Euro : cinq choses à savoir sur Shevchenko, le magicien qui fait des merveilles avec l'Ukraine

Andriy Shevchenko, soulagé après la victoire des siens contre la Suède en huitièmes de finale (2-1, AP)

PORTRAIT - Légende du football ukrainien, Andriy Shevchenko a repris en main la sélection à la suite d'un Euro 2016 catastrophique. Au fil des mois, le technicien a su imposer sa patte et sa culture de la gagne. À la veille d'un quart de finale historique contre l'Angleterre, l'Ukraine se (re)met à rêver et "Sheva" n'y est pas étranger.

Comme une évidence. Après une carrière de footballeur professionnel pleine, l'arrivée d'Andriy Shevchenko sur le banc de l'Ukraine semblait être écrite. C'est finalement après un Euro 2016 catastrophique que le sélectionneur a été lancé dans le grand bain par Andriy Pavelko, un de ses proches. Après des premiers mois difficiles, entre contestation et échec lors des qualifications à la Coupe du monde 2018 (3ᵉ du groupe derrière l'Islande et la Croatie), "Sheva" a réussi à impulser un souffle nouveau, conduisant pour la première fois l'Ukraine en phase finale d'un Euro. Ses larmes au coup de sifflet final du match contre la Suède ne trompent pas : le soulagement et la fierté sont immenses. "Je suis fier de mes garçons qui ont tout donné. Nous avons joué avec beaucoup de cœur. C'est une émotion folle et ça vaut la peine de le vivre", a déclaré la légende Ukrainienne en conférence de presse. Retour sur cette grande figure du football. 

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Un crack précoce

Né le 29 septembre 1976 dans le petit village de Dvirkivchtchyna, le jeune Andriy Shevchenko est formé à la rude école de Valery Lobanovsky fondée sur trois principes : vitesse, simplicité et disponibilité. Repéré dès le plus jeune âge pour ses qualités balle au pied, il n'a que 9 ans lorsqu'il quitte les abords de la capitale après la catastrophe de Tchernobyl. Un an plus tard, il se fait remarquer auprès d'un recruteur du Dynamo Kiev et intègre le centre de formation. Franchissant un à un les échelons, il y apprend les rudiments tactiques et pose les bases de son jeu.

Il fait ses débuts chez les professionnels en octobre 1994 après avoir brillé dans toutes les catégories inférieures. Enchaînant les prestations de haut vol, "Sheva" ne quitte plus la rotation de József Szabó. Il est même appelé en sélection cinq mois plus tard. Un soir de novembre 1997, il marque un triplé retentissant contre le FC Barcelone, infligeant au club catalan l'une des plus grandes défaites de son histoire sur la scène européenne (4-0). Le "Phénomène", comme l'appelait Patrick Vieira, venait de prendre son envol. 

Un fantastique palmarès et des records à la pelle

Andriy Shevchenko possède l'un des plus beaux palmarès de l'histoire du football. Quintuple vainqueur du championnat d'Ukraine (1995, 1996, 1997, 1998, 1999), il exporte ensuite ses talents du côté de l'Italie et notamment du Milan AC. Il y écrit les plus belles pages de son histoire. Après avoir remporté une coupe d'Italie (2003), il conduit ses coéquipiers au sommet du football européen (2003) et transalpin (2004). Sacré meilleur buteur du championnat au terme d'une saison exceptionnelle, il est récompensé par le Ballon d'or. 

Au sommet de son art, Shevchenko connaît l'échec le plus triste de sa carrière l'année suivante. En finale de Ligue des champions 2005, le Milan craque complétement face à Liverpool après avoir pris trois buts d'avance. "Sheva" manque son tir au but et laisse le titre au club de la Mersey (3-3 (3 tab à 2)). Cette désillusion marque la fin de l'âge d'or du buteur ukrainien même s'il ne prendra sa retraite que 7 ans plus tard, en 2012. Mais, deuxième meilleur buteur de l'histoire de l'AC Milan (175 buts) et meilleur buteur de l'histoire de la sélection ukrainienne (48 buts en 111 sélections), Shevchenko a véritablement marqué le football de son époque. 

