple japonais, qui doit être convaincu que tout est fait pour protéger non seulement les participants, mais aussi la population elle-même."

En résumé, il est donc pour l'heure exclu que la vaccination soit imposée aux athlètes qui souhaiteraient concourir lors des JO de Tokyo cet été. Le CIO et les différents comités olympiques nationaux ont choisi une approche différente, qui consiste à proposer le vaccin et à inciter les sportifs à y avoir recours. Une position amenée à évoluer si la situation sanitaire devait pousser les autorités japonaises à exiger que les voyageurs entrant sur son sol soient obligatoirement vaccinés. 

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