Euro : Belgique, Angleterre, Portugal... quelle équipe peut contester le statut de favoris des Bleus ?

Duel entre Romelu Lukaku et Kyle Walker lors d'Angleterre-Belgique en octobre 2020

CONCURRENCE - Quelle sélection représente la plus grande menace à l'effrayante armada de l'équipe de France à l'Euro ? LCI a passé en revue huit équipes qui peuvent contester la suprématie européenne des tricolores.

Les fauves sont (presque) lâchés. Le 11 juin prochain s'ouvre enfin, avec un an de retard, le championnat d'Europe des Nations de football. Pour la première fois de l'histoire, la compétition se déroulera dans onze villes à travers tout le vieux continent. Sur la ligne de départ, l'équipe de France, championne du monde en titre et renforcée par le retour de Karim Benzema, semble partir avec une longueur d'avance. Pour s'offrir un troisième titre continental, les Bleus auront toutefois fort à faire. En cas de faux-pas tricolore, plusieurs nations pourraient tirer leur épingle du jeu. Zoom sur ces autres favoris à la couronne continentale.

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L'Angleterre, la malédiction enfin brisée ?

Champions du monde en 1966, les Three Lions n'ont plus soulevé le moindre trophée. Pire, l'Angleterre n'a, depuis, dépassé le stade des quarts de finale de compétitions internationales qu'à trois reprises : Coupes du Monde 1990 et 2018, Euro 1996. Prise en main par Gareth Southgate en 2016 après une énième déception, la sélection anglaise a retrouvé en 2018 le dernier carré d'un tournoi. Portée par une nouvelle génération très talentueuse et placée dans une poule abordable (Croatie, République Tchèque et Écosse), l'Angleterre fait de nouveau peur et pourrait bien, de nouveau, tutoyer les sommets cet été. D'autant plus que les demi-finales et la finale se disputeront à Londres, au stade de Wembley. 

Dean Henderson, Trent Alexander-Walker, Ben Chilwell, Phil Foden, Jude Bellingham, Jadon Sancho, Mason Greenwood ou Mason Mount : les jeunes talents anglais ne manquent pas. Toutes ces pépites seront en plus encadrées par les tauliers Jordan Henderson, Harry Maguire ou James Ward-Prowse. Les sujets de Sa Majesté peuvent aussi compter sur l'un des meilleurs buteurs du monde en la personne de Harry Kane (33 buts, 17 passes décisives toutes compétitions confondues). Sur chaque ligne, les choix sont innombrables, le potentiel immense. Reste désormais à retrouver le chemin de la finale. 

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La Belgique veut sacrer sa génération dorée

Souvent placée ces dernières années, la Belgique veut rêver plus grand. Quarts de finaliste au Mondial 2014 et à l'Euro 2016, les Diables Rouges se sont frayés un chemin jusqu'aux demi-finales d'une compétition internationale lors de la Coupe du Monde 2018 en Russie. Malgré une courte défaite contre la France, future championne du monde, les Belges ont réussi à terminer le tournoi sur une bonne note, disposant de l'Angleterre pour accrocher la troisième place. Un seul objectif désormais, aller au bout cet été. Ce serait d'ailleurs une première pour la Belgique, jamais titrée et finaliste à une seule reprise sur la scène internationale (Euro 1980). 

Malgré la méforme d'Eden Hazard cette saison, les Belges disposent d'un effectif de grande qualité et d'une épine dorsale Courtois-De Bruyne-Lukaku. Si le secteur défensif semble plus fragile depuis la retraite de Vincent Kompany, la Belgique dispose d'une profondeur très importante au milieu de terrain (Dendoncker, Tielemans, Praet, Carrasco) et en attaque (Mertens, Trossard, Doku, Batshuayi). Un amas de talents qui devraient permettre aux hommes de Roberto Martinez de s'extraire sans trop de frayeurs de leur poule (Finlande, de la Russie, et du Danemark) avant de passer aux choses sérieuses. Quoiqu'il en soit, pour de nombreux cadres vieillissants de cette génération dorée, il s'agit peut-être de l’année ou jamais.

Le Portugal, un champion en titre encore plus fort ?

10 juillet 2016. Après 120 minutes d'un match irrespirable et indécis, les coéquipiers d'un Cristiano Ronaldo blessé triomphaient de Français insuffisamment réalistes. Un premier triomphe, synonyme de déclic pour la Seleção. Malgré un revers décevant en huitième de finale du Mondial 2018, l'équipe a continué de grandir ces derniers mois avec, à la clé, un deuxième trophée (première édition de la Ligue des Nations, en 2019). Pleins de certitudes, les joueurs de Fernando Santos tenteront de conserver leur titre cet été. 

Une chose est sûre, la Seleção semble avoir les moyens de ses ambitions, pouvant encore compter sur des cadres d'expérience avec Rui Patricio, Pepe, Fonte, Moutinho et Cristiano Ronaldo. Pour accompagner ces grognards, le sélectionneur a choisi des joueurs de grande qualité comme Joao Cancelo, Ruben Dias, Ruben Neves, Bernardo Silva, Diogo Jota ou encore Joao Félix. Le maestro Bruno Fernandes - auteur d'une énorme saison avec Manchester United - est également de la partie et constituera un atout majeur côté portugais.

