Fifa : pour Michel Platini, Sepp Blatter voulait son "scalp"

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SANS RANCUNE OU PRESQUE - Suspendu pour quatre ans de toute activité dans le football, l'ancien président de l'UEFA, Michel Platini, est sorti du silence qu'il s'imposait depuis des mois dans un entretien accordé au Monde ce jeudi. Et pour lui, il est la victime de Sepp Blatter, dont il briguait le poste...

Après un an de silence, Michel Platini a décidé de parler. Il y a un an, il faisait sa dernière apparition publique et depuis, il n'avait rien dit, ni commenté quoique ce soit. Mais cette fois, la donne a changé. Il a pris la parole dans les colonnes du Monde, pour donner son sentiment sur une enquête du quotidien du soir, au sujet des dessous sa mise à l'index : le tribunal arbitral du sport l'a condamné à quatre ans de suspension. 


"Les diverses instances internes de la Fifa ont été instrumentalisées par les personnes qui tiraient les ficelles. J'ai toujours vécu dans l'espoir qu'elles diraient la vérité. Mais ce n'est jamais arrivé. Ce sont les membres de l'administration qui donnent de l'argent aux fédérations nationales. Cela leur donne un grand pouvoir, on leur tire le tapis rouge. C'est eux les patrons, à la Fifa", dit-il amer.

Blatter est le plus gros égoïste que j’ai vu de ma vieMichel Platini à propos de Sepp Blatter, dans les colonnes du Monde

D'ailleurs, il en est certain, c'est Sepp Blatter qui est à l'origine de l'affaire concernant ces arriérés de salaire payés au bout de huit ans, par la Fifa. "Blatter ne défend personne d’autre. Il ne m’a jamais défendu. C’est le plus gros égoïste que j’ai vu de ma vie. Il a toujours dit que je serais son dernier scalp. Je sais qu’il faisait une fixation sur moi", confie-t-il. 


Ce qui l'a blessé dans toute cette affaire ? Le peu de soutien qu'il a reçu. Il se dit d'ailleurs rancunier mais pas revanchard. "Je suis un peu dans la déception par rapport à tout ce que j’ai fait pour le football. 99 % des gens m’ont soutenu mais seuls 1 % m’ont aidé. Il n’y a pas un mec qui s’est levé au niveau des fédérations nationales. Au niveau de la Fédération française, j’espère avoir un signe à l’avenir. J’ai été soutenu par la terre entière. Mais pas aidé. Même en France", lance-t-il, visiblement peiné. 


Aujourd'hui, il tient à laver son honneur. "Cela m’a blessé d’avoir été mis dans le même sac que d’autres. On a relié Michel Platini à la 'corruption à la FIFA'. Aujourd’hui, je me bats parce que je n’ai rien fait. Je me bats contre l’injustice. Si j’avais fait la moindre connerie, j’aurais dit de moi-même : 'Mettez- moi la suspension que vous voulez, j’ai fait une connerie, j’arrête, au revoir'. Je serais parti et vous n’auriez plus entendu parler de moi", se défend-il. Et son Euro 2016, comment l'a-t-il vécu ? Hé bien un peu comme tout le monde, à vrai dire : "Bière, pizza. Je me suis régalé, je l’ai vu avec des amis". 

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