Euro 2015 : comment les Bleus gèrent la pression populaire

Euro 2015 : comment les Bleus gèrent la pression populaire

PRESSION – Après avoir comblé les 10 000 spectateurs quotidiens de la Park and suites Arena de Montpellier, l'équipe de France de basket s'apprête à disputer la phase de finale de l'Euro dans le Grand Stade de Lille. Déjà soumis à la pression nationale, face à la Turquie ce samedi soir, les coéquipiers de Tony Parker vont désormais évoluer devant 27 000 personnes, du jamais-vu pour un match de basket en Europe. Mais pas de quoi effrayer les joueurs de Vincent Collet.

Les Bleus entrent dans le vif du sujet. Enfin. Au revoir Montpellier, bonjour Lille et son incroyable stade Pierre-Mauroy de 50 000 places habituellement utilisé par le LOSC et configuré en mode Arena pour la phase finale de l'Eurobasket (27 000 places). Jamais un match de basket européen ne s'est joué devant autant de monde, alors le challenge a de quoi être excitant. Autant pour le public français, attendu en nombre, que pour les joueurs qui sont conquis par le projet monté sur le tas par la Fédération française de basket.

"Jouer devant un tel amas de personnes, c'est génial, s'enthousiasme Nicolas Batum. J'en ai parlé avec Gaël Monfils, qui avait disputé la finale de Coupe Davis là-bas. Il m'avait dit que c'était énorme, mais qu'en ambiance basket, il pensait que ça allait être 1000 fois mieux !" Egalement habitué aux salles surdimensionnées de la NBA, Evan Fournier, n'avait pas souvenir d'avoir vu un défi aussi fou se proposer à lui. "Jouer dans une salle, devant 27 000 personnes, c'est vraiment le truc incroyable. On a du mal à réaliser" poursuit-il. Si Florent Pietrus, la voix de sagesse, reconnaît que l'expérience est détonante, il tempère un peu l'effervescence générale de ses coéquipiers. "Dans la configuration dans laquelle on est, je ne pense pas qu'on ait besoin d'excitation, on aurait pu jouer dans une salle de 10 personnes, la motivation aurait été la même."

"Je n'ai pas forcément envie de vivre l'expérience de l'Espagne"

Avoir un public acquis à sa cause et jouer devant ses fans ne garantit finalement aucunement un succès final dans la compétition, en atteste cette statistique qui n'est pas de nature à rassurer les hommes de Vincent Collet. Depuis 1993 et l'Allemagne, aucune nation hôte de l'Euro n'a remporté "son" tournoi. Et les Français savent de quoi ils parlent puisqu'ils ont éliminé successivement la Slovénie à l'Euro 2013 et l'Espagne lors de la dernière Coupe du monde alors que ces deux pays organisaient la compétition.

Un an après, Nicolas Batum a encore en tête les sifflets qui avaient accompagné les coéquipiers de Pau Gasol au soir de leur défaite face aux Bleus. Un sentiment très désagréable."Les équipes sont surmotivées quand elles jouent le pays hôte. On a une motivation supplémentaire à créer l'exploit, donc c'est pour ça qu'il est difficile de triompher chez soi, souligne le nouveau joueur des Hornets. On a vu le mal que ça pouvait faire aux Espagnols l'an dernier, ça ne doit pas être évident à vivre. Je n'ai pas forcément envie de vivre leur expérience." Le public français non plus. "Tout le monde nous attend et toutes les équipes auront le couteau entre les dents au moment de nous affronter", glisse Rudy Gobert.

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Au moment d'écouter les avis des différents acteurs du groupe France, c'est le mot "pression" qui revient évidemment sur toutes lèvres. Il y a la bonne pression et la mauvaise pression. Evan Fournier fait partie de ceux qui arrivent sur un terrain de basket avec l'idée de se faire plaisir avant tout. Et préfère tirer le bénéfice de la présence d'un public derrière son équipe. "Le fait de jouer avec le soutien des supporters, je trouve que ça amène une certaine excitation. J'aime bien dire ça, car je considère que je n'ai pas forcément de pression en rentrant sur le parquet par exemple." "L'excitation sera maximale. Mais il faut bien la gérer, car ça peut être une forme de pression", continue Florent Pietrus. Toujours aussi terre à terre, Batum résumait, à sa manière, le fait de jouer un Euro en France, sous la pression populaire. L'acolyte de Parker et Diaw ne cherchait pas à en faire une affaire d'état finalement. "Chacun ressent les choses à sa façon. Moi je ne le prends pas comme une pression. Ça reste un match de basket, cinq contre cinq, un ballon, deux paniers et quatre lignes rouges, ça ne change pas." Vu sous cet angle, le problème ne se pose plus.

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