Désormais paraplégique, Kevin Anin "a tout ce qu'il faut"

Désormais paraplégique, Kevin Anin "a tout ce qu'il faut"

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NOUVELLE VIE – Victime d'un accident de la route en 2013, Kevin Anin, ancien joueur de l'OGC Nice, est désormais paraplégique. Une nouvelle vie dont il s’accommode tant bien que mal.

"J’ai tout ce qu’il faut, je ne marche pas, c’est tout." Le constat est là, implacable. Interrogé par L'Equipe ce mercredi, Kevin Anin a accepté de revenir sur sa nouvelle vie, celle d'un ancien footballeur devenu paraplégique à la suite d'un accident de la route, le 3 juin 2013. Passé par Le Havre, Sochaux et Nice, l'ancien milieu de terrain, désormais âgé de 29 ans, a d'abord eu du mal à se plonger dans la rééducation. "Je n’ai pas suivi le processus habituel, je n’ai pas poursuivi la rééducation entamée après l’accident. Ensuite, j’ai mis du temps à me remettre dedans, jusqu’à cet été quand j’ai décidé de reprendre tout seul", explique-t-il, avouant un rejet du milieu hospitalier.

Ecorché vif du temps de sa carrière, le Normand n'a pas vraiment changé. Mais il s'est accroché, et a désormais décidé de se prendre en main, lui qui a installé des appareils de rééducation ainsi qu'une piscine intérieure. "Le matin, je fais mes soins, avec la table de verticalisation pour retrouver l’équilibre justement. Dans ma chambre, j’ai une barre pour travailler les bras. J’ai aussi une salle avec du matériel de rééducation. Cela dépend comment je vais dans ma tête, mais je travaille deux heures par jour", raconte-t-il.

"Quand j'étais malheureux, en réalité, je ne l'étais pas"

De quoi continuer à espérer. "Les médecins m’ont dit que je ne remarcherai pas, mais je ne les écoute pas. Tout est possible. Ce ne sont pas que des mots, c’est à moi de faire le nécessaire. C’est long, mais un jour peut-être…, souffle-t-il, refusant d'évoquer son avenir professionnel. Je me concentre sur moi. Je n’y pense pas, j’attends. Si je me décide pour une activité professionnelle maintenant, cela signifie que j’ai intégré le fait que je passerai ma vie en fauteuil."

Pas encore tout à fait prêt à accepter son sort, Kevin Anin a désormais sa propre définition du bonheur. "C’est quoi être “heureux” ? On n’emploie pas les bons mots. Quand j’étais malheureux, en réalité, je ne l’étais pas. Quand tu as des principes, que tu sais ce que tu veux, tu as ta propre définition du mot heureux. Il me manque juste un petit truc, mais, de toute façon, cela a toujours été le cas, conclut-il. C’est bizarre mais par rapport à avant, je respire. Si j’avais aujourd’hui mes jambes, si je jouais encore au foot, peut-être serais-je devenu fou ! Il y a du bon dans ce que je vis. Cela m’empêche peut-être de faire des bêtises. Je fais même plus de choses qu’avant l’accident, je suis plus famille..."

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