Finale Coupe Davis 2014 : ce qui a fait la différence entre la Suisse et la France

Finale Coupe Davis 2014 : ce qui a fait la différence entre la Suisse et la France

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TENNIS - Ce dimanche en finale, Roger Federer a apporté à la Suisse un troisième point synonyme de premier saladier d’argent. Retour sur le cheminement ayant conduit à ce triomphe.

En sport aussi, les apparences sont trompeuses. Ce dimanche, Roger Federer n'a fait qu'une bouchée de Richard Gasquet (6-4, 6-2, 6-2) et a ainsi offert à la Suisse sa toute première Coupe Davis, remportée haut la main (3-1). Moins d'une semaine plus tôt, le Maître n'était pourtant pas sûr de pouvoir jouer, ni même de s'entendre avec son coéquipier Stan Wawrinka. Mais ni un dos endolori , ni la grosse dispute entre le n° 2 et le n° 4 mondiaux n'ont entamé l'enthousiasme des Helvètes. Et, dans le même temps, les Bleus, censés débarquer à Lille dans la forme de leur vie, ont sombré dans le marasme. Comment en est-on arrivé là ?

Le triomphe suisse trouve justement son origine dans l'échange houleux entre ses deux meilleurs joueurs. La scène se déroule la semaine dernière dans le vestiaire de la O2 Arena, à Londres, juste après la demi-finale épique du Masters qui les a mis aux prises (4-6, 7-5, 7-6 (8/6)). Si Wawrinka ne digère pas sa défaite, c'est parce que Mirka Federer, l'épouse de son adversaire, l'a traité de "pleurnichard" durant le match. Alors, les deux hommes s'expliquent, le ton monte… puis redescend. "En une demi-heure, c'était réglé", racontera Roger. Lequel préférera déclarer forfait pour la finale contre Djokovic pour reposer son dos d'ici au grand rendez-vous avec les Bleus.

La blessure du Maître sera le grand feuilleton de la semaine, tandis que les médias spéculent sur un conflit larvé entre les deux stars. Les Français se frottent les mains. Eux se préparent depuis plusieurs semaines, en parfaite harmonie, assurent-ils. Et puis, vendredi, c’est le grand jour. Les attitudes des uns et des autres trahissent déjà ce qui va suivre. Les hommes d'Arnaud Clément apparaissent très crispés, visages fermés, quand les Suisses affichent de grands sourires. Dans la foulée, Wawrinka pulvérise Tsonga (6-1, 3-6, 6-3, 6-2) avant que Monfils ne fasse subir le même sort à un Federer diminué (6-1, 6-4, 6-3) . Un autre trompe-l'œil.

Federer : "On passe un super week-end tous ensemble"

Pendant que Monfils découpe son coéquipier, Wawrinka explique que "plus Roger passera de temps sur le court, meilleur il sera". Le double du lendemain lui donne raison : après un début timide, Federer termine le double en pleine bourre. En face, en revanche, c'est le grand n'importe quoi. Tsonga s'entraîne le matin comme s'il allait jouer puis renonce à la dernière minute. Et toute l'équipe de France veut faire croire que le choix était prémédité… "On est bien, on rigole. On passe un super week-end tous ensemble", répond alors malicieusement Federer à une question sur sa blessure.

Ce dimanche matin, Tsonga ne s'entraîne pas. Gasquet le remplace et se noie face à un Roger retrouvé. "Une blessure ? Ouais, ouais… Tout le week-end, c’était dur pour moi. J'ai déjà manqué deux finales de Coupe Davis et, chaque fois, je l'ai appris au dernier moment. Mais l’important, c’était de garder la face pour donner le maximum à mes coéquipiers, transmettre ce truc qui va faire la différence", concède finalement Tsonga . Cela reste flou mais on comprend bien que l'affaire a pourri l'ambiance. Le mot de la fin revient à Wawrinka : "Quand on a des problèmes, on en parle tous ensemble. Avant le week-end, les gens pensaient qu'on était en crise, alors qu'on était sereins. Et pour les Français, c'était l'inverse. Ça s'est retourné contre eux."

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