Euro : le "groupe de la mort" était-il survendu ?

Kylian Mbappé n'aura pas réussi à qualifier la France...

DÉSILLUSIONS - Malgré leur statut de favoris, l'Allemagne, la France et le Portugal sont sortis de cet Euro par la petite porte en huitièmes de finale. Le redouté groupe F a finalement accouché d'une souris.

Après le Portugal contre la Belgique (défaite 1-0), la France contre la Suisse (2-2, 5-4 après tirs au but), l'Allemagne a été à son tour éliminée de cet Euro 2020 après sa défaite 2-0 ce mardi à Wembley. Ce sont donc les deux derniers champions du monde et le champion d'Europe en titre qui ont quitté la compétition à un stade bien plus précoce que leurs habitudes. C'est aussi la fin des prétentions des membres du si redouté groupe F de la compétition.

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Depuis le tirage en novembre 2019, c'était "le groupe de la mort". Avec l'Allemagne, le Portugal et la France, le groupe F de cet Euro comprenait trois des grands favoris de la compétition. La France, auréolée de son titre mondial de 2018 et de sa finale à l'Euro 2016, était donnée gagnante par la plupart des bookmakers. Le Portugal, champion d'Europe 2016, faisait aussi partie des sérieux prétendants avec sa nouvelle garde (Bernardo Silva, Ruben Dias, Diogo Jota). Quant à l'Allemagne, elle était certes moins impressionnante que lors de son titre mondial de 2014, mais, tradition oblige, elle restait un solide outsider de la compétition. Pourtant, il n'en a rien été.

Un résultat imprévisible

Dès les groupes, il y a eu des petits avertissements lorsque la Hongrie tenait en échec l'équipe de France puis l'Allemagne, passant même à deux doigts d'éliminer cette dernière, à Munich. Malgré tout, nos trois compères se partageaient trois billets pour les huitièmes de finale où leur nom inspirait la peur à leurs adversaires. Il était écrit qu'un d'entre eux devait jouer un rôle de prétendant sérieux à la victoire finale. Quelques jours plus tard, ces trois équipes se sont arrêtées au stade des huitièmes de finale, laissant un trou béant dans la compétition que personne n'aurait pu prédire : voir un de ces protagonistes sortir participait déjà de la surprise, voir les trois disparaître est historique.

Ainsi, c'est la première fois depuis 2000 qu'aucun des deux finalistes de l'édition précédente n'accède aux quarts de finale. Sauf qu'à l'époque, le champion du monde en titre, la France, avait soulevé le trophée. L'Allemagne avait quant à elle atteint au moins les demi-finales de l'Euro depuis son élimination en poules en 2004. Le "groupe de la mort" méritait donc bien son nom, mais ses membres ont été victimes d'une défaillance rare d'un point de vue statistique. 

Une malédiction du groupe F ?

Ce résultat est encore plus incroyable quand on se rend compte que le groupe F est le seul à avoir disparu à ce stade de la compétition. Cette coïncidence pose la question du rôle qu'aurait pu jouer la composition du groupe dans cette histoire. Certains avancent que le fait de disputer des matchs de si haut niveau dès les poules aurait entamé les réserves des équipes avant même de disputer les matchs à élimination directe. 

Si l'on regarde les éditions précédentes, on se rend compte que ce type de scénarios n'est pas unique. En 2008, la France, l'Italie et les Pays-Bas, soit les deux finalistes de la Coupe du monde 2006 et un grand favori, s'étaient rencontrés en poules. Les Pays-Bas et l'Italie s'étaient qualifiés pour les quarts (il n'y avait pas de huitièmes) où ils avaient été directement éliminés (par la Russie et l'Espagne).

Cette correspondance n'est pas automatique non plus. En 2012, l'Espagne était avec l'Italie et la Croatie en poules, avant de remporter la compétition face aux Italiens en finale. La même année, l'Allemagne était regroupée avec le Portugal et les Pays-Bas, ce qui ne l'avait pas empêchée d'atteindre les demis.

Plus qu'un lien entre "groupe de la mort" et élimination précoce, il faut donc chercher des raisons propres à chaque sélection, ce que n'ont pas manqué de faire chacun des sélectionneurs concernés.

La France a mal géré son avantage

Côté français, les batailles des poules ont certes laissé des traces sur les organismes. "Chaque équipe a eu ses propres difficultés, il y a beaucoup de blessés, en fin de saison. Avec les températures caniculaires, les organismes sont plus sollicités. Il y a eu des chocs, plus que d'habitude, mais c'est le cas des autres équipes aussi", a ainsi expliqué le sélectionneur Didier Deschamps ce lundi après l'élimination. 

Seulement, cette faiblesse physique n'est pas la seule cause de l'élimination d'une équipe qui menait de deux buts à dix minutes de la fin.  "L'équipe de France a l'habitude de la solidité, elle a connu de la fébrilité. S'il y a regrets à avoir, c'est de ne pas avoir géré l'avantage de deux buts. On a poussé jusqu'au bout. Une séance de tirs au but reste une séance de tirs au but, cela fait mal, mais il faut accepter. On s'est souvent trouvés du bon côté, ce soir ce n'est pas le cas", a ajouté Deschamps.

L'Allemagne et le Portugal étaient mal servis

Le sélectionneur portugais a préféré retenir le manque de réalisme dans un match que les Lusitaniens ont mieux fini que les Belges. "Nous avions la conviction de pouvoir arriver en finale, mais cela ne s'est pas produit. Il n'y a pas de justice ou d'injustice. Il y a celui qui marque et celui qui ne marque pas. Et nous malheureusement nous avons encaissé un but et nous ne sommes pas parvenus à marquer. Le football est ainsi" a déclaré Fernando Santos. Contre la Belgique, le Portugal était confronté à un poids lourd de la compétition et sa sortie n'a rien d'infamante.

"Il nous a manqué le sang-froid devant le but, de l'expérience dans certaines situations, de la maturité par moments. La qualité, elle est là, le mental, l'état d'esprit, mais nous n'avons pas su être conséquents jusqu'au bout, nous avons été punis", a analysé, dans la même veine, Joachim Löw. Son Allemagne avait également fort à faire face à l'Angleterre. Coincée entre la vieille génération de 2014 et celle à venir de joueurs comme Havertz ou Gnabry, l'Allemagne n'a pas trouvé la bonne recette.

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Le groupe F n'a donc pas vécu à la hauteur des attentes, pour des raisons propres à chaque sélection, ce qui ne veut pas dire que leur statut était usurpé. La Coupe du monde l'année prochaine pourrait nous donner un son de cloche bien différent.

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