Édouard Cissé avant Monaco-PSG en finale de la Coupe de la Ligue : "Si Paris ne fait pas le triplé, ce serait un vrai cataclysme"

Édouard Cissé avant Monaco-PSG en finale de la Coupe de la Ligue : "Si Paris ne fait pas le triplé, ce serait un vrai cataclysme"

INTERVIEW – Édouard Cissé a joué 259 matchs sous le maillot du PSG entre 1997 et 2007, et a disputé la finale de la Ligue des champions sous celui de l’AS Monaco, en 2004. Aujourd’hui consultant pour l’émission Téléfoot, l’ex-milieu décrypte, pour LCI, le nouveau rapport de forces entre les deux équipes, qui s’affrontent ce samedi (21 heures) à l’occasion d’une finale de la Coupe la Ligue très attendue.

Ils sont, 33, en tout, à avoir joué au PSG et à Monaco. Leur cœur balancera forcément ce samedi soir, en regardant la finale de la Coupe de la Ligue qui opposera les deux clubs, également engagés dans une âpre lutte pour le titre de champion de France. Parmi eux, Édouard Cissé aura un regard d’autant plus attentif qu’il analysera la rencontre le lendemain matin, sur le plateau de Téléfoot. On s’est entretenu avec lui, pour se faire une idée précise de ce que chacun aura à perdre et à gagner.

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LCI : Qui est le favori de cette finale selon vous ?

Édouard Cissé : C’est compliqué à dire… Par rapport à l’expérience, c’est Paris. Par rapport à la dynamique actuelle, c’est Monaco.

LCI : Quel impact peut avoir le résultat de cette finale sur la suite de la saison, notamment dans la lutte pour le titre ?

Édouard Cissé : Pas énorme si Monaco perd. Parce qu’ils pourront rebasculer sur la Ligue des champions, la Ligue 1 et la Coupe de France. Pour Paris, en revanche, c’est déterminant, en raison de leur échec en Ligue des champions. Maintenant, ils doivent absolument maintenir leur hégémonie nationale. Cette finale est donc cruciale pour qu’ils retrouvent une dynamique positive dans les prochaines semaines. Une défaite leur mettrait un coup derrière la tête, alors que Monaco serait euphorique. En plus, il y aura tout un environnement négatif autour du PSG, la pression des médias, les supporters mécontents et tout le toutim. Il y a une énorme pression sur Paris, une vraie nécessité de gagner.

Le Monaco actuel me rappelle mon équipe de 2003-2004- Edouard Cissé

LCI : Qui a la politique sportive la plus cohérente, Monaco qui recrute des jeunes à fort potentiel de revente, ou Paris qui recrute plutôt des stars confirmées et mise sur la stabilité ?

Edouard Cissé : Ce sont deux projets différents. La question de la cohérence de celui du PSG, il y a trois semaines, après la victoire 4-0 contre le Barça, vous ne la posiez pas. L’important, c’est de rester fidèle à son projet. Monaco a fait preuve de pragmatisme. Il y a quatre ans, le club recrutait des grosses stars, comme Paris, mais avec le fair-play financier qui est arrivé (l’obligation de ne pas dépenser plus que ce qu’on gagne, ndlr), il a changé de direction très rapidement. En misant sur les jeunes, il ne s’est pas trompé. En fait, les deux projets sont cohérents. Bon, Monaco a un petit avantage aujourd’hui, parce que ses joueurs gagnent en valeur. Et tous ne seront pas vendus cet été.

LCI : Monaco, en dépensant moins d’argent et en modifiant plus son effectif chaque été que Paris, semble avoir plus d’assurance dans le jeu…

Edouard Cissé : C’est le mérite de Leonardo Jardim (l’entraîneur, ndlr). Il a bien façonné son groupe. Il y a deux saisons, il était encore très critiqué pour son jeu trop défensif. Cette année, on voit que c’est un grand entraîneur parce que son équipe est devenue beaucoup plus offensive, tout en restant solide. C’est même la meilleure attaque d’Europe. De son côté, Unai Emery n’a pas trouvé le schéma tactique idéal, ni su mettre ses joueurs dans leurs positions idéales. Il a dû mettre son nez dans le recrutement et bon, Krychowiak (acheté 25 millions d’euros l'été dernier, ndlr), on ne sait pas où il joue. J’en parle parce que c’est mon poste, celui de milieu défensif. Lui ne peut pas jouer sentinelle parce que, à Paris, c’est celui qui relance. Il faut la qualité technique d’un Motta ou d’un Rabiot. Et donc s’il faut jouer à deux milieux défensifs plutôt que trois, tu n’as pas besoin de Krychowiak. Le projet de jeu de Monaco, pour le coup, est plus cohérent. Emery, lui, prône un jeu vertical. Tout ce qu’il veut, en fin de compte, c’est gagner. Il faudrait peut-être se demander comment gagner, par quels moyens ?

LCI : Est-ce qu’on pourrait assister, dès samedi, au basculement d’un rapport de forces, est-ce que Monaco peut prendre le dessus et devenir la vraie place forte du football français ?

Edouard Cissé : Déjà, Marquinhos est blessé, et les Sud-Américains, comme Cavani, Di Maria et Thiago Silva, reviennent d’un long voyage avec leurs équipes nationales. Ils sont rentrés jeudi donc, physiquement, ils sont émoussés. Paris n’est pas dans les meilleures conditions pour disputer ce match. Du coup, on ne peut pas tout remettre en question à partir de ce match. Il faut prendre du recul. On ne peut pas encore répondre à cette question.

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LCI : Peut-on imaginer, si Monaco remportait cette finale, puis la Ligue 1, que le PSG vivrait la plus grande crise qu’il n’ait jamais connue depuis l’arrivée du Qatar à la tête du club ?

Edouard Cissé : Ce serait un constat d’échec, c’est sûr. Le budget de Paris est trois fois supérieur à celui de Monaco. Ils ont dépensé énormément d’argent… Mais je ne m’imagine pas ce scénario. J’imagine plutôt que le club est suffisamment costaud pour se ressaisir et relever les manches dans ce moment crucial. C’est là qu’on va voir si les joueurs expérimentés, recrutés à prix d’or, sont vraiment utiles. Ils doivent faire le triplé en France, pour faire oublier la défaillance de Barcelone. Ils n'ont pas le choix. Si, effectivement il n’y a pas ça, ce serait un vrai cataclysme.

LCI : Julian Draxler a déclaré : "Notre équipe reste la plus forte"…

Edouard Cissé : Quand tu es joueur, tu peux le dire. Tu dois donner confiance à tes partenaires. Je pense qu’il a raison dans le sens où le PSG a déjà gagné beaucoup de finales. Il y a un vécu commun, et donc une meilleure gestion de ces moments-là. Parce que, on a beau dire, une finale, c’est particulier, notamment sa préparation… Là-dessus, Paris a un avantage.

LCI : Pour finir, de quel côté pencherez-vous samedi ? À quel club êtes-vous le plus attaché ?

Edouard Cissé : Je suis neutre. Mais ce qui me plaît, c’est que le Monaco actuel me rappelle mon équipe de 2003-04 (l’ASM de Didier Deschamps finaliste de la Ligue des champions, ndlr). Ça me rend nostalgique de les voir. On a du mal à détester cette équipe, les mecs qui la composent sont adorables. Et puis il y a beaucoup de jeunesse. Cette sympathie fait qu’on lui souhaite beaucoup de bonnes choses. Après, moi, je serai heureux quel que soit le vainqueur, hein.

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