Équipe de France : ces titulaires à l’Euro qui peuvent (déjà) s’inquiéter pour leur place

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FOOTBALL – Presque deux mois sont passés depuis la finale de l’Euro 2016, perdue (0-1 après prolongation) contre le Portugal. Dès ce jeudi soir, en Italie, les Bleus entament une nouvelle ère censée les mener au Mondial 2018. Avec des cadres aux statuts fragilisés.

On a longtemps cru que l’équipe de France de l’Euro 2016 serait celle de la Coupe du monde 2014, avec deux ans de bouteille en plus. On n’avait pas vu venir l’affaire de la sex-tape qui a emporté Karim Benzema et Mathieu Valbuena, le brûleur anti-graisse de Mamadou Sakho, le retour en grâce de Lassana Diarra, celui de Dimitri Payet, le forfait de Raphaël Varane, celui de Lassana Diarra, l’émergence de Ngolo Kanté au détriment de Yohan Cabaye, celle de Moussa Sissoko au détriment de Ngolo Kanté… « Tout va très vite dans le football », aimait à répéter Lilian Thuram. Ainsi, même si moins de deux mois séparent la finale perdue (0-1 a.p) contre le Portugal du Italie-France de ce jeudi soir (21h sur TF1), marquant le début de la route vers le Mondial 2018, quelques bouleversements se dessinent, déjà, dans le onze type de Didier Deschamps. Passage en revue.

En défense centrale, des cartes redistribuées

« Raphaël (Varane) a malheureusement eu cette blessure au mauvais moment, mais je ne vais pas changer d’avis sur lui. Il fait partie des cadres importants. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas joué l’Euro qu’il repart en bas de l’échelle », a prévenu le sélectionneur. En clair : Samuel Umtiti et Adil Rami, qui s’étaient disputés la place au côté de Laurent Koscielny en charnière pendant l’Euro, vont désormais sans doute devoir se contenter du rôle de doublures. Un luxe pour Didier Deschamps, après quatre ans passés à bricoler dans ce secteur. 

Retour à la case départ pour les arrières latéraux

« Patrice (Evra) a son âge (35 ans, ndlr). Ça me semblait important de donner du temps de jeu et des responsabilités à des joueurs plus jeunes. Ce n’est pas en étant dans le groupe, sans jouer, qu’ils vont s’affirmer », avait également annoncé le coach au moment de rendre publique sa dernière liste. Voilà donc le néo-Barcelonais Lucas Digne et Layvin Kurzawa, auteur d’un impressionnant début de saison avec le PSG, tous deux convoqués. Et c’est peu dire que leurs prestations los des deux prochains matchs vaudront cher en vue des deux années à venir.

À droite, la problématique est quasi similaire, et Bacary Sagna pourrait regretter longtemps d’avoir été blessé pour cette sélection. Car Djibril Sidibé, déjà très en vue lors des entraînements des Bleus à Biarritz, quand il n’était encore qu’un réserviste, avait fait forte impression. Et, un transfert à Monaco plus tard, il figure carrément aujourd’hui un potentiel titulaire en puissance. Quant au nouveau venu, Sébastien Corchia, il a déjà annoncé la couleur : « Maintenant que je suis là, je compte bien rester. »

Au milieu, l’inconnu Moussa Sissoko

Didier Deschamps n’a eu de cesse d’hésiter entre 4-2-3-1 et 4-3-3 durant tout l’Euro. Et ce n’est pas fini. « Ce n’est toujours pas un problème de changer de système d’un match à l’autre ou en cours de match », a sereinement souligné le sélectionneur ce mercredi depuis Bari, en conférence de presse. A priori, on part sur une reconduction du binôme Pogba-Matuidi, mais le second, dont la situation floue au PSG « est définitive », dixit Deschamps (comprendre : il ne partira pas mais n’a toujours aucune garantie sur son temps de jeu) pourrait se faire damer le pion par un Ngolo Kanté titulaire indiscutable à Chelsea.

Mais, dans un premier temps, c’est surtout le cas Moussa Sissoko qui va susciter l’attention. Le futur ex-milieu de Newcastle, en partance pour Tottenham ou Chelsea, avait surpris tout le monde durant l’Euro  en s’imposant comme un homme fort de cette équipe de France… sur l’aile droite de l’attaque. Le sélectionneur le maintiendra-t-il à ce poste, le redescendra-t-il dans l’axe ou le remettra-t-il sur le banc ? De ce choix dépendra le système, et augmentera ou non la marge de manœuvre dont disposeront Ousmane Dembélé et Kingsley Coman pour s’installer côté droit.

À la pointe de l’attaque, Olivier Giroud n’est plus sûr de rien

Il n’aura pas échappé à l’œil de lynx du sélectionneur qu’Arsenal vient de recruter un nouveau n°9 (Lucas Perez). Ce qui ne devrait pas arranger les affaires d’Olivier Giroud, déjà souvent remplaçant la saison passée. Du coup, si son temps de jeu se réduit à peau de chagrin, l’attaquant risque de ne plus pouvoir revendiquer bien longtemps un statut de titulaire en Bleu. Surtout que, derrière, ça pousse fort. Outre André-Pierre Gignac, Kevin Gameiro, ayant signé à l’Atlético, pourrait acquérir un nouveau statut dans les prochaines semaines, tandis qu’Alexandre Lacazette, convoqué mais finalement forfait pour ces deux matchs , s’il continue à enquiller les buts, a, lui aussi, une vraie carte à jouer. À voir.

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