Seule ombre au tableau, et non des moindres, la phase de poules durant laquelle les Portugais pourraient laisser des plumes. Pour voir les huitièmes de finale, ils devront se défaire de la France, de l'Allemagne mais aussi de la Hongrie, petit poucet du groupe qui a des arguments à faire valoir. Loin d'être une formalité ; le chemin vers le doublé s'annonce long et tortueux. 

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L'Allemagne, un géant en pleine mue

L'histoire a montré que la Mannschaft ne devait jamais être prise à la légère lors d'une compétition internationale. Malgré tout, l'impression que les quadruples champions du monde n'avancent plus depuis plusieurs années est tenace. Depuis leur dernier sacre mondial, les Allemands multiplient les résultats décevants avec en point d'orgue l'élimination dès la phase de poule du Mondial 2018. Pire, le changement générationnel amorcé par Joachim Löw est en partie mort-né, puisque le futur ex-sélectionneur s'est renié en rappelant les vieux briscards Mats Hummels et Thomas Müller.

Malgré les récents déboires et une poule de la "mort", les ultra-rhénans ne se présentent pas en victimes expiatoires et comptent bien profiter des faibles attentes autour d'eux. "Je pense que nous ne sommes pas parmi les grands favoris. Mais ce n'est pas forcément un poids pour nous", indique ainsi à BeinSport le sélectionneur, qui laissera sa place à Hansi Flick après l'Euro. "On doit jouer chaque match comme une finale. Si on y parvient alors tout sera possible ensuite", lance-t-il. 

Même s'il fait moins peur qu'auparavant, l'effectif allemand reste solide avec des joueurs d'expérience (Hummels, Muller, Gundogan, Kroos) auxquels se mêle une jeune garde très séduisante (Goretzka, Gnabry, Kimmich, Musiala). Si la mayonnaise prend, l'Allemagne ne devrait pas être très loin d'un nouveau titre continental. 

L'Espagne, du talent mais des doutes

Après une période faste, l’Espagne est désormais en reconstruction sous la houlette de Luis Enrique. Privée de Sergio Ramos, blessé, la Roja arrive à l'Euro en manque de repères, notamment sur le plan défensif. Sans nom clinquant, la formation ibérique peut compter sur un effectif jeune et talentueux, notamment au milieu de terrain. Autour du vétéran Sergio Busquets, Rodri, Pedri, Thiago Alcantara, Koke, Fabian Ruiz  constituent un entrejeu qui, quels que soient les choix effectués, le talent technique de l'entrejeu espagnol posera problème à ses adversaires. Devant, Dani Olmo, Ferran Torres et Adama Traoré auront la lourde charge de faire oublier leurs glorieux ainés David Villa et Fernando Torres. En défense, les débuts d'Aymeric Laporte seront évidemment scrutés après qu'il a fait le choix de renoncer à l'équipe de France. 

Malgré les doutes et les échecs successifs de ces dernières années, les Espagnols ont sans doute les armes pour aller loin même si la jeunesse et la relative inexpérience de l'effectif pourraient couter cher. Lors des phases de poules, l'Espagne devra se méfier de la Pologne et de sa gâchette Robert Lewandowski mais aussi d'une Suède toujours rugueuse et difficile à jouer. La Slovaquie semble, a priori, un cran en dessous de ces formations. 

L'Italie, la Croatie ou les Pays-Bas en trouble-fêtes ?

Un cran en dessous des autres favoris, Croatie, Italie et Pays-Bas présentent le profil type d'équipes dangereuses, capables de créer la surprise cet été. Après avoir mangé son pain noir et s'être réinventée au forceps, la Squadra Azzura va mieux, beaucoup mieux. Avec des joueurs comme Donnaruma, Bastoni, Barella, Chiesa ou Berardi, les transalpins présentent un potentiel intéressant. D'autant qu'ils disposent en Ciro Immobile (25 buts, 8 passes décisives cette saison) d'un canonnier d'exception. Seul hic, l'incertitude qui règne autour du Parisien Marco Verratti, pièce essentielle du dispositif de Roberto Mancini. La phase de groupes ne sera pas non plus un cadeau, la Turquie, le Pays de Galles et la Suisse étant trois formations difficiles à manœuvrer. 

Côté néerlandais, le départ du sélectionneur Ronald Koeman a fait mal. Empêtrés dans une mauvaise dynamique, les Oranjes disposent encore d'armes à faire valoir comme le polyvalent Memphis Depay ou le soyeux Frenkie De Jong. Sans leur capitaine Virgil Van Dijk ou un gardien d'envergure internationale, la marche semble néanmoins trop haute pour les champions d'Europe 1988.

La Croatie, enfin, a pour elle d'être vice-championne du monde. Malgré un enchaînement de défaites ces derniers mois, la formation au damier dispose toujours, avec Modric et Brozovic, du magnifique milieu qui a fait son succès avec notamment la paire Modric-Brozovic. Le taulier Perisic sera, lui aussi, au rendez-vous, tout comme l'attaquant milanais Ante Rebic. De jeunes talents comme Brekalo, Bradaric ou Pasalic devraient également avoir leur carte à jouer. 

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