Équipe de France : ce genou à terre qui agace la droite et l'extrême droite

Griezmann et Tolisso, un genou à terre avant le match contre le Pays de Galles

POLÉMIQUE - Après que Hugo Lloris a annoncé que les Bleus allaient, comme ils l'avaient fait en amical face au pays de Galles, mettre un genou à terre, les réactions politiques à droite et à l'extrême droite s'enchaînent pour critiquer cette initiative.

L'affiche fait piaffer d'impatience les amateurs de football. Mais ce mardi, avant le sommet France-Allemagne sur la pelouse de l'Allianz Arena de Munich, il y aura une initiative qui n'est pas du goût de tout le monde. Depuis que le capitaine Hugo Lloris a fait part lundi de réitérer l'initiative que les Bleus avaient déjà prise lors de l'amical face au pays de Galles à Nice le 2 juin, des responsables politiques montent au créneau. 

De droite et d'extrême droite, ils sont agacés par l'intention des Bleus de mettre un genou à terre pour protester contre les discriminations. Cette décision a été défendue par la Fédération, soulignant un geste "honorable" quand, sur LCI, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu les a encouragés, voyant dans "le sport est un formidable outil pour lutter contre les discriminations", a-t-elle expliqué. 

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Les Bleus éliminés de l'Euro

"Black Lives Matter, c'est un drame [...] qui s'est passé aux États-Unis", "avec la police américaine, pas avec la police française, qui n'a jamais eu ces dérives", a affirmé sur Europe 1 Thierry Mariani, candidat RN pour les régionales en Paca. "Mettront-ils aussi un genou à terre l'année prochaine lors de la Coupe du monde au Qatar pour rendre hommage aux plus de 6.500 ouvriers immigrés morts sur la construction des stades de la honte ?", a rétorqué le numéro 2 du RN Jordan Bardella sur Twitter.

L'ancien vice-président du RN Florian Philippot, à la tête des Patriotes, a qualifié sur Twitter l'intention des Bleus de "honte" et le mouvement Black Lives Matter de "machin sponsorisé pour faire monter les tensions, casser les peuples, les diviser, les entretenir dans le ressentiment, les affaiblir !"

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Chez Les Républicains, le député Eric Ciotti a appelé l'équipe de France à "rappeler son soutien à notre police", en déplorant qu'elle n'ait pas mis un genou à terre "pour les victimes du terrorisme islamiste ou les policiers assassinés par des barbares".

Philippe Gosselin, député de la Manche, y voit se son côté "une instrumentalisation". "Ce n'est pas le rôle de l'équipe de France. Il faudrait plutôt chanter la Marseillaise que mettre un genou à terre". 

Sur Twitter,  la sénatrice LR Valérie Boyer argumente que "la France peut être solidaire, elle n'est en rien responsable" du racisme. "Ce genre de symbole, ça fait de mal à personne, mais c'est pas ce qui fait avancer les choses", a estimé pour sa part le numéro trois de LR Aurélien Pradié sur Sud Radio.

Une reconnaissance par rapport à une injustice- Noël Le Graet, président de la FFF

Si l'on quitte le champ politique, les réactions sont différentes, jusque dans des instances pas tout le temps enclines à "politiser" le sportif  :  interrogé par RMC Sport, le patron de la Fédération française de football (FFF) Noël Le Graët a défendu l'équipe de France, se disant "très favorable" à ce geste, vu comme "une reconnaissance par rapport à une injustice". "Que nos jeunes joueurs prennent conscience de ces difficultés, je trouve cela très honorable et intelligent de leur part", a insisté l'ancien maire socialiste de Guingamp.

À gauche, l'eurodéputée LFI Manon Aubry s'est dite "fière de notre équipe de France qui s'engage contre le racisme et les discriminations". "Le déferlement de haine de l'extrême droite qui a lancé le hashtag #BoycottEquipeDeFrance montre à quel point les bleus ont raison de se mobiliser !", a-t-elle ajouté dans un tweet.

Le genou à terre, un symbole depuis 2016

Le geste, amplifié à l'occasion des manifestations pour protester contre la mort de George Floyd en mai 2020 à Minneapolis, est loin d'être une spécificité française : si, dans l'indifférence des politiques, les joueurs français avaient déjà mis un genou à terre contre le pays de Galles en match de préparation, ceux de l'équipe de Belgique l'ont fait, sous les sifflets du public de Saint-Pétersbourg, samedi avant le match de l'Euro contre la Russie, tandis que les Russes sont restés debout. 

Avant eux, les joueurs de Premier League notamment ont pris l'habitude de mettre un genou à terre avant les rencontres depuis la mort de George Floyd.

Le genou à terre est devenu un symbole, aux États-Unis puis dans le monde, du mouvement "Black Lives Matter" contre le racisme et les violences policières. Avant même le meurtre de George Floyd, le quarterback Colin Kaepernick avait posé un genou à terre pendant l'hymne national en 2016 pour protester contre les violences policières faites aux personnes noires. Le geste avait coûté au joueur sa carrière et il s'était attiré les insultes du président Donald Trump.

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