Faut-il croire Bernie Ecclestone quand il dit que "la F1 n'est pas en crise" ?

SPORT
FORMULE 1 - Alors qu'il reste deux Grand Prix à courir dans cette saison 2015, et que le départ du GP du Brésil sera donné ce dimanche à 17 heures, le patron de la F1 a fait le point sur l'actualité mouvementée des paddocks. Et malgré quelques inquiétudes financières autour de son sport, Bernie Ecclestone a cette fois-ci affirmé qu'il n'y avait pas de crise.

Il veut reprendre la main. Soucieux de rassurer les investisseurs du secteur, Bernie Ecclestone (84 ans) a profité du GP du Brésil (départ dimanche à 17 heures) pour mettre les choses au clair : "Non, la F1 n'est pas en crise". Pourtant, quelques jours plus tôt à Austin (Etats-Unis), le patron de la Formule 1 avait affirmé tout le contraire, lâchant sous forme d'aveu d'impuissance que son sport était en proie à de graves difficultés, que "tout est de [sa] faute" et qu'il ne savait "pas quoi faire".

Une sortie qui avait fait grand bruit, à l'heure où Marussia est en liquidation judiciaire et Caterham en redressement judiciaire. Réduction des budgets, investissements des sponsors en berne et tassement des audiences, un contexte inquiétant qu'Ecclestone a donc tenté de minimiser au micro de la BBC samedi. "Nous avons juste deux écuries qui sont en crise, a-t-il expliqué depuis le circuit d'Interlagos. Les gens vont et viennent en F1... Marussia et Caterham auraient dû mieux surveiller leurs recettes et leurs dépenses. Ils n'ont pas bien fait leurs calculs et ils ont dépensé plus que ce qu'ils avaient en poche".

"Nous ne voulons pas de mendiants en F1"

Dans sa volonté de minimiser les difficultés actuelles du secteur, le Britannique oublie donc de relever que plusieurs voyants sont au rouge en F1. Face à la concurrence effrénée à laquelle se livrent les quatre plus grosses écuries ( Mercedes-AMG, Red Bull Racing, Ferrari et McLaren), les autres ne peuvent pas s'aligner sur ces budgets colossaux qui dépassent les 250 millions annuels. Résultat, Lotus, Force India et Sauber sont elles aussi en difficulté.

Et plutôt que d'enfin mettre en place le plafonnement des budgets qu'il avait promis (à 50 millions annuels), Ecclestone semble avoir aggravé les choses, notamment avec la mise en place coûteuse des nouvelles motorisations en début de saison. Pire, "Mister E" enfonce le clou et lâche : "Nous ne voulons pas que les gens mendient de l'aide (en référence à l'opération de crowdfunding lancée par Caterham, ndlr). Si les gens ne peuvent pas se permettre d'être en F1, il faut qu'ils trouvent autre chose à faire". Une intransigeance qui pourrait à terme coûter très cher.

EN SAVOIR +
>> Jean Todt lassé par les polémiques autour des nouveaux moteurs
>> Alain Prost : "La saison va être imprévisible"
 

Sur le même sujet

Lire et commenter