EXCLUSIF - "J'ai vu la mort arriver" : Romain Grosjean raconte son effroyable accident

"J’ai vraiment vu la mort arriver. C’est le plus gros crash que j’ai vu de ma vie. Même à Hollywood, on n’est pas capable de faire ça ! Je suis heureux d’être en vie". Deux jours après son terrible crash au départ du Grand Prix de Bahreïn, Romain Grosjean nous a accordé une interview depuis l’hôpital. Et heureusement, le pilote de l’écurie Haas, conscient d’être un miraculé, va bien !

INTERVIEW - Deux jours après être sorti miraculeusement des flammes après son accident lors du Grand Prix de Bahreïn, Romain Grosjean a accordé à TF1 et LCI une interview exclusive. Brûlé aux mains et victime d'une grosse entorse, le pilote de Formule 1 se dit "marqué à vie."

Le monde entier a assisté avec effroi à son accident.  "Le plus gros crash qu'il n'a jamais vu" de sa vie. Dimanche, quelques secondes après le départ du Grand Prix de Bahreïn, le pilote français Romain Grosjean a "vu la mort arriver" à plus de 200 km/h lorsque sa Formule 1 a percuté de plein fouet les barrières de sécurité. Le bolide s'est fendu en deux et a pris feu. Le sportif tricolore a passé 28 interminables secondes dans le brasier. Pourtant, il ne parle pas de miracle mais d'un"concours de circonstances qui va dans le bon sens". "Je ne me plains pas. Ce n'était pas mon heure."

Depuis sa chambre d'hôpital - dont il espère sortir ce mardi ou mercredi - le pilote a accepté - en exclusivité pour TF1 et LCI - de revenir sur ce traumatisme qui l'a "marqué à vie."

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Le 13h

Le volant n’était plus là, probablement envolé lors du choc- Romain Grosjean

En premier lieu, le pilote assure qu’il va "très bien vu l’ampleur de l’accident", et ce malgré des "mains de Mickey". Des mains brûlées au deuxième degré qui ne sont pas douloureuses, bien que l’aspect soit "choquant". "C’est superficiel, j’ai la mobilité dans tous les doigts", explique le natif de Genève. Concernant l’accident, l’athlète s’en souvient "du début à la fin". "Je n’ai pas perdu connaissance. Pour m’extraire du baquet, j’ai pu retirer ma ceinture, le volant n’était plus là, probablement envolé lors du choc", raconte Romain Grosjean.

"J’ai vu ma visière tout orange, les flammes autour de moi, et m’est venu à l’esprit l’accident de Niki Lauda (ndlr : le champion autrichien a été brûlé au visage et défiguré après un grave accident au Grand Prix d'Allemagne le 1er août 1976), je ne voulais pas finir comme ça. Il fallait que je sorte [de l'habitacle], pour mes enfants. Au final, j’ai les mains brûlées et une grosse entorse, alors que je pensais m’être cassé le pied. J’ai plus eu peur pour mes proches, mes enfants en premier lieu, mais aussi mon père et ma mère, je n’avais pas vraiment peur pour moi. J’ai vu la mort arriver, je n’avais pas d’autre possibilité que de sortir de là" poursuit le membre de l’écurie Haas.

J’ai tenté trois fois de m’extraire du baquet- Romain Grosjean

Depuis sa chambre d'hôpital, Romain Grosjean a revu les images de l’accident : "Même à Hollywood, cela n’existe pas. Je suis resté 28 secondes dans les flammes mais cela m’a paru bien plus long, alors que j’ai tenté trois fois de m’extraire du baquet. Après cet accident, je suis heureux d’être en vie." Malgré ce traumatisme, Romain Grosjean entend bien remonter en piste à Abu Dhabi, dans deux semaines, pour "finir mon histoire en F1 autrement". "Le Romain Grosjean d’avant n’aurait jamais dit ça mais, si je fais Abu Dhabi, je serai heureux même si je termine 20e (rires)".

Mon fils m'a dit que j'avais un bouclier d'amour magique- Romain Grosjean

"Même si c’est compliqué pour mes proches, c’est un besoin pour moi de remonter dans une voiture de Formule 1, pour voir où j’en suis, si je peux continuer à piloter", ajoute-t-il. Le rescapé est également revenu sur la réaction de ses enfants  : "Mon petit Simon, qui a cinq ans, m’a dit que j’avais un pouvoir magique, un bouclier d’amour magique qui m’a protégé. La petite dernière m’a fait un dessin."

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Cela est comme une renaissance pour moi. Je serai marqué à vie par cet accident- Romain Grosjean

Sur les circonstances précises de l’accident, Romain Grosjean n’a pas encore tous les détails pour le moment, et insiste de nouveau sur l’importance du halo, avec une pensée pour Jules Bianchi dont l’accident en 2014 lui a coûté la vie le 17 juillet 2015 : "Sans le halo, je ne serais plus là. Je pense que Jules n’avait pas envie de moi là-haut", confie le pilote, pour qui la date de l’accident est comme une deuxième date de naissance. "Cela est comme une renaissance pour moi. Je serai marqué à vie par cet accident".

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