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Deuxième joueur le plus capé (derrière Anatoly Timochtchouk) et meilleur réalisateur de la sélection, Shevchenko conserve avec sa Zbirna comme un goût d'inachevé. En tant que joueur, il n'a jamais réussi à conduire son pays dans une phase finale d'un championnat d'Europe des Nations. Pire, il échoue même à qualifier les "Zhovto-Blakytni" (Jaune et Bleu) aux quatre éditions de 1996, 2000, 2004 et 2008. L'attaquant ne dispute un Euro qu'en 2012. Il en profite pour - une nouvelle fois - marquer l'histoire, inscrivant les deux premiers buts de l'histoire de l'Ukraine dans la compétition lors d'un joli bras de fer contre la Suède d'Ibrahimovic (2-1). C'est aussi dans ce tournoi qu'il dispute ses derniers matchs de footballeur professionnel. Il se lance ensuite en politique, rejoignant un parti pro-business appelé "En avant l'Ukraine !".  

Par ailleurs, l'Ukraine de Shevchenko ne participera qu'à une seule Coupe du monde en 2006. À l'apogée de sa carrière, le buteur conduit les siens jusqu'en quarts de finale mais bute sur l'Italie, impitoyable et future championne du monde (3-0). Jusqu'à cette année, ce quart de finale représentait le meilleur résultat de la (jeune) histoire de la sélection ukrainienne. Clin d'œil du destin, c'est sous sa houlette que la Zbirna a fait son retour dans le "Final 8" d'une compétition internationale.

Un véritable apport tactique

Contesté lorsqu'il a repris en main le destin de la sélection ukrainienne, Andriy Shevchenko a réussi au fil des mois à apposer sa "patte". D'abord tâtonnant lors des éliminatoires au mondial 2018, le technicien a réussi à créer un groupe solide où se mêlent jeunesse et expérience. Dans les buts, il a lancé - sur le tard - le très surprenant Buschann (13 arrêts depuis le début de l'Euro, 5ᵉ meilleur total) pour succéder à l'emblématique Pyatov. Mykolenko, Zinchenko, Malinovskiy... autant de jeunes talents à qui Shevchenko a accordé sa confiance et qui se sont progressivement imposés comme des incontournables. En attaque, le duo un peu plus expérimenté Yaremchuk-Yarmolenko marche aussi très fort (4 buts depuis l'Euro). L'attaquant de West Ham (42 buts en sélection) se rapproche même du record de son sélectionneur. 

Talentueux, mais loin de l'être autant que d'autres nations, ce groupe est optimisé par l'animation mise en place par  Shevchenko. Ce dernier s'appuie principalement sur un 4-1-4-1, modulable en 4-3-3, qui met parfaitement à l'honneur les qualités de son effectif, notamment au milieu de terrain. Contre les grosses nations, il a souvent recouru à un système avec cinq hommes derrière qui garantit une meilleure assise défensive. C'était notamment le cas face à la France en mars dernier où la cohérence et la solidité ukrainiennes avaient impressionné (1-1). En huitièmes de la finale, le plan des "Jaune et Bleu" a encore parfaitement fonctionné. "Nous savions comment notre équipe devait jouer dès les premières minutes. Nous savions qui pouvait nous renforcer pendant le match. Le plan que nous avions élaboré a bien fonctionné", a confirmé le sélectionneur à l'issue de la rencontre (2-1, ap). Rebelote contre l'Angleterre ? 

Des résultats probants

Ce quart de finale à l'Euro est une consécration pour Shevchenko et sa sélection. Mais il ne sort pas de nulle part, loin s'en faut. Depuis 3 ans, l'Ukraine enchaîne en effet les prestations convaincantes. Elle a terminé en tête de son groupe lors des qualifications à l’Euro devant... le Portugal, champion d'Europe en titre. Durant cette campagne, la Zbirna a fini invaincu (6 victoires et 2 nuls en 8 matchs) avec à la clé de superbes séquences et des victoires fondatrices (2-1 contre le Portugal, 5-0 contre la Serbie). La performance défensive a aussi été particulièrement remarquable (4 buts encaissés, seule la Belgique a fait mieux). Lors de la dernière édition de la Ligue des Nations, les joueurs de Shevchenko se sont même offert le scalp de la Suisse (2-1) et de l'Espagne (1-0). L'Angleterre est prévenue. 